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Parachat Vayétsé

Les 29 commentaires et histoires de Parachat Vayétsé dans La Paracha – Séfer Béréchit de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.

  1. Pourquoi préciser que Yaacov « sortit » de Beer Chéva : la trace de sainteté qu'un Juste laisse derrière lui

    Le départ d'un Tsadik se remarque, explique Rachi : il emporte avec lui la gloire et la majesté qu'il avait apportées au lieu. C'est pourquoi le verset précise que Yaacov sort de Beer Chéva, alors qu'il suffisait de dire qu'il allait à 'Haran. Le Rav Pinkous explique aussi pourquoi sa vie devient une suite d'épreuves.

    p. 293-294

  2. Le Midrash de la Matronita : D. « fait des couples » — le mariage, une œuvre divine sous-estimée

    Selon le Midrash Rabba, Rabbi Yossé bar 'Halafta répond à une Matronita que D., depuis la Création, « fait des couples ». Elle s'en moque et croit pouvoir en faire autant. La leçon est que l'union d'un couple et la paix d'un foyer ne tiennent que par le Créateur Lui-même : sans Lui, aucune maison ne pourrait subsister.

    p. 294-296

  3. Le petit muret autour de sa tête : pourquoi une pierre suffit à masquer un miracle

    Toutes les actions de l'homme, se nourrir, se soigner, se protéger, masquent l'action divine permanente et laissent place au libre arbitre. Yaacov, dont la foi était parfaite, n'avait besoin que d'un geste minimal pour accomplir ce devoir de dissimulation du miracle : quelques pierres autour de la tête, que Rachi décrit comme une sorte de gouttière.

    p. 296-299

  4. La route qui se raccourcit miraculeusement (Kfitsat Haderekh) : une assistance divine spéciale pour le mariage

    Sur « il atteignit l'endroit », Rachi explique que la terre a bondi pour Yaacov. Selon la Guémara Sanhédrin (95a/b), trois hommes seulement ont connu ce Kfitsat Haderekh, dont Eliézer et Yaacov, tous deux en route pour un mariage : toute démarche pour fonder un foyer bénéficie d'une assistance divine spéciale pour qui s'en remet à D.

    p. 298-300

  5. L'échelle du rêve : la Guématria Soulam = Mamone, l'argent comme moyen d'élévation

    Le Baal HaTourim relève que Soulam, l'échelle du rêve de Yaacov, a la même valeur numérique que Mamone, l'argent. Chose la plus matérielle, « posée à terre », l'argent peut pourtant devenir une échelle vers les niveaux les plus élevés, jusqu'au Trône céleste : la guématria de « Zé Kissé Hakavod » égale elle aussi celle de Soulam.

    p. 299-301

  6. « La terre sur laquelle tu es couché » : Erets Israël pliée sous Yaacov, ou donnée à la condition de la Torah

    Selon Rachi, d'après la Guémara 'Houlin 91a, D. replia toute la terre d'Israël sous Yaacov couché, pour lui annoncer que ses enfants la conquerraient aussi facilement qu'une parcelle de quatre coudées. Une autre lecture, celle du Merosh Omana, en fait une condition : le peuple juif ne possède le pays que si l'esprit de la Torah y règne.

    p. 300-302

  7. « Je ne t'abandonnerai pas » : même la Parnassa, D. ne délaisse jamais Son juste

    Le Midrash Rabba relève que D. répond à chacun des vœux de Yaacov, sauf, semble-t-il, à sa demande de pain et de vêtements. Rav Issi montre que la réponse est bien là : « je ne t'abandonnerai pas » ne s'emploie que pour la subsistance. Le Maguid de Douvno l'explique : promettre Sa présence, c'est assumer la Parnassa.

    p. 301-304

  8. La discrétion (Tsniout) : pourquoi Yaacov demande à ses fils de ne pas attirer le regard, même rassasiés en pleine famine

    L'orgueil et l'étalage des richesses attirent l'hostilité : la Guémara Chabbat 139a enseigne que si les orgueilleux disparaissaient, nos ennemis disparaîtraient. Les Responsa Téchouva Mi Ahava expliquent ainsi pourquoi Yaacov, assuré de la protection divine, demande à ses fils de paraître affamés en pleine famine. La Tsniout relève de la survie même du peuple juif.

    p. 303-305

  9. Beth-El, « maison de D. » : pourquoi le foyer est le lieu le plus propice à la présence divine

    C'est à la maison que l'homme rencontre l'autre dans sa différence, conjoint et enfants, et qu'il peut se perfectionner moralement en construisant les autres. Le Rav Shimshon Raphaël Hirsh relève qu'en nommant l'endroit Beth-El, Yaacov est le premier à exprimer que D. Se trouve dans chaque maison juive, à condition qu'on sache Lui faire la place.

    p. 304-306

  10. Yaacov « leva ses pieds » : la joie qui allège la marche, et pourquoi il pressa le pas seulement après la promesse divine

