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Comment prĂ©parer un bon Dvar Torah pour la table de Chabbat ? đŸ·đŸ“–

Comment prĂ©parer un bon Dvar Torah pour la table de Chabbat ? đŸ·đŸ“–

Dans cet article, nous allons rĂ©pondre Ă  deux grandes questions essentielles đŸ€”

La premiĂšre :

Comment construire un bon Dvar Torah ?

Autrement dit :

  • comment choisir une idĂ©e simple mais profonde,
  • comment formuler une bonne question,
  • comment apporter une rĂ©ponse claire,
  • comment utiliser une histoire ou une anecdote,
  • comment captiver son public,
  • et comment transmettre un message agrĂ©able, vivant et marquant.

La deuxiĂšme :

OĂč trouver une bonne idĂ©e de Dvar Torah ?

Nous verrons aussi :

  • dans quels livres chercher,
  • comment repĂ©rer une idĂ©e intĂ©ressante,
  • comment choisir une question qui parle au public,
  • comment transformer une idĂ©e lue ou entendue en un enseignement personnel,
  • et comment Ă©viter de rĂ©pĂ©ter mĂ©caniquement un texte sans l’avoir vraiment compris.

Dans les articles prĂ©cĂ©dents, nous avons vu pourquoi l’étude de la Torah est essentielle, puis comment Ă©tudier la Paracha de maniĂšre vivante et progressive.

Mais aprĂšs l’étude vient une Ă©tape extrĂȘmement importante :

la transmission đŸŽ™ïž

AprĂšs une bonne semaine d’étude, le vĂ©ritable accomplissement arrive souvent lorsque nous devons transmettre ce que nous avons appris :

  • Ă  des amis,
  • Ă  des Ă©lĂšves,
  • en famille,
  • ou Ă  la table de Chabbat.

Et c’est justement là que beaucoup de personnes se sentent perdues.

Comment préparer un Dvar Torah intéressant ?

Comment parler sans ennuyer ?

Comment trouver une belle idée ?

Comment la construire pour qu’elle touche vraiment ceux qui nous Ă©coutent ?

Essayons ensemble de répondre à ces questions.

La premiĂšre chose : se mettre Ă  la place du public đŸ‘„

Lorsque nous préparons un Dvar Torah, nous faisons souvent une erreur.

Nous pensons d’abord à :

  • ce que nous voulons dire,
  • ce qui nous impressionne,
  • ou ce qui nous semble profond.

Mais avant toute chose, il faut penser à l’auditeur.

En général, les personnes présentes veulent nous faire plaisir. Elles veulent nous écouter et nous encourager.

Mais elles veulent aussi passer un bon moment.

Notre objectif doit donc ĂȘtre de transmettre :

  • un enseignement enrichissant,
  • original,
  • profond,
  • mais surtout agrĂ©able Ă  entendre.

À qui s’adresse votre Dvar Torah ? đŸ‘šâ€đŸ‘©â€đŸ‘§â€đŸ‘Š

Avant de préparer un Dvar Torah, il faut absolument se poser une question simple :

Qui va m’écouter ?

On ne parle pas de la mĂȘme maniĂšre Ă  des adultes, Ă  des dĂ©butants, Ă  des personnes avancĂ©es ou Ă  des enfants.

Si le public est composĂ© d’adultes dĂ©jĂ  habituĂ©s Ă  l’étude, on pourra proposer une question plus fine, une rĂ©ponse plus construite et une rĂ©flexion plus approfondie.

Si le public est composĂ© de dĂ©butants, il faudra expliquer davantage le contexte, mais sans alourdir inutilement l’introduction.

Mais si le public est composĂ© d’enfants, la mĂ©thode doit ĂȘtre trĂšs diffĂ©rente.

Un enfant n’écoute pas comme un adulte.

Avec des enfants, il faudra mettre davantage de rĂ©guech, de chaleur et de vie. Il faudra insister beaucoup plus sur l’histoire, sur les images, sur les Ă©motions, et beaucoup moins sur la question et la rĂ©ponse.

C’est pourquoi nous encourageons vivement les papas et les mamans Ă  prĂ©parer des histoires de Torah Ă  raconter Ă  leurs enfants Ă  la table de Chabbat.

C’est essentiel.

Une belle histoire racontée avec douceur peut parfois marquer un enfant pour toute sa vie.

Si le public est mixte — adultes et enfants — on pourra construire le Dvar Torah de façon Ă©quilibrĂ©e :

  • la question, la rĂ©ponse et la conclusion parleront davantage aux adultes ;
  • l’histoire, elle, parlera aux enfants.

