Index Géant · Séfer Vayikra
Parachat Kedochim
Les 29 commentaires et histoires de Parachat Kedochim dans La Paracha – Séfer Vayikra de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.
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« Se peut-il que vous soyez saints comme Moi ? » : pourquoi le Midrash met l'eau à la bouche pour conclure que c'est impossible
Le Midrash laisse entendre que l'homme pourrait être saint comme D., puis le dément. Selon le Koutna-Rov, D. fait vivre à chaque instant jusqu'aux êtres impurs sans que Sa Sainteté soit atteinte : cette immunité Lui appartient seul. L'homme peut s'élever très haut, mais plus il s'élève, plus il devient sensible à l'impureté.
p. 274-276
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Ce que faisaient les vidangeurs de Jérusalem à l'heure du repas
Rabbi Chalom Chvadron enseigne qu'un homme peut s'habituer à tout, même aux choses les plus répugnantes. Celui qui vit plongé dans l'impureté perd sa sensibilité à la sainteté et peut fauter sans même s'en apercevoir ; celui qui préserve ses yeux, sa bouche et tout son corps gagne au contraire en sensibilité pour la sainteté.
p. 276-277
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Les quatre paliers du Rabbi de Karlin, et le vieil homme d'un kibboutz du Hachomer Hatsaïr
Selon le Rabbi de Karlin, le début de Parachat Kedochim énonce quatre paliers : « Soyez saints », « Votre mère et votre père vous craindrez », « Mes Chabbat vous garderez », puis « Je Suis Hachem ». Il adapte son message et demande à ceux qui ont tout abandonné de garder au moins la foi en un Créateur.
p. 277-280
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La jumelle, la voiture et le médicament : ce que répond la princesse quand les trois sauveurs réclament sa main
Rachi déduit de la juxtaposition de la crainte des parents et du Chabbat qu'il ne faut pas écouter un père qui ordonne de transgresser une Mitsva. Selon 'Hazal, l'homme a trois associés, le père, la mère et Hachem ; la part d'Hachem prime, car les parents dépendent de Lui et Lui seul reste indispensable à chaque instant.
p. 281-282
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« Ne maudis pas un sourd » : l'interdit est énoncé sur celui-là même qui n'en saura rien
Selon 'Hazal, le verset « Ne maudis pas un sourd » interdit de maudire tout homme, toute femme et tout enfant du peuple juif. La Torah formule l'interdit au sujet du sourd pour enseigner qu'il s'applique même à celui qui n'entend pas la malédiction et n'en éprouve donc aucune peine.
p. 282-283
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La robe donnée à la fille du tailleur, et la question que pose Reb Zouché à sa femme
La Torah interdit de retenir le salaire du journalier. Reb Zouché rappelle à sa femme que le tailleur a travaillé toute la semaine pour elle et attend son salaire : avoir offert la robe à la fille du tailleur ne la dispense pas de payer ce travail, sous peine de transgresser cet interdit.
p. 283-284
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« Ne place pas d'obstacle sur le chemin d'un aveugle » : de l'arme vendue au non-Juif au serveur qui ne peut plus refuser de servir
Le verset « Ne place pas d'obstacle sur le chemin d'un aveugle » interdit de faire trébucher autrui, au propre comme au figuré : vendre une arme à un non-Juif, donner à un Juif un aliment interdit ou l'aider à fauter. Le Kitsour Michpaté Hachalom distingue pourtant celui qui ignore la Torah de celui qui la rejette sciemment.
p. 284-286
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La coupe d'argent volée par l'employé, et le 'Hessed audacieux de Rabbi Guédalia Dessler
Rabbi Guédalia Dessler, élève du Saba de Kelem, cesse d'employer le jeune homme qui lui avait volé sa coupe, mais le soutient financièrement pour qu'il ne rechute pas. Ce 'Hessed audacieux lui sauve la vie des années plus tard, et montre qu'il faut se garder de décider seul qu'une personne relève de la catégorie du fauteur délibéré.
p. 286
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Trois ans de salaire refusés à la veille de Yom Kippour, et ce que l'ouvrier pensa à chaque refus
Le verset « juge ton prochain avec droiture » commande aussi de juger autrui favorablement. Selon le Sefer Ha'Hinoukh, cette Mitsva maintient le monde dans la vraie justice. 'Hazal enseignent que celui qui juge son prochain avec indulgence est lui-même jugé avec indulgence, et l'illustrent par l'histoire d'un ouvrier de Galilée.
p. 287-288
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Les quatre catégories de personnes à juger, et la faute qui se commet sans qu'un seul mot sorte de la bouche
Le Kitsour Michpaté Hachalom gradue l'obligation de juger favorablement selon quatre catégories de personnes : le Talmid 'Hakham, l'homme moyen, l'impie notoire et l'inconnu. Il précise que juger défavorablement son prochain, même en pensée seulement, transgresse déjà le commandement positif de le juger favorablement, sans qu'aucun mot ne soit prononcé.
