Index Géant · Séfer Béréchit
Parachat Vayichla'h
Les 16 commentaires et histoires de Parachat Vayichla'h dans La Paracha – Séfer Béréchit de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.
-
Yaacov envoie de vrais anges à Essaw : pourquoi la spiritualité seule ne préserve pas du mal
On peut atteindre une perception spirituelle réelle et demeurer un impie : selon Rachi, Yaacov envoie de vrais anges à Essaw, qui n'en est pas le moins du monde effrayé et leur annonce son intention d'attaquer son frère. La piété affichée peut n'être qu'apparence, comme le montre par l'absurde une parabole de Rav Israël Salanter.
p. 343-346
-
« J'ai séjourné chez Lavan » (Guématria Garti = 613) : rester soi-même envers et contre la pression sociale
Rachi relève que Garti, « j'ai séjourné », a pour valeur numérique 613, le nombre des commandements : Yaacov signifie à Essaw qu'il a observé toute la Torah durant vingt années chez Lavan, au milieu des habitants dépravés de 'Haran, sans céder à la pression sociale ni à la peur de perdre son travail ou sa vie.
p. 345-349
-
« Il fut pour moi un taureau et un âne » : ne pas se comporter comme son entourage, même en vivant au milieu de lui
Le verset traduit d'ordinaire « j'ai acquis taureau et âne » se lit littéralement « il fut pour moi un taureau et un âne ». Yaacov explique ainsi comment il a pu vivre vingt ans chez Lavan sans en être influencé : Lavan n'était pour lui que comme un bœuf ou un âne, sans aucune emprise sur son comportement.
p. 348-349
-
« Yaacov eut très peur » : la crainte d'avoir fauté, pas la crainte d'Essaw
Selon 'Hazal, Yaacov craint d'avoir commis une faute qui le livrerait aux mains d'Essaw, puisque celui-ci ne pouvait rien contre lui autrement : sa peur est un examen de conscience. Le Rav de Poniovitch, Rabbi Yossef Chlomo Kahanman, enseignait qu'on ne combat pas un danger sans s'attaquer à sa racine, la faute, par la Téchouva.
p. 349-352
-
Le mérite des pères ne profite qu'à celui qui marche dans leurs voies
Essaw descend lui aussi d'Avraham et d'Its'hak, mais le Midrash Rabba répond que seul celui qui marche dans la voie de ses pères peut se réclamer de leurs mérites. Yaacov peut donc implorer D. « au nom du D. de mon père Avraham et du D. de mon père Its'hak », ce qu'Essaw ne peut pas faire.
p. 352-354
-
Pourquoi l'ange d'Essaw ne s'était jamais attaqué à Avraham ni à Its'hak : dérober l'arme véritable du peuple juif
L'étude de la Torah est l'arme véritable du peuple juif, et dérober l'arme de l'adversaire termine une guerre, ce que ne fait pas une bataille gagnée. Avraham incarne la bonté, Its'hak le service divin, Yaacov l'étude : c'est donc à Yaacov que Samaël, l'ange d'Essaw, s'attaque. Le Rav El'hanan Wasserman rapporte à ce sujet une parole du 'Hafets 'Haïm.
p. 355-356
-
Pourquoi la Torah dit que Yaacov lutta avec un « homme » : un juste intègre est plus fort qu'un ange
Pour qu'il y ait un vrai combat, les deux forces devaient s'équivaloir. Or un ange ordinaire n'a pas la force de lutter contre un Tsadik parfait comme Yaacov : selon les commentateurs, on lui donna donc l'apparence et la force d'un homme. Celui qui marche avec intégrité dans les voies du Créateur est supérieur à un ange.
p. 356-357
-
La luxation de la hanche : frapper les soutiens financiers de la Torah et les petits enfants qui l'étudient
Selon le Zohar, la cuisse que l'ange d'Essaw frappe chez Yaacov correspond à ceux qui soutiennent financièrement les étudiants en Torah : ne pouvant atteindre les Talmidé 'Hakhamim, il vise leurs soutiens. Le Rav El'hanan Wasserman ajoute qu'il vise aussi les jeunes enfants, dont le Yétser Hara voudrait faire de bons juifs plutôt que de véritables érudits.