Et il ne faut pas croire que seuls les enfants aiment les histoires.

Les adultes aussi aiment écouter une belle histoire racontée avec simplicité et émotion.

Bien entendu, il faudra faire trĂšs attention Ă  ne jamais effrayer les enfants.

Un Dvar Torah Ă  la table de Chabbat ne doit jamais devenir un moment de tension, de peur ou de traumatisme.

Au contraire.

Il doit ĂȘtre un moment agrĂ©able, chaleureux, lumineux, qui donne envie aux enfants d’aimer la Torah et d’attendre avec joie la prochaine parole de Torah.

Une idĂ©e simple
 mais pas simpliste ✹

L’idĂ©e choisie doit ĂȘtre simple.

Attention : simple ne veut pas dire vide ou sans profondeur.

Cela signifie qu’elle doit ĂȘtre :

  • claire,
  • fluide,
  • facile Ă  suivre,
  • et comprĂ©hensible par le public.

Un Dvar Torah trop abstrait ou trop compliquĂ© fatigue rapidement l’assemblĂ©e.

TrĂšs souvent, une idĂ©e courte mais bien expliquĂ©e marquera beaucoup plus qu’un dĂ©veloppement extrĂȘmement complexe.

La structure idĂ©ale d’un Dvar Torah đŸ—ïž

En général, un bon Dvar Torah peut se construire autour de cinq éléments :

  1. Une courte introduction
  2. Une question
  3. Une réponse
  4. Une histoire ou une anecdote
  5. Une morale ou un message pratique

Bien entendu, l’ordre peut parfois changer.

Parfois l’histoire vient avant la rĂ©ponse.

Parfois aprĂšs.

Tout dépend du sujet.

L’introduction : aller à l’essentiel 🎯

L’introduction doit ĂȘtre courte.

TrĂšs courte.

Bien entendu, tout dépend du public.

Si nous parlons devant des personnes déjà avancées, inutile de refaire de longues introductions historiques.

Si nous parlons devant des débutants, nous devons simplement leur donner les informations nécessaires pour comprendre le sujet.

Pas davantage.

Le danger des longues introductions est immense :
avant mĂȘme d’avoir commencé  nous avons dĂ©jĂ  perdu l’attention du public.

La question : le cƓur du Dvar Torah ❓

La question doit elle aussi ĂȘtre :

  • claire,
  • prĂ©cise,
  • et relativement courte.

N’hĂ©sitez pas Ă  vĂ©rifier que le public a bien compris la question.

Parfois, une personne veut immĂ©diatement rĂ©pondre. Dans ce cas, il peut ĂȘtre bon de lui demander d’attendre encore un instant et de se concentrer d’abord pleinement sur la difficultĂ©.

Car si le public apprécie réellement la question
 il appréciera beaucoup plus la réponse.

Attention Ă  l’équilibre ⚖

Il existe une erreur fréquente.

Parfois, on pose une question extraordinaire, impressionnante, presque spectaculaire



 mais la rĂ©ponse n’est finalement pas du tout au niveau de la question.

Le public reste alors un peu déçu.

Et parfois, c’est l’inverse :
nous possĂ©dons un enseignement magnifique, mais nous l’avons mal introduit.

Il ne produit donc presque aucun effet.

Il faut réussir à équilibrer :

  • la question,
  • la rĂ©ponse,
  • et la maniĂšre de les prĂ©senter.

La rĂ©ponse doit ĂȘtre :

  • vraie,
  • vĂ©rifiĂ©e,
  • solide,
  • et surtout rĂ©pondre rĂ©ellement Ă  la question posĂ©e.

L’histoire ou l’anecdote 📚😊

L’anecdote est extrĂȘmement importante.

TrÚs souvent, le public oubliera une grande partie du développement
 mais retiendra :

  • votre sourire,
  • et votre anecdote.

L’histoire ne doit pas forcĂ©ment ĂȘtre celle d’un grand Rav.

Un vĂ©cu personnel peut parfois ĂȘtre encore plus fort.

S’il est bien racontĂ©, bien prĂ©sentĂ© et bien intĂ©grĂ© au sujet, il peut toucher Ă©normĂ©ment les gens.

L’anecdote permet :

  • de dĂ©tendre l’atmosphĂšre,
  • de renforcer la morale,
  • de faire sourire,
  • et surtout de marquer les esprits.