p. 289-292
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« Personne ne t'a appelé ! » : la phrase que les élèves ont entendue, et celle que le Rav savait avoir provoquée
Juger son prochain favorablement s'impose dans presque toutes les situations, même les plus déroutantes. Un récit rapporté par Barékhi Nafchi le montre : un directeur de Yeshiva quitte le mariage de son petit-fils pour féliciter un ami, qui lui lance deux fois devant ses élèves une phrase en apparence insultante, dont le Rav seul connaissait le sens.
p. 292-293
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« Ne reste pas indifférent devant le sang de ton prochain » : pourquoi le sauveteur n'a pas à payer ce qu'il a cassé
Pour ne pas décourager les vocations, nos Sages dispensent celui qui sauve un Juif en danger de payer ce qu'il a cassé pendant le sauvetage. Le verset « ne reste pas indifférent devant le sang de ton prochain » impose ce secours : selon le Kitsour Michpaté Hachalom, qui peut secourir et s'abstient est considéré comme un meurtrier.
p. 293-294
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« Reprends ton prochain » : la première condition n'est pas de savoir quoi dire, mais de se vérifier soi-même
Selon le Kitsour Michpaté Hachalom, la première condition pour reprendre son prochain, enseignée par nos Sages, est de se vérifier soi-même : on fait peut-être la même chose que celui que l'on veut reprendre. La Tokha'ha exclut aussi la colère, car les paroles des sages sont écoutées lorsqu'elles sont prononcées avec douceur.
p. 294-295
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Rav Eliaou Lopian pleure devant un chauffeur de taxi qui lui demandait sa route un Chabbat
Pour Rabbi Eliaou Lopian, directeur spirituel de la Yeshiva de Kfar 'Hassidim, ce n'est pas par la violence que l'on persuade un Juif de respecter le Chabbat, mais seulement avec beaucoup d'amour. Il le dit à ses élèves après une rencontre avec un chauffeur de taxi, un Chabbat à Jérusalem.
p. 295-296
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Quand la Tokha'ha cesse d'être un devoir : celui qui se vengera, celui qui ne changera pas, et ceux qu'on ne reprend qu'une seule fois en public
Selon le Kitsour Michpaté Hachalom, certains dispensent de la Tokha'ha envers celui qui risque de se venger, et le fauteur impénitent ne se reprend qu'une seule fois en public. Ceux qui font découvrir la Torah relèvent, eux, d'autres Mitsvot : ne pas rester indifférent devant le sang de son prochain, sanctifier le Nom Divin, ramener une Nechama perdue.
p. 296-297
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Douze interdits en cascade derrière un seul sentiment, et le paradoxe de la haine qui doit être déclarée
La haine d'un Juif, interdite par le verset « Tu ne haïras point ton frère en ton cœur », peut entraîner douze autres interdits, de la vengeance à la cruauté. Le Kitsour Michpaté Hachalom précise que haïr en secret est de l'hypocrisie, mais que déclarer sa haine transgresse l'obligation d'aimer son prochain : il faut exposer ses griefs avec délicatesse.
p. 297-299
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Léa vole et n'écoute personne : ce que Ra'hel a le droit de haïr, et ce qu'elle lui doit quand même
Selon le Kitsour Michpaté Hachalom, on peut « haïr » le fauteur qui refuse toute remontrance, mais seulement ses actes, non sa personne. On ne doit ni lui nuire ni divulguer ses fautes, sauf à ses victimes éventuelles et aux éducateurs qui peuvent l'influencer, et l'on reste tenu envers lui de toutes les Mitsvot de 'Hessed.
p. 299-300
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Les franges déchirées en pleine rue : quand les Sages annulent une Halakha pour ne pas humilier
Selon 'Hazal, la suite du verset « tu n'assumeras pas de faute à cause de lui » interdit de faire honte à celui que l'on reprend. Nos Sages ont même écarté certaines Halakhot pour préserver la dignité humaine : celui dont les franges du Talit se déchirent dans le domaine public peut garder son vêtement jusqu'à chez lui.
p. 301
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Le thé du Maharil Diskin, un soir de cours après Chabbat
Le Maharil Diskin enseigne, au nom de nos Sages, qu'il vaut mieux se jeter dans une fournaise que faire honte à quelqu'un en public. Il l'applique lui-même en buvant un thé salé par erreur devant ses élèves, jugeant que la Mitsva de protéger sa propre personne est alors repoussée.
