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Parachat Toledot

Les 23 commentaires et histoires de Parachat Toledot dans La Paracha – Séfer Béréchit de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.

  1. La prière d'Its'hak, exaucée plutôt que celle de Rivka

    Rachi enseigne que la prière d'un tsadik fils de tsadik est supérieure à celle d'un tsadik fils de racha, d'où l'exaucement d'Its'hak plutôt que de Rivka. Le paradoxe n'est qu'apparent : Rivka, élevée dans un milieu impie, semble plus méritante, et le livre l'éclaire par le témoignage d'un homme qui a connu les deux mondes.

    p. 247-248

  2. La lutte dans le ventre de Rivka : deux missions, deux natures

    Selon Rachi, Yaacov s'agitait devant la maison d'étude de Chem et Ever, et Essaw devant un lieu d'idolâtrie. Le livre explique que la tendance d'Essaw n'était pas une faute mais une épreuve, celle de fuir le mal : chacun vient au monde avec un potentiel et une épreuve propres, qu'il doit développer au maximum.

    p. 249-250

  3. « Deux nations » : la séparation comme condition de la force de Yaacov

    D. annonce à Rivka que deux nations sortiront d'elle et se sépareront. Le livre voit dans cette insistance l'origine de la force de Yaacov, c'est-à-dire du peuple juif : ne pas manger, se vêtir ni penser comme Essaw. Le feu domine l'eau tant qu'une marmite les sépare ; mélangés, l'eau l'éteint toujours.

    p. 251-252

  4. Essaw et la Guématria de « Chalom » : la paix comme prétexte à la domination

    Le Baal Hatourim relève que la Guématria du nom Essaw, 376, égale celle de Chalom, la paix. Une première explication y voit un nom donné pour atténuer ses penchants meurtriers. Une seconde rappelle qu'Essaw symbolise l'Occident, qui part toujours en guerre au nom d'une noble cause : la paix devient un prétexte à la domination.

    p. 252-253

  5. Qui était vraiment Essaw ? Un homme de grande envergure, pas un simple brigand

    Selon Rabbi Y.L. 'Hasman, la Torah ne s'attarde jamais sur les petites gens : si elle parle longuement de quelqu'un, c'est un grand Tsadik ou un grand Racha. Essaw appartient aux grands impies, intelligents, qui fautent par idéal et savent justifier chacune de leurs voies, au point de croire sincèrement mériter le Gan Eden.

    p. 255-258

  6. Les trois fautes du jour de la vente, et l'art d'Essaw de toujours se justifier

    Selon 'Hazal, le jour où Essaw revint fatigué des champs, il venait d'enfreindre trois grandes interdictions : le meurtre, les relations interdites et le reniement. Pour chacune, il trouva une excuse plausible, jusqu'à inventer une philosophie de la demi-mesure, « pas trop religieux, pas trop laïc », en croyant sincèrement bien servir D.

    p. 257-261

  7. « Ich » écrit deux fois : grand dans le bien comme dans le mal

    'Hazal enseignent que le mot Ich désigne un homme important. La Torah l'emploie deux fois pour Essaw, homme sachant chasser et homme des champs, mais une seule pour Yaacov : Essaw était grand dans l'étude, où il posait des questions jugées profondes par son père, et grand dans le mal, investi totalement dans l'oisiveté.

    p. 260-262

  8. Ce n'est pas les champs qui fatiguent Essaw, c'est la maison d'étude

    Le Rav Nissim Yaguen explique que ce n'est pas le travail des champs qui fatiguait Essaw, capable de faire les 400 coups sans s'épuiser, mais le fait d'arriver à la maison d'étude de Yaacov. Le syndrome est bien connu : la force et le temps ne manquent jamais pour l'action, mais toujours pour un cours de Torah.

    p. 261-262

  9. « Je vais mourir, à quoi bon le droit d'aînesse » : deux regards sur la mort

    En vendant son droit d'aînesse, Essaw dit « je vais mourir, à quoi me sert-il », puis mange et boit. Pour l'impie, la mort pousse à profiter d'une vie éphémère ; pour le juste, elle rappelle la valeur de la vie. Le livre l'illustre par une réponse du Rav Chakh sur l'usage du temps qui reste.

    p. 262-263

  10. Nommé « Edom » : les premiers mots d'Essaw annoncent l'Occident tout entier

    Essaw est nommé Edom, rouge, parce qu'il désigne le plat de lentilles par sa seule couleur, signe d'une attirance pour le rouge, c'est-à-dire d'une tendance sanguinaire. Selon les commentateurs, les premiers mots d'un personnage dans la Torah révèlent sa nature : chaque mot de la phrase d'Essaw annonce un Occident vorace, poli en surface et voué au culte de l'apparence.

    p. 263-265

  11. Pourquoi Yaacov donna aussi du pain, pas seulement les lentilles

    Rabbi Yéoshoua Lev Diskin explique qu'un serment prêté en danger de mort, pour sauver sa vie, n'engage plus une fois le danger écarté. Essaw, affamé, aurait pu renier plus tard la vente de son droit d'aînesse ; Yaacov lui donne donc d'abord du pain, et ne propose les lentilles qu'une fois Essaw rassasié.

    p. 265-266

  12. Avraham observait déjà la Torah, mille ans avant qu'elle ne soit donnée

    Avraham observa la Torah près de mille ans avant qu'elle soit donnée. Le Saba de Slabodka l'explique par 'Hazal : D. regarda dans la Torah pour créer le monde, comme un architecte suit un plan. Avraham fit le chemin inverse : il scruta le monde pour remonter jusqu'à la Torah, comme on relève les mesures d'un palais.