    Yaacov quitte Erets Israël, comparable à une synagogue, et le 'Hatam Sofer rappelle qu'on ne sort pas d'une synagogue avec empressement, sauf intention d'y revenir. Dès que D. lui promet de l'y ramener, Yaacov peut donc presser le pas : selon Rachi, « son cœur souleva ses pieds » et la marche lui devint facile.

    p. 307-308

  11. L'art de la remontrance : appeler « mes frères » avant de reprocher

    Yaacov reproche aux bergers de rassembler le troupeau alors que le jour est encore long, et les bergers répondent à cet étranger avec calme et respect. Selon les commentateurs, c'est qu'il les a d'abord appelés « mes frères », montrant la pureté de son intention. Une remontrance exige bon sens et amour réel du prochain, sinon mieux vaut s'abstenir.

    p. 307-310

  12. L'honneur des noms : pourquoi Yaacov appelle Lavan « fils de Na'hor » plutôt que « fils de Béthouel »

    Béthouel, le père de Lavan, était un impie notoire, tandis que Na'hor, frère d'Avraham, avait bonne réputation. Rabbénou Bé'hayé rappelle que la Torah considère le petit-fils comme un fils, et les commentateurs expliquent que Yaacov choisit le grand-père pour ne pas dénigrer Lavan en le rattachant à son père impie.

    p. 310-311

  13. La prière de Rabbi Meyer-lé de Primchilan : attendre la Guéoula tout en priant pour la Parnassa

    Rabbi Meyer-lé de Primchilan lit l'ordre de Yaacov aux bergers, « le jour est encore long, ce n'est pas le moment de rassembler le troupeau, abreuvez-les », comme une prière : si l'heure de rassembler le peuple juif pour la Guéoula n'est pas encore venue, que D. lui donne au moins une large Parnassa pour supporter l'exil.

    p. 311-312

  14. Pourquoi Yaacov pleura en rencontrant Ra'hel : arrivé les mains vides à cause d'Elifaz

    Rachi donne deux raisons : par inspiration divine, Yaacov sait qu'il ne sera pas enterré auprès de Ra'hel ; ou il pleure d'arriver les mains vides, là où Eliézer était venu chargé de bijoux. Elifaz, envoyé par Essaw pour le tuer, l'avait en effet dépouillé de son argent, car un pauvre est considéré comme un mort.

    p. 312-314

  15. « Je suis son frère » : rusé face au rusé, l'histoire du marchand de vin et du Noda BiYehouda

    Yaacov, neveu de Lavan, se présente pourtant comme le « frère de son père ». Rachi explique, selon le Midrash, qu'il entend par là : si Lavan vient avec la ruse, il sera son frère dans la ruse ; s'il est honnête, il sera le fils de Rivka, sa sœur honnête. Face à l'escroc, il faut savoir être rusé.

    p. 313-314

  16. Pourquoi Lavan fut appelé « Arami » et non « Ramaï » : l'escroc qui a fini par se tromper lui-même

    Lavan était un trompeur si accompli qu'il finit par se tromper lui-même : selon les commentateurs, « Arami » signifie « je me suis berné moi-même ». Contrairement à l'escroc ordinaire, qui sait qu'il ment, Lavan croit sincèrement à ce qu'il avance, et c'est ce qui empêcha Yaacov de le soupçonner avant le jour de son mariage.

    p. 315-316

  17. Pourquoi Yaacov préférait Ra'hel à Léa : la Ma'hloket Avot/Imaot sur discrétion et richesse

    Selon le Rav Pinkous, dans le Tiféret HaTorah, Yaacov voulait épouser Ra'hel parce que Léa, l'aînée, devait porter la lignée de la grandeur. Une Ma'hloket opposait les Avot, qui voulaient voir le peuple juif traverser l'histoire discrètement, aux Imaot, qui jugeaient cette grandeur nécessaire. Rachi, lui, explique que Léa pleurait, se croyant destinée à Essaw.

    p. 317-319

  18. La pique de Lavan : une allusion à la bénédiction « volée » à Essaw

    Lorsque Lavan justifie la substitution de Léa à Ra'hel en disant que chez lui on ne donne pas la plus jeune avant l'aînée, le livre y voit une pique délibérée : il fait allusion à la bénédiction que Yaacov avait prise par ruse à Essaw, laissant entendre que chez Yaacov, le petit passe devant le grand.

    p. 319-320

  19. Léa, première à remercier D. « pour toujours » : le vœu de Rabbi Avraham Mordékhaï

    Adam, Avraham et Eliézer avaient déjà remercié D., mais 'Hazal (Brakhot 7b) disent que personne ne l'avait fait avant Léa. Les commentateurs expliquent qu'elle rendit sa reconnaissance permanente : en nommant son quatrième fils Yehouda, mot dérivé de Hodaa, elle inscrivit le remerciement dans un nom qui rappelle sans cesse les bienfaits du Créateur.

    p. 319-320

  20. Les signes convenus entre Yaacov et Ra'hel : un Juste peut-il déjouer les plans d'un rusé ?

    Selon la Guémara Méguila 13b, Ra'hel prévient Yaacov que son père lui substituera Léa le soir des noces, et ils conviennent de signes secrets. Le Daat Zekenim Baalé Hatosfot et le Rokéa'h précisent que ces signes étaient les lois essentielles de la femme juive : 'Halla, Nida, Hadlakat Nerot. Face à l'escroc, un Juste peut déjouer ses plans.