Le vĂ©ritable trĂ©sor : l’histoire 📖✹

S’il fallait retenir une seule chose, ce serait probablement celle-ci :

Ne sous-estimez jamais la puissance d’une bonne histoire.

Trùs souvent, l’histoire constitue la pierre angulaire du Dvar Torah.

Tous les messages du monde passent plus facilement lorsqu’ils sont accompagnĂ©s d’une anecdote captivante.

Une histoire permet :

  • de faire sourire,
  • d’émouvoir,
  • de maintenir l’attention,
  • de rendre une idĂ©e concrĂšte,
  • et surtout de la rendre mĂ©morable.

L’histoire est tellement importante que, mĂȘme si le dĂ©but ou la fin de votre Dvar Torah est un peu confus, mĂȘme si votre question n’était pas parfaitement claire ou si votre conclusion aurait pu ĂȘtre mieux formulĂ©e, le public vous pardonnera presque tout si l’histoire Ă©tait bonne et bien racontĂ©e.

Pourquoi ?

Parce qu’une bonne histoire parle directement au cƓur.

Elle crée une image, une émotion, un souvenir.

Et souvent, c’est prĂ©cisĂ©ment cette image qui restera dans l’esprit des auditeurs longtemps aprĂšs que les dĂ©tails du dĂ©veloppement auront Ă©tĂ© oubliĂ©s.

N’oubliez jamais que dans bien des cas, le public oubliera une partie du raisonnement
 mais se souviendra encore longtemps de l’histoire.

La morale : attention Ă  ne pas Ă©craser le public đŸŒ±

Lorsque nous arrivons à la morale ou à l’application pratique, il faut faire trùs attention.

Ne soyons pas :

  • trop moralisateurs,
  • trop angoissants,
  • trop agressifs,
  • ni trop culpabilisants.

Le but d’un Dvar Torah n’est pas de matraquer l’assemblĂ©e.

Le but est d’élever, d’inspirer et de donner envie d’avancer.

Le plus grand dĂ©fi : garder l’attention du public 👀

C’est probablement la chose la plus difficile.

Si vous rĂ©ussissez Ă  capter l’attention du public, alors vous avez dĂ©jĂ  gagnĂ© une grande partie du travail.

Pour cela, il faut faire attention à certains détails trÚs importants.

Par exemple, certaines expressions sont dangereuses.

Dire :
“Nous allons maintenant dĂ©velopper
”


 peut parfois effrayer inconsciemment le public.

Cette phrase donne l’impression :
“PrĂ©parez-vous
 cela va ĂȘtre long.”

Et immĂ©diatement, l’attention commence Ă  retomber.

De la mĂȘme maniĂšre, les introductions longues et compliquĂ©es font souvent perdre l’assemblĂ©e avant mĂȘme que le Dvar Torah ait rĂ©ellement commencĂ©.

Faire vivre son Dvar Torah đŸŽ™ïž

Il faut :

  • sourire,
  • regarder le public,
  • balayer la salle du regard,
  • crĂ©er un lien vivant avec les personnes prĂ©sentes.

N’hĂ©sitez pas Ă  dire :

  • “Comme toi, tu me l’avais racontĂ©â€Šâ€
  • “Tu te rappelles ce que nous avions vĂ©cu
”
  • “Comme nous l’avons dĂ©jĂ  vu ensemble
”

Le public se sent alors intégré au récit.

Et lorsqu’un public se sent concerné  il Ă©coute beaucoup plus attentivement.

Ne pas jouer un personnage 🎭

Dernier conseil trĂšs important :

Ne dites pas des choses qui sont totalement éloignées de votre personnalité ou de votre niveau.

Si l’idĂ©e dĂ©veloppĂ©e est trĂšs Ă©levĂ©e, prĂ©sentez-la comme un objectif Ă  atteindre, une direction, un idĂ©al.

Le public ressent trĂšs vite lorsqu’une personne parle avec sincĂ©rité  ou lorsqu’elle joue un rĂŽle.

Et finalement
 combien de temps doit durer un Dvar Torah ? ⏳

Voici probablement la question la plus difficile


Et pourtant la réponse est simple :

Entre 7 et 10 minutes maximum.

Le public ne peut généralement pas supporter davantage.

Mieux vaut un Dvar Torah court, vivant et agrĂ©able
 qu’un long discours que personne n’écoutera jusqu’au bout.

