LE FEU DE LA TORAH QUI PURIFIE L’HOMME
LE FEU DE LA TORAH QUI PURIFIE L’HOMMEParachat Matot
Chers amis, bonjour,
Dans la paracha précédente, Parachat Pin’has, Hachem ordonne aux Bné Israël de combattre les Midianites, qui les avaient entraînés à fauter et avaient ainsi provoqué une terrible épidémie au sein du peuple juif.
Dans Parachat Matot, les Bné Israël partent effectivement en guerre contre Midian. Après leur victoire, ils rapportent un important butin, parmi lequel se trouvent de nombreux ustensiles.
Ces ustensiles ayant appartenu aux Midianites, ils avaient certainement servi à la préparation d’aliments interdits. Avant de pouvoir les utiliser, il fallait donc les cachériser.
C’est de ce passage de la Torah que nous apprenons plusieurs lois fondamentales relatives à la cachérisation des ustensiles.
Une expression surprenante 

La Torah nous dit :
« Éléazar HaCohen dit aux hommes de l’armée qui étaient partis au combat : “Voici le décret de la Torah qu’Hachem a ordonné à Moché.” »
(Bamidbar 31, 21)
En hébreu :
זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה
« Voici le décret de la Torah. »
Cette expression est étonnante.
Le mot ‘houka, « décret », désigne généralement une loi dont la raison profonde dépasse notre compréhension. Or, les règles de cachérisation paraissent au contraire parfaitement logiques.
Le principe fondamental est le suivant :
כְּבוֹלְעוֹ כָּךְ פּוֹלְטוֹ
« De la manière dont l’ustensile a absorbé, ainsi doit-il rejeter. »
Un ustensile qui a absorbé un aliment interdit par l’intermédiaire du feu doit être cachérisé par le feu. Celui qui l’a absorbé dans un liquide bouillant doit être plongé dans de l’eau bouillante. En revanche, certains matériaux, comme la terre cuite, ne peuvent pas être cachérisés, car ce qu’ils ont absorbé ne peut en être totalement extrait.
Tout cela semble donc très rationnel. Pourquoi la Torah introduit-elle ces lois par l’expression « Voici le décret de la Torah » ?
Cachériser les ustensiles… et purifier l’homme
Le 'Hafets 'Haim explique que ce passage ne nous enseigne pas uniquement comment cachériser des ustensiles. Il nous révèle également comment l’être humain peut se purifier de ses fautes.
Un homme peut avoir été entraîné par ses passions. Il peut avoir traversé des périodes difficiles, commis des erreurs et laissé le mal pénétrer profondément en lui. Il pourrait alors penser :
« Après tout ce que j’ai fait, comment pourrais-je redevenir pur ? »
La Torah lui répond :
זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה
Telle est la force mystérieuse de la Torah : elle peut purifier l’homme.
De même qu’un ustensile peut rejeter ce qu’il a absorbé, l’homme peut se débarrasser du mal qui s’est introduit en lui. Il ne doit jamais désespérer. Il peut toujours revenir vers Hachem, faire téchouva et retrouver sa pureté.
Le ‘Hida développe lui aussi le parallèle entre la cachérisation des ustensiles et la purification de l’être humain.
Combattre le feu par le feu 

Lorsque le yétser hara s’empare d’un homme, les désirs et les passions peuvent brûler en lui comme un feu.
Comment éteindre ce feu ?
La Torah nous dit :
« Tout objet qui supporte le feu, vous le passerez par le feu, et il deviendra pur. »
(Bamidbar 31, 23)
Les commentateurs expliquent ce verset sur le plan spirituel :
« Tout ce qui est entré dans le feu » désigne le feu du yétser hara.
« Vous le passerez par le feu » désigne le feu de la Torah.
Car la Torah elle-même est comparée au feu :
« Ma parole n’est-elle pas comme un feu ? dit Hachem. »
(Yirmiyahou 23, 29)
Le feu de la Torah possède donc la force de consumer et de neutraliser le feu des passions.
Nos Sages enseignent également :
« Hachem a dit à Israël : “Mes enfants, J’ai créé le yétser hara et J’ai créé la Torah comme remède contre lui.” »
(Kiddouchin 30b)
Il existe différentes pratiques destinées à aider l’homme à se purifier : le mikvé, certains jeûnes ou différents tikounim. Mais Rabbi ‘Haïm de Volozhin nous enseigne que la purification essentielle de l’homme s’accomplit par l’étude de la Torah.
Lorsqu’une personne s’adonne véritablement à l’étude, la Torah travaille son âme. Elle l’affine, la nettoie et lui permet de se rapprocher d’Hachem.
Cette faculté dépasse notre compréhension. Nous ne savons pas exactement comment elle agit. C’est pourquoi la Torah emploie le mot ‘houka : il s’agit d’une réalité spirituelle qu’Hachem a inscrite dans la Création.
Qu’appelle-t-on véritablement « étudier » ? 