p. 301-302
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Une chaussure déchirée brandie au mariage du fils d'un cordonnier : ce qui fit naître le mouvement du Moussar
Rav Israël Salanter conçoit le mouvement du Moussar, l'étude systématique de l'éthique et de la morale dans les Yeshivot, après avoir été témoin d'une humiliation publique : au mariage du fils d'un cordonnier enrichi, un riche brandit une chaussure déchirée et demande au père combien coûte sa réparation.
p. 302-303
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Pourquoi faire honte en public est comparé à un meurtre, et pourquoi le fauteur n'a rien à payer
Le sang de la personne humiliée en public monte à son visage puis se retire : on a donc en quelque sorte versé son sang, et c'est pourquoi le Kitsour Michpaté Hachalom compare cette faute à un meurtre. Elle n'oblige à aucun dédommagement, mais elle a causé la destruction du deuxième Temple, selon Guittin 57a.
p. 303-304
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Pourquoi le Ram'hal appelle « fort et courageux » celui qui renonce à se venger
Dans le Messilat Yecharim, Rabbi Moshé 'Haïm Luzzato explique que la vengeance est sucrée à l'homme humilié, car elle seule semble le consoler de sa honte. Celui qui surmonte sa nature et extirpe cette souffrance comme si elle n'avait jamais existé est donc considéré comme un individu fort et courageux.
p. 304-305
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Première raison de ne pas se venger : l'autre n'est qu'un figurant, et les peines reçues sont des factures
Rabbi Reouven Karlinchteïn donne une première raison de renoncer à la vengeance : rien ne peut atteindre un Juif croyant sans avoir été décidé dans les Cieux. Celui qui le frappe n'est qu'un figurant, un bâton dans la main de D., et les peines reçues sont des factures que la Providence lui fait payer.
p. 305
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« Reconnaissez-vous cette personne comme étant celle qui vous a renversé ? »
Rabbi Yaacov Rabikov, dit HaSandlar, refuse au tribunal de désigner le chauffeur qui l'a renversé, parce qu'il s'est engagé à ne jamais prononcer un mensonge et que tout vient de D. : celui qui l'a heurté n'est qu'un bâton dans la Main du Tout-Puissant, et l'on ne s'en prend pas à un bâton.
p. 305-306
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L'homme qui voulait faire arracher quatre dents parfaitement saines
Tous les membres du peuple juif forment une seule âme : un verset de Parachat Ékev compte les ancêtres descendus en Égypte comme soixante-dix « âme », au singulier, quand les gens de la maison d'Essaw sont des « âmes ». Se venger l'un de l'autre est donc absurde, comme faire arracher ses dents pour avoir mordu sa langue.
p. 307
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Troisième raison : ce monde n'est qu'un jardin d'enfants, et d'en haut « on rigole et on se désole »
La troisième raison de renoncer à se venger tient à ce que ce monde n'est qu'un jardin d'enfants. L'adulte sourit des disputes d'enfants pour une bille ; de même, le Ciel regarde nos querelles et nos rancunes, car aucun événement de ce monde, aussi grave soit-il, n'a de poids face à l'éternité.
p. 308
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« Je te prête, moi, car je ne suis pas comme toi » : la phrase qui distingue la vengeance de la rancune
Selon le Kitsour Michpaté Hachalom, refuser un service en rappelant un refus passé, c'est se venger ; rendre ce service tout en le rappelant, c'est garder rancune. La vengeance s'exprime surtout dans les actes, la rancune dans les sentiments. Se défendre contre un agresseur reste permis, mais il faut savoir oublier pour mieux vivre.
p. 308-310
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Rabbi Yerou'ham Leybovitch, le train qui part et le gant resté sur le quai
Pour le peuple juif, l'amour du prochain est un état d'esprit, comme le montre Rabbi Yerou'ham Leybovitch, dirigeant spirituel de la Yeshiva de Mir. Le verset « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » se traduit chez lui par un réflexe : penser, même en perdant un objet, à celui qui le trouvera.
p. 310-311
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Ce que l'on transgresse en colportant : une longue liste de commandements derrière une seule conversation
Le Kitsour Michpaté Hachalom énumère les commandements que l'on transgresse en colportant : l'interdit lui-même, mais aussi l'obstacle devant l'aveugle, l'humiliation de la veuve, de l'orphelin ou du converti, le mensonge et la profanation du Nom. Le médisant est un meurtrier, et s'en abstenir équivaut chaque fois aux 613 Mitsvot.
p. 313-315
Les thèmes de cette paracha
- Téchouva, Humilité malgré la grandeur
- Yétser Hara, Téchouva
- Honneur d'autrui
- Responsabilité collective, 'Héssèd (bonté)
- Réprimande (Tokha'ha), Objectivité, intérêts personnels
- Jugement d'autrui, Réprimande (Tokha'ha)
- Honneur d'autrui, Primauté de la Torah
- Vengeance et rancune, Maîtrise de soi
- Lachone Hara (médisance), Responsabilité collective