p. 357-359
-
« Tu as combattu avec des anges et avec des hommes » : la victoire spirituelle précède la victoire physique
'Hazal révèlent que la poussière de la lutte entre Yaacov et l'ange monta jusqu'au Trône céleste : ce combat était d'abord spirituel. Ayant vaincu l'ange d'Essaw, Yaacov avait déjà triomphé d'Essaw lui-même, ce qui explique le passé employé par l'ange selon Rachi. La victoire sur terre suit nécessairement la victoire spirituelle.
p. 358-360
-
Sept prosternations devant Essaw : penser du bien de son ennemi éveille sa miséricorde
Rachi enseigne, au nom de Rabbi Chimon Bar Yo'haï, qu'Essaw demeure l'ennemi de Yaacov, mais qu'en cet instant précis sa pitié l'emporta. Le principe vient des Proverbes (27,19) : comme dans l'eau le visage répond au visage, les cœurs des hommes se répondent. Penser sincèrement du bien d'autrui appelle en retour sa bienveillance.
p. 361-364
-
« Les enfants dont D. a gratifié ton serviteur » : 'Hanan, acronyme des trois Mitsvot de la femme juive
Le 'Hafets 'Haïm explique qu'Essaw, frappé par la noblesse des enfants de Yaacov, lui demande comment il y est parvenu. La réponse est dans le mot 'Hanan, « D. a gratifié » : l'acronyme de 'Halla, Nida et Nerot, trois Mitsvot confiées à la femme. Un foyer qui respecte les lois de la Torah produit une telle noblesse.
p. 364-365
-
Pourquoi Yaacov refuse de faire route avec Essaw : les enfants n'ont pas la force de résister à la proximité du mal
Un adulte enraciné dans ses choix peut côtoyer le mal sans en être affecté, mais un enfant est une page blanche. Selon les commentateurs (Mayana Chel Torah), Yaacov refuse pour cette raison le pacte de fraternité que lui propose Essaw : ses jeunes enfants et son troupeau ne résisteraient pas à une telle proximité.
p. 366-367
-
« J'ai beaucoup » (Essaw) contre « J'ai tout » (Yaacov) : le contentement, vraie richesse
Le 'Hafets 'Haïm oppose les deux réponses : chez Essaw, « j'ai beaucoup » signifie « pas encore assez », car celui qui a cent en veut deux cents, enseignent 'Hazal ; « j'ai tout » dit que Yaacov se contente pleinement de ce que D. lui donne, peu ou beaucoup. Le vrai riche ne ressent jamais le manque.
p. 368-370
-
« Que mon seigneur passe devant » : un stratagème biblique pour se débarrasser d'une mauvaise compagnie
Yaacov évite de faire route avec Essaw par une excuse polie, voyager « selon le pas du bétail », puis prend un chemin séparé vers Souccot, tandis qu'Essaw repart seul vers Séïr. Le Rav de Poniovitch, Rabbi Yossef Chlomo Kahanman, voyait dans ce procédé un stratagème tout droit sorti de la Torah, qu'il appliqua lui-même.
p. 370-371
-
Pourquoi toute la ville de Chkhem méritait la mort, et pourquoi Yaacov reproche pourtant l'acte de ses fils
Le Rambam répond que toute nation doit instaurer des tribunaux pour faire respecter les lois Noa'hides : un peuple témoin d'une transgression sans la juger en devient coupable. Le Ramban invoque l'idolâtrie des habitants, l'Or Ha'haïm leur défense armée de leur roi, et Rabbi Chalom Chvadron leur acceptation massive de la circoncision pour soutenir Chkhem.
p. 372-374
-
Le Goral des deux Tsadikim pendant les pogroms de Ta'h Tat
Pendant les pogroms de Ta'h Tat (1648-1649), Rabbi Pin'has de Korits et Rabbi Yiba Saba divergeaient sur leur cause : le relâchement de la Tsniout, ou les conversations dans les synagogues. Leur Goral tomba sur ce verset, où le Targoum Yonathan Ben Ouziel fait dire aux fils de Yaacov qu'on parlerait de Dina dans les synagogues.
p. 375