OĂč trouver une idĂ©e de Dvar Torah ? 🔎📖

Maintenant que nous avons vu comment construire un Dvar Torah, une autre question se pose :

OĂč trouver les idĂ©es ?

Avant tout, il faut savoir de quels outils nous disposons.

Il est vrai que nous ne sommes pas toujours de grands adeptes d’une Ă©tude basĂ©e principalement sur Internet. Toutefois, il faut reconnaĂźtre qu’en voyage, en voiture ou pendant un trajet, Ă©couter un cours de Torah peut ĂȘtre extrĂȘmement profitable.

Les confĂ©rences et les cours audio constituent souvent une excellente source d’inspiration.

Un Rav peut dĂ©velopper plusieurs idĂ©es durant son cours. Il suffit parfois d’en saisir une seule pour construire tout un Dvar Torah.

Mais attention à un piÚge trÚs fréquent.

Lorsque nous entendons une idĂ©e bien racontĂ©e, avec un bon ton, un sourire, une belle anecdote et un excellent rythme, nous sommes parfois tentĂ©s de la rĂ©pĂ©ter exactement de la mĂȘme maniĂšre.

Or, nous ne possĂ©dons pas tous le mĂȘme talent d’orateur.

Ce qui a parfaitement fonctionnĂ© dans la bouche d’un confĂ©rencier expĂ©rimentĂ© ne produira pas forcĂ©ment le mĂȘme effet dans la nĂŽtre.

Parfois mĂȘme, ce qui nous avait semblĂ© trĂšs drĂŽle ou trĂšs marquant tombe complĂštement Ă  plat.

Le bon rĂ©flexe consiste donc Ă  prendre l’idĂ©e, Ă  la comprendre, Ă  la digĂ©rer, puis Ă  la reformuler avec ses propres mots.

Les livres : une source inĂ©puisable 📚

La deuxiĂšme grande source d’idĂ©es reste bien Ă©videmment les livres.

Je ne prĂ©tends pas que tous les livres disent la mĂȘme chose.

Mais il est vrai que chaque Paracha possÚde plusieurs grands thÚmes qui reviennent réguliÚrement.

Chaque auteur les développera avec :

  • sa sensibilitĂ©,
  • son expĂ©rience,
  • ses exemples,
  • ses histoires,
  • et sa façon particuliĂšre de prĂ©senter les choses.

Ainsi, en consultant plusieurs ouvrages, on dĂ©couvre souvent diffĂ©rentes approches d’un mĂȘme sujet.

Comment prĂ©parer ses notes ? 📝

Chaque personne possÚde sa propre méthode.

Certains prĂ©fĂšrent apprendre leur Dvar Torah par cƓur.

D’autres Ă©crivent l’intĂ©gralitĂ© de leur intervention.

D’autres encore prĂ©parent simplement quelques repĂšres ou quelques titres de chapitres.

Toutes ces méthodes peuvent fonctionner.

Mais il existe un principe qui reste essentiel :

La fluidité.

Lorsque l’orateur passe son temps Ă  regarder ses feuilles, Ă  chercher ses idĂ©es ou Ă  retrouver le fil de son raisonnement, le public perd rapidement sa concentration.

Le regard se détourne.

L’attention s’affaiblit.

Le rythme disparaĂźt.

C’est pourquoi il est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rable de connaĂźtre suffisamment son sujet pour pouvoir parler naturellement.

Ce que l’on peut lire
 et ce qu’il vaut mieux Ă©viter 📜

Bien entendu, certaines choses peuvent ĂȘtre lues.

Par exemple :

  • un verset prĂ©cis,
  • une parole de nos Sages,
  • une citation exacte,
  • une formulation particuliĂšrement importante.

Dans ces cas-là, la lecture est parfaitement légitime.

En revanche, lire tout son Dvar Torah du début à la fin est rarement une bonne idée.

La transmission de la Torah est avant tout une rencontre entre celui qui parle et ceux qui l’écoutent.

Plus cette rencontre est vivante, plus le message a de chances de toucher les cƓurs.

Comment vĂ©rifier qu’une histoire est authentique ? 📚

La question revient souvent :

Peut-on raconter n’importe quelle histoire ?

Comment savoir si elle est vraie ?

Si l’histoire est un vĂ©cu personnel, il n’y a gĂ©nĂ©ralement pas lieu de s’inquiĂ©ter de sa vĂ©racitĂ© puisque nous en sommes nous-mĂȘmes les acteurs ou les tĂ©moins directs.