    p. 266-267

  13. « Il trouva au centuple, et D. le bénit » : copier une méthode sans la bénédiction ne suffit pas

    Its'hak récolte au centuple, et le verset attribue explicitement cette réussite à la bénédiction de D. Les philistins l'attribuèrent pourtant à un engrais spécial. Le livre y voit l'échec de tant d'imitateurs commerciaux : reproduire la méthode d'une réussite sans la bénédiction, c'est oublier la fin du verset, « D. le bénit ».

    p. 269-270

  14. Pourquoi le nom d'Its'hak ne fut jamais changé, contrairement à ceux d'Avraham et de Yaacov

    Its'hak garda toujours son nom. Selon Rav Nissim Gaon, sur Brakhot 13a, Avram et Yaacov furent nommés par des hommes, Its'hak par D. Lui-même avant sa naissance. Selon le Midrash Hagadol, Its'hak redonna aux puits recreusés les noms choisis par son père, et cette humilité lui valut de garder le sien.

    p. 270-273

  15. La cécité d'Its'hak : la maladie comme prison sans mur, et la balance céleste des souffrances

    Le 'Hafets 'Haïm enseignait qu'un roi de chair et de sang doit bâtir des prisons et poster des gardes, alors que D. n'a besoin que d'une maladie pour enfermer un homme chez lui. Selon le Midrash, c'est Its'hak qui demanda que la maladie vienne au monde, pour permettre à l'homme de se purifier de ses fautes.

    p. 274-276

  16. Pourquoi Its'hak voulait bénir Essaw malgré son impiété connue

    Les commentateurs proposent plusieurs réponses : pour l'Or Ha'haïm Hakadoche, Its'hak ignorait la vente du droit d'aînesse ; pour le Rav Hirsh, il voulait une bénédiction matérielle pour Essaw et spirituelle pour Yaacov ; pour le Sfat Emet, il voulait aider un fils éloigné de la sainteté. D'autres pensent qu'il espérait encore un bien en Essaw.

    p. 277-279

  17. Chasser pour son père : canaliser un don plutôt que le condamner

    Le Rav Hirsh explique qu'Its'hak voulait montrer à Essaw qu'il pouvait orienter ses aptitudes naturelles vers une fin noble, nourrir son vieux père, plutôt que les laisser servir le seul plaisir. Aucun homme ne naît sans don ; chacun doit réaliser la volonté de D. avec ce qu'il est, et la jalousie perd alors son sens.

    p. 279-280

  18. La vraie intention de Rivka : que la mascarade soit découverte

    Selon le Rav Hirsh, Rivka ne pouvait croire tromper durablement Its'hak avec quelques peaux de chevreau : son but était que la mascarade soit découverte. Si l'intègre Yaacov pouvait se faire passer pour un chasseur, un Essaw rusé avait pu, a fortiori, se faire passer toute sa vie pour un homme intègre.

    p. 281

  19. Pourquoi Rivka revêtit elle-même Yaacov des habits d'Essaw

    Le 'Hatam Sofer explique que Yaacov, dont le trait fondamental était l'authenticité, l'Emet, hésitait tant à recourir à la ruse que Rivka dut elle-même le revêtir des habits d'Essaw. Sachant que le vêtement exerce une réelle influence sur celui qui le porte, elle l'aida ainsi à surmonter son hésitation.

    p. 281-282

  20. « La voix est la voix de Yaacov » : pourquoi Yaacov ne mentit pas de sa bouche

    Rachi lit « je suis Essaw ton premier-né » comme deux phrases, « je suis » et « Essaw est ton premier-né » : Yaacov laisse déguiser son corps mais ne ment pas de sa bouche, instrument de sa prière et de son étude. En récompense, sa descendance reçut la force de la voix, qui rend impuissante la main d'Essaw.

    p. 283-285

  21. L'odeur des champs avant la bénédiction : nourrir le corps sans oublier l'âme

    Le Sforno explique que le Créateur aurait pu se contenter de fruits nourrissants, mais leur donna aussi une bonne odeur pour apaiser l'âme. En respirant l'odeur des vêtements de son fils juste avant de le bénir d'abondance matérielle, Its'hak enseigne que la bénédiction du corps ne doit jamais faire oublier de nourrir l'âme.

    p. 286

  22. Pourquoi Essaw attendit la mort de son père pour tuer son frère

    Selon le Kli Yakar, Essaw avait été béni de dominer son frère seulement quand celui-ci se relâcherait. Or un endeuillé ne peut étudier la Torah, qui réjouit le cœur : Essaw guettait ce moment de faiblesse spirituelle. De là vient la règle qu'un endeuillé ne doit jamais rester seul, privé du bouclier de la Torah.

    p. 287-288

  23. Le mariage pardonne toutes les fautes, même celles d'Essaw

    Le Talmud Yérouchalmi relève que l'épouse d'Essaw, fille d'Ichmaël, s'appelait Bosmath et fut nommée Ma'halath, de lim'hol, pardonner, pour enseigner que le mariage efface toutes les fautes. Rabbi Moshé Tsadka explique que ce choix de l'exemple le moins honorable montre la portée universelle de ce pardon : le mariage offre une page blanche.

    p. 289-290

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