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Les sentimens du coeur c'est la cle de tout

Cette semaine, nous allons lire deux parachot : Aharé Mot et Kedoshim.

Notre deuxième paracha, Kedoshim, est très intéressante. Pourquoi ? Parce que, comme son nom l’indique, elle nous invite apparemment à devenir des personnes saintes, et elle va aussi nous donner les moyens de le devenir.

« Kedoshim tihyou, ki kadosh ani » : soyez saints, car Je suis saint.

Nous aurions imaginé que dans cette paracha, nous allions trouver des moyens classiques pour atteindre la sainteté : beaucoup de prières, se tremper au mikvé, se séparer du monde, accomplir toutes sortes de pratiques louables qui peuvent certainement aider à parvenir à la sainteté.

Mais de manière étonnante, notre paracha nous donne surtout de nombreuses lois liées aux relations entre l’homme et son prochain.

Les commentateurs expliquent qu’en réalité, pour acquérir la sainteté, il faut avant tout être un véritable être humain, un homme comme il faut, quelqu’un qui sait bien se comporter envers les autres. Celui qui agit mal envers son prochain ne pourra jamais atteindre la sainteté.

On voit cela à l’époque de Chmouel le prophète. Il va redévelopper la prophétie en Israël. Et que devaient faire les prophètes pour y parvenir ? Ils devaient d’abord travailler sur eux-mêmes et acquérir de bons comportements. Plus une personne se comporte correctement envers les autres, plus elle peut atteindre la sainteté.

Pourquoi ? Parce que la prophétie passait par des visions. Et pour comprendre ces visions, il fallait se purifier. Il fallait être capable de s’effacer vis-à-vis des autres et vis-à-vis de Dieu.

Le Maharal explique que la vision prophétique ressemblait à ce qu’on appelle une « aspaklaria », comme regarder à travers une vitre.

Moché Rabbénou, lui, voyait à travers une vitre parfaitement pure : tout était limpide. Les autres prophètes, selon leur niveau, voyaient à travers une vitre plus ou moins nette. Comme une vitre avec un léger reflet. On voit à travers, mais pas clairement.

Et ce que l’on voit d’abord dans une vitre avec reflet, c’est soi-même.

Ainsi, pour avoir une vision parfaite, le prophète devait s’effacer. Il devait nettoyer la vitre, retirer les reflets, ne plus se voir lui-même. Lorsqu’il y parvenait, alors il pouvait voir parfaitement.

On retrouve cela avec Kora’h. Lui aussi eut une vision prophétique : il vit qu’un grand personnage sortirait de lui, plus grand encore que Moché et Aharon. Il s’agissait de Chmouel Hanavi.

Mais Kora’h s’est trompé. Il a cru que cette grandeur future lui donnait le droit de se rebeller contre Moché et Aharon.

La prophétie n’était pas fausse. Elle était vraie. Mais sa vision n’était pas pure. À travers la vitre, il voyait Chmouel, mais surtout il se voyait lui-même. Il n’avait pas réussi à s’effacer.

Dans notre paracha, on retrouve cette idée dans le verset :

« Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. »

Il s’agit de la haine gratuite.

Le premier Beth Hamikdach a été détruit à cause de fautes graves. Le second, lui, a été détruit à cause de la haine gratuite.

Pourtant, nos sages disent qu’à cette époque, les gens faisaient beaucoup de bienfaisance. Beaucoup d’aide, beaucoup de bonté.

Comment est-ce possible ?

Parce qu’on peut faire de grandes choses extérieurement, accomplir de nombreuses actions positives, aider beaucoup de monde… mais le véritable examen ne se trouve pas dans les actes extérieurs. Il se trouve dans le cœur.

Le cœur est l’endroit le plus intime de la personne. C’est là que se trouvent les sentiments réels, les rancunes, les jalousies, les pensées cachées.

La Torah ne nous demande pas seulement de ne pas haïr ouvertement. Cela est évident. Elle nous demande quelque chose de beaucoup plus fin : pénétrer dans notre cœur, le nettoyer, s’y purifier intérieurement.

C’est dans le même esprit que viennent les interdictions de se venger, de garder rancune, ainsi que la mitsva d’aimer son prochain.

Et le verset se termine par : « Ani Hachem » — Moi, Hachem, qui sonde les cœurs.

Toute la lutte de l’homme ne se trouve pas seulement dans ses actes extérieurs, mais dans son cœur.

De la même façon que les prophètes devaient purifier leur cœur pour voir clairement, l’homme doit purifier son cœur pour devenir saint et s’élever.

Il doit y installer l’amour et en chasser la haine.

Si vous y prêtez attention, vous verrez que cela est extrêmement fin. On peut aider les autres, faire beaucoup de bien, mais garder malgré tout des rancunes, de l’orgueil ou de la dureté intérieure.

La Torah nous enseigne : si tu veux t’élever, ce n’est pas seulement dans les grands actes qu’il faut Me servir, c’est aussi dans ton cœur.

Il faut que Je m’installe dans ton cœur. Qu’il n’y ait pas de haine envers ton prochain, mais de l’amour sincère.

C’est dans les petits actes qu’on reconnaît un grand homme. Pourquoi ? Parce que ce sont eux qui révèlent sa véritable personnalité.

On peut aider mille personnes, mais comment parle-t-on aux autres au quotidien ? Avec douceur ? Avec respect ? Sans arrogance ? Sans méchanceté ?

C’est là que tout se joue. Dans la finesse. Et cette finesse vient du cœur.

La Torah nous dit donc : bien se comporter extérieurement est indispensable, mais l’essentiel est de travailler le cœur.

C’est pour cela que la prière est appelée « avoda chébalèv », le service du cœur. Les mots prononcés à la synagogue sont beaux, mais leur véritable impact commence lorsqu’ils viennent du cœur.

Car dans le cœur se trouve ce que nous sommes réellement.

Si l’on veut véritablement s’élever, il faut aller chercher en soi, creuser dans son cœur, et nettoyer ce qui s’y trouve.

Essayez de vous observer dans des situations simples : au supermarché, quand quelqu’un vous double ou prend quelque chose devant vous. Regardez ce qui se passe dans votre cœur. Vous verrez alors réellement qui vous êtes.

Et c’est là qu’il faut réparer.

Chabbat Chalom. 

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