Si l’histoire provient d’un cours ou d’un confĂ©rencier, il est souvent prĂ©fĂ©rable de prĂ©ciser simplement :

“J’ai entendu cette histoire de tel Rav” ou “J’ai entendu ce rĂ©cit dans un cours.”

Concernant les livres, les sources sont généralement fiables.

Bien entendu, il arrive parfois que certains dĂ©tails changent lĂ©gĂšrement d’un ouvrage Ă  l’autre.

Mais dans la majoritĂ© des cas, ce n’est pas trĂšs grave.

Ce qui compte avant tout, c’est le fond du message et l’enseignement que l’histoire vient transmettre.

En revanche, lorsqu’on rencontre deux versions trĂšs diffĂ©rentes d’un mĂȘme rĂ©cit, avec des Ă©lĂ©ments qui se contredisent rĂ©ellement, il convient alors d’ĂȘtre plus prudent et de vĂ©rifier davantage avant de raconter l’histoire publiquement.

Faut-il prĂ©parer plusieurs idĂ©es ou une seule ? 🎯

Pour un débutant, je recommande trÚs clairement :

Une seule idée.

Beaucoup de personnes pensent qu’elles vont impressionner leur public en apportant trois, quatre ou cinq idĂ©es diffĂ©rentes.

En rĂ©alitĂ©, elles obtiennent souvent l’effet inverse.

Le public finit par mélanger les notions.

Les messages se brouillent.

La conclusion devient moins claire.

TrĂšs souvent, une seule idĂ©e bien construite, bien racontĂ©e et bien dĂ©veloppĂ©e aura beaucoup plus d’impact que plusieurs idĂ©es prĂ©sentĂ©es rapidement.

L’objectif n’est pas de montrer tout ce que l’on sait.

L’objectif est de transmettre un message.

Que faire si le public n’écoute pas ou si quelqu’un interrompt ? 👂

C’est une situation que tous les orateurs rencontrent un jour ou l’autre.

Parfois, les conversations continuent.

Parfois, l’attention baisse.

Parfois encore, quelqu’un interrompt ou dĂ©tourne involontairement l’attention du groupe.

Dans ces situations, j’ai souvent utilisĂ© une mĂ©thode trĂšs simple :

Passer directement à l’histoire.

Si les personnes prĂ©sentes n’ont pas suivi le dĂ©but du dĂ©veloppement, elles ne vont gĂ©nĂ©ralement pas se demander quel Ă©tait exactement le lien avec ce qui prĂ©cĂšde.

En revanche, une bonne histoire capte immĂ©diatement l’attention.

Elle crée un silence.

Elle rĂ©veille l’intĂ©rĂȘt.

Elle redonne envie d’écouter.

J’ai utilisĂ© cette mĂ©thode des dizaines de fois et elle fonctionne remarquablement bien.

Le but n’est Ă©videmment pas de tromper le public.

Le but est de réussir à transmettre malgré tout au moins un message, une idée ou une émotion qui restera dans les esprits.

Et trùs souvent, l’histoire permet justement d’y parvenir.

Il existe Ă©galement un petit “truc” d’orateur trĂšs efficace.

Si le public n’écoute plus, ne cherchez pas forcĂ©ment Ă  parler plus fort.

Au contraire.

Baissez légÚrement le ton.

Ralentissez.

Puis dites d’une voix plus douce, presque confidentielle :

“Et maintenant
 je vais vous raconter une histoire.”

TrĂšs souvent, ce simple changement de rythme et de ton capte immĂ©diatement l’attention.

Le public sent qu’il se passe quelque chose de diffĂ©rent.

Les conversations s’apaisent.

Les regards reviennent vers vous.

Et l’histoire peut alors commencer à produire son effet.

Questions frĂ©quentes ❓

Peut-on raconter plusieurs histoires dans un mĂȘme Dvar Torah ?

Bien entendu.

Toutefois, si vous devez animer tout un Chabbat, il faut savoir gérer ses munitions.

Si dÚs le vendredi soir vous racontez toutes vos meilleures histoires et développez toutes vos meilleures idées, que vous restera-t-il pour le repas de Chabbat midi ?

Il est souvent préférable de conserver quelques cartouches pour les autres moments du Chabbat.

Est-il préférable de raconter une histoire personnelle ou une histoire de grands Rabbanim ?

Les deux ont leur charme.

Les histoires des grands Rabbanim nous inspirent et nous élÚvent.

Mais les histoires personnelles possÚdent un avantage extraordinaire : elles permettent de partager des sentiments, des détails vécus et des émotions authentiques.