Il est facile de dire qu’il faut étudier la Torah. Mais comment le faire réellement ?
Une personne peut venir chaque matin à la synagogue, boire un café, manger un gâteau, discuter avec ses amis, puis s’asseoir cinq minutes devant une Guemara. Peut-on véritablement appeler cela une étude investie ?
On peut également écouter un cours, mais si l’on n’est pas attentif, les paroles risquent d’entrer par une oreille et de ressortir par l’autre sans laisser de trace.
Écouter un cours est précieux, mais pour que la Torah nous transforme, il faut s’y investir : se concentrer, chercher à comprendre, poser des questions et éviter de perdre le temps réservé à l’étude.
Comment allumer la flamme ? 

Le Messilat Yécharim nous livre un conseil extraordinaire au sujet de la zérizout, l’empressement et l’enthousiasme dans le service d’Hachem.
Le Ram’hal explique que nos mouvements extérieurs influencent notre état intérieur.
Certes, lorsqu’une personne ressent intérieurement de l’enthousiasme, elle agit avec énergie. Mais l’inverse est également vrai : lorsqu’elle agit extérieurement avec énergie, elle finit par éveiller l’enthousiasme à l’intérieur d’elle-même.
Ce principe peut être appliqué à l’étude de la Torah.
Il ne faut pas étudier comme un homme endormi, en lisant le texte d’une voix monotone, sans intérêt ni émotion. Il faut mettre de la force dans son étude : prononcer les mots à voix haute, s’interroger, chercher, s’enthousiasmer, sourire lorsqu’on découvre une belle explication et ressentir la joie de comprendre.
Peu à peu, cette attitude extérieure allumera la petite étincelle présente dans notre âme. Cette étincelle deviendra une véritable flamme.
Elle nous aidera à mieux nous concentrer, à approfondir le texte et à nous détacher de tout ce qui se passe autour de nous.
Savourer le plaisir de l’étude 

Voici un second conseil rapporté dans les livres de Moussar.
Après avoir étudié une belle idée ou compris un passage qui nous paraissait difficile, il faut prendre quelques instants pour savourer ce plaisir et se le dire :
« Quel bonheur d’avoir étudié ! »
« C’était extraordinaire ! »
« Quelle belle explication ! »
« Comme la Torah est profonde et lumineuse ! »
Pourquoi est-ce si important ?
Parce que notre esprit associera ainsi l’étude de la Torah à un sentiment de joie et de satisfaction. La prochaine fois, nous aurons naturellement envie de rouvrir notre livre et de retrouver ce plaisir.
Nous aurons envie de rallumer cette flamme et de nous plonger de nouveau dans l’étude.
Étudier avec feu 



La Torah est comparée au feu. Or, le feu ne demeure jamais immobile : il brûle, il s’élève et il éclaire.
De la même manière, nous ne devons pas étudier la Torah avec froideur ou somnolence. Nous devons l’étudier avec ‘hayout, avec vitalité, et avec hitlahavout, avec enthousiasme.
Lorsque nous allumons en nous le feu de la Torah, celui-ci possède la force de consumer le feu du yétser hara, de purifier notre âme et de nous rapprocher toujours davantage d’Hachem.
Je vous souhaite un grand Chabbat Chalom !
Que du bonheur… 





Sources principales : Bamidbar 31, 21-23 ; Kiddouchin 30b ; Messilat Yécharim, chapitre 7 ; enseignements rapportés au nom de Rav Moché Feinstein, du ‘Hafets ‘Haïm, du ‘Hida et de Rabbi ‘Haïm de Volozhin.
Les références principales ont été vérifiées : le passage de la cachérisation se trouve bien dans Bamidbar 31, 21-23, le remède de la Torah contre le yétser hara dans Kiddouchin 30b, et le principe selon lequel les gestes extérieurs éveillent l’enthousiasme intérieur dans le chapitre 7 du Messilat Yécharim
Commentaires
Connectez-vous pour commenter