    p. 321-323

  21. Le mérite caché de Ra'hel : pourquoi elle ne dévoila jamais son secret, même blessée par les mots de Léa

    Un véritable acte de bonté peut exiger une discrétion absolue : le soir des noces, Ra'hel avait transmis à Léa les signes convenus avec Yaacov pour ne pas l'humilier, et elle garda ce secret toute sa vie. La Torah montre ainsi son mérite, si grand que D. ramènera grâce à lui le peuple juif de l'exil.

    p. 322-324

  22. La naissance de Dina : la prière de Léa pour épargner l'humiliation de sa sœur

    Le Talmud (Brakhot 60a) raconte que Léa, enceinte d'un septième garçon, comprit que Ra'hel n'aurait qu'un fils, moins que chacune des servantes. Pour lui épargner cette humiliation, elle pria D. de donner un garçon à Ra'hel : les fœtus furent échangés, Léa enfanta Dina et Ra'hel Yossef. Les Pirké de Rabbi Eliézer (38) montrent comment ce renoncement fut récompensé.

    p. 324-325

  23. Pourquoi Yaacov, Ra'hel et Léa cherchent une raison à l'ordre divin plutôt que d'obéir aveuglément : la parabole des deux boutiques du Yétser Tov et du Yétser Hara

    Comprendre le sens des commandements est un fondement du service divin, enseigne Rabbi Eliaou Lopian : bien que convaincus qu'il fallait obéir, Yaacov, Ra'hel et Léa cherchèrent pourquoi il était bon de le faire, non par doute, mais pour apprendre les voies de la Torah. Une Mitsva n'est parfaite qu'avec joie, et cette joie naît de la réflexion.

    p. 326-330

  24. Ra'hel vole les Téraphim de son père : l'éloigner de l'idolâtrie, pas les convoiter

    Selon Rachi, Ra'hel dérobe les Téraphim de son père pour l'éloigner de l'idolâtrie. Lavan y tenait parce qu'il ne supportait pas d'ignorer l'issue d'une situation : connaître l'avenir lui donnait l'illusion d'un pouvoir suprême, non soumis à la direction divine. En les lui ôtant, Ra'hel espérait lui ouvrir malgré lui les portes du repentir.

    p. 331-332

  25. Nos « béquilles » modernes : assurances, comptes en Suisse et l'illusion de la toute-puissance matérielle

    Les Téraphim ont disparu, mais d'autres béquilles font croire à l'homme qu'il peut se passer de D. : assurances, grosses économies, comptes en Suisse, garde-mangers pleins. Utiles et recommandées, elles ne doivent jamais être confondues avec une toute-puissance réelle. Le 'Hazon Ich, interrogé sur l'assurance-vie, y voyait un danger que la loi stricte n'interdit pas.

    p. 332-334

  26. Pourquoi Yaacov fit monter ses enfants avant ses femmes, contrairement à Essaw

    Le but essentiel de la maison juive est la transmission des valeurs et de la parole de D. : les enfants y sont donc la priorité. Rachi relève que Yaacov fait monter ses fils avant ses femmes sur les chameaux, alors qu'Essaw, dont le but de vie est le profit personnel, fera passer ses femmes avant ses fils.

    p. 334-335

  27. « Celui qui a tes dieux ne vivra pas » : la confiance totale de Yaacov dans l'honnêteté qu'il a transmise à ses enfants

    Lorsque Lavan l'accuse d'avoir volé ses dieux, Yaacov met en jeu la vie du coupable sans imaginer qu'il puisse s'agir de l'un des siens. Il était si sûr de l'éducation d'honnêteté donnée à ses enfants qu'aucun d'eux, pensait-il, n'avait pu prendre quoi que ce soit à qui que ce soit, pas même à Lavan.

    p. 335

  28. Pourquoi Yaacov se met en colère seulement maintenant, après 20 ans de silence : la différence entre une attaque personnelle et un 'Hiloul Hachem

    Pendant vingt ans, Yaacov ne se met jamais en colère contre Lavan, qui change pourtant son salaire une centaine de fois : une attaque personnelle ne le touche pas, car il sait que rien n'arrive sans décret divin. Mais accusé publiquement d'avoir volé des idoles, il doit réagir, pour éviter un 'Hiloul Hachem.

    p. 335-336 · Genèse 31,36

  29. L'audace effrontée de Lavan : « tout ce que tu vois m'appartient » — la parabole de 'Haïkélé le cocher

    Après vingt ans d'exploitation, Lavan répond à la remontrance de Yaacov en revendiquant ses filles, ses fils et son bétail : « tout ce que tu vois m'appartient ». Pour saisir l'ampleur de cette effronterie, le livre cite une parabole de Rabbi 'H.Y.L. Auerbach, père de Rabbi Chlomo Zalman Auerbach, dite à l'origine sur un autre sujet.

    p. 337-340

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