Les gens demandent souvent :

“OĂč trouver de bonnes histoires ?”

En rĂ©alitĂ©, beaucoup n’ont qu’à puiser dans leur propre vĂ©cu.

Ils dĂ©couvriront qu’ils possĂšdent dĂ©jĂ  une multitude d’anecdotes intĂ©ressantes et parfois trĂšs enrichissantes Ă  partager.

Peut-on lire entiĂšrement son Dvar Torah sur une feuille ?

Je le déconseille fortement.

La lecture permanente d’une feuille casse le rythme, diminue le contact avec le public et disperse l’attention.

Le public sent immĂ©diatement la diffĂ©rence entre quelqu’un qui lit et quelqu’un qui parle.

Les seules choses qu’il est gĂ©nĂ©ralement permis de lire sont :

  • un verset,
  • une citation prĂ©cise,
  • une parole de nos Sages,
  • ou une formulation que l’on souhaite rapporter exactement.

Que faire si l’on oublie une partie de son intervention ?

Pas de panique.

Respirez profondément.

Souriez.

Le public est beaucoup plus indulgent qu’on ne l’imagine.

Il est souvent prĂ©fĂ©rable de reconnaĂźtre simplement que l’on a perdu le fil plutĂŽt que de paniquer.

Et si nĂ©cessaire, passez directement Ă  l’histoire.

TrĂšs souvent, cela suffit pour relancer immĂ©diatement l’attention de l’assemblĂ©e.

Est-ce grave d’ĂȘtre timide ?

La timiditĂ© peut effectivement reprĂ©senter un obstacle lorsqu’il faut parler devant des inconnus.

Mais dans la majorité des cas, le Dvar Torah est présenté devant la famille ou des amis.

Dans ce contexte, la timiditĂ© devient beaucoup moins gĂȘnante.

Et il faut savoir une chose rassurante :

Une grande partie des excellents conférenciers sont en réalité des personnes naturellement timides.

Simplement, le public ne le sait pas.

Peut-on faire un Dvar Torah sans raconter d’histoire ?

Bien entendu.

Le modĂšle proposĂ© dans cet article n’est qu’une mĂ©thode parmi d’autres.

Cependant, ne sous-estimez jamais la force d’une histoire.

Vous dĂ©couvrirez avec l’expĂ©rience qu’elle possĂšde quelque chose de presque magique.

Une bonne histoire permet souvent de transmettre un message avec beaucoup plus de force qu’un long dĂ©veloppement thĂ©orique.

Faut-il faire participer le public ?

Bien sûr.

Lorsque l’attention commence Ă  diminuer, il peut ĂȘtre trĂšs utile de solliciter l’avis du public.

Chacun aime donner son opinion ou proposer une réponse.

Toutefois, il faut savoir encadrer ces interventions.

Le but est de faire participer l’assemblĂ©e, pas d’ouvrir un dĂ©bat interminable qui ferait perdre le fil du Dvar Torah.

Que faire lorsqu’on ne trouve aucune idĂ©e intĂ©ressante dans la Paracha de la semaine ?

Pour ĂȘtre honnĂȘte, je connais assez peu ce problĂšme.

Chaque Paracha contient une quantitĂ© impressionnante d’idĂ©es, de questions, d’enseignements et de sujets passionnants.

Si malgrĂ© tout l’inspiration ne vient pas, relisez la Paracha.

Puis relisez-la encore.

Et si l’idĂ©e tarde toujours Ă  apparaĂźtre, racontez simplement une histoire.

Comme nous l’avons dĂ©jĂ  expliquĂ©, cette histoire peut ĂȘtre personnelle.

Un souvenir, une anecdote ou un événement vécu peuvent parfaitement servir de point de départ.

Il ne restera alors qu’à en dĂ©gager une morale ou un enseignement pratique.

Conclusion 🌟

Préparer un Dvar Torah ne consiste pas seulement à transmettre des informations.

Il s’agit avant tout de :

  • transmettre une Ă©motion,
  • faire aimer la Torah,
  • Ă©veiller une rĂ©flexion,
  • et crĂ©er un moment vivant autour de la table de Chabbat.

Parfois, une seule phrase dite avec sincĂ©ritĂ© peut rester gravĂ©e pendant des annĂ©es dans le cƓur d’une personne.

Et c’est justement cela, la beautĂ© de la transmission de la Torah.

Cet article a été rédigé par Eliaou Hassan. En savoir plus sur l'auteur

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