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Parachat Beha'alotekha

Les 23 commentaires et histoires de Parachat Beha'alotekha dans La Paracha – Séfer Bamidbar de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.

  1. L'éloge d'Aharon qui n'a rien changé : ce que l'habitude détruit

    Rachi, d'après le Sifri, loue Aharon d'avoir allumé la Menora sans rien changer. L'éloge ne porte pas sur l'obéissance, qui va de soi pour lui, mais sur l'absence d'usure : chaque jour, il accomplit la Mitsva avec la même ferveur, comme si c'était la première fois, sans céder à l'habitude, grande alliée du Yétser Hara.

    p. 97-99

  2. Fabriquer un 'Hafets : comment retenir un élan qui ne dépend pas de nous

    Le Kedouchat Levy, au nom du Ramban, conseille de donner aussitôt un réceptacle à tout élan de ferveur : une Mitsva, une pièce de Tsedaka, un passage de Torah. Le mot 'Hafets signifie à la fois désirer et objet ; l'enthousiasme, flot de lumière venu du Ciel, se perd s'il n'est pas habillé d'un acte.

    p. 99-100

  3. Les trois malades du Maguid de Douvno : comprendre n'est pas la condition d'obéir

    Pour le Maguid de Douvno, l'éloge d'Aharon tient à ce que sa compréhension d'une Mitsva n'influe en rien sur son accomplissement. Le roi David le dit dans les Tehilim : « J'ai choisi la voie de la fidélité ». Même une Mitsva dont on comprend le sens s'accomplit par Emouna, et non parce qu'on la juge justifiée.

    p. 100-102

  4. Quand le plaisir redéfinit le bien : les fausses valeurs que la source met en accusation

    Sous couvert de comprendre les Mitsvot, beaucoup s'en éloignent et les déclarent dépassées. Influencé par la société de consommation et ses devises, l'homme moderne ne fait plus reposer le bien et le mal sur la morale mais sur son esprit : le bien devient ce qui lui fait plaisir, et les lois changent avec les plaisirs.

    p. 102-103

  5. Le cocher de Leipzig : la réponse d'un Rav à un dirigeant des Maskilim

    Face à un dirigeant des Maskilim persuadé que Moshé actualiserait aujourd'hui la Torah, Rav Tsvi Hirsch Levin, Av Bet Din de Berlin, répond par une histoire. L'enseignement est que D., seul à connaître parfaitement le monde, ses saisons et son avenir, a donné une loi immuable : Sa volonté est que nous fassions Sa volonté.

    p. 103-105

  6. Cinquante mille agneaux pour trois Cohanim : ce que la répétition du verset rend visible

    Le verset répète deux fois que le Korban Pessa'h doit être offert au temps fixé, explique le Mechekh 'Hokhema, parce qu'on aurait pu croire à une dispense : au désert, près de cinquante mille agneaux devaient être sacrifiés en quelques heures par trois Cohanim seulement. En excluant toute exception, la Torah révèle l'étendue du miracle.

    p. 106-107

  7. On peut avaler la Matsa, jamais les herbes amères

    Le Talmud (Pessa'him 115b) enseigne qu'avaler la Matsa sans la mâcher suffit à s'acquitter, mais pas pour les herbes amères. Le Mééri explique que le Maror doit faire ressentir l'amertume de l'esclavage : connaître intellectuellement une souffrance ne suffit pas, il faut un acte qui la fasse éprouver physiquement pour l'ancrer dans le cœur.

    p. 108

  8. Le 'Hafets 'Haïm refuse d'entrer au chaud, et laisse le donateur grelotter

    Rabbi 'Haïm Chmoulevitch rapporte comment le 'Hafets 'Haïm, venu solliciter un riche de Lida pour les pauvres privés de bois de chauffage pendant un hiver terrible, refuse d'entrer chez lui. L'histoire enseigne qu'on ne comprend vraiment la souffrance d'autrui qu'en l'éprouvant dans sa chair, ce que la connaissance seule ne permet pas.

    p. 108-109

  9. « Dans les bras de ma maman » : pourquoi démonter le Mishkan équivalait à le remonter au même endroit

    Le Talmud (Chabbat 31b) demande comment le démontage du Mishkan, toujours remonté ailleurs, peut fonder l'interdit de détruire le Chabbat. Rabbi 'Haïm Chmoulevitch l'explique par l'enfant porté dans les bras de sa mère : où qu'il voyage, il est au même endroit. Au désert, Israël se sent dans les bras d'Hachem, et chaque campement équivaut au même lieu.

    p. 110-112

  10. « Tu seras pour nous comme des yeux » : celui à qui l'on fait des miracles ne les reconnaît pas

    D'après 'Hazal (Nida 31a), celui qui bénéficie d'un miracle ne le reconnaît pas. Le Mahari Assad y lit la demande de Moshé à Yitro, « tu seras pour nous comme des yeux » : n'ayant pas vu les plaies, la mer ouverte ni la Manne, Yitro s'en émerveille et peut aider le peuple, habitué aux miracles, à garder son enthousiasme.

    p. 113-115

  11. Chaque matin, la même question à sa femme : « n'est-ce pas qu'Hachem nous a donné un bon fils ? »

    Selon le témoignage du 'Hazon Ich, le 'Hafets 'Haïm rappelle chaque matin à sa femme, dans les mêmes termes, trois bienfaits d'Hachem : un bon fils, une belle-fille vertueuse et l'aide reçue pour écrire ses livres, dont le Michna Broura. Il faut, dit-il, se le rappeler et remercier D. à chaque instant pour toutes Ses bontés.

    p. 115

  12. Pourquoi les deux Noun sont inversés : le peuple s'est conduit à l'envers du poisson

    Selon Rachi, les deux versets encadrés de Noun inversés séparent deux malheurs : la fuite de la montagne d'Hachem, comme un enfant qui fuit l'école, selon le Rosh, et les pleurs au sujet des proches parentes devenues interdites. Noun signifie poisson en araméen ; or le poisson recherche l'eau nouvelle et est resté pur au déluge : Israël fait l'inverse.

    p. 117-120

  13. L'ivrogne jugé par le curé : pourquoi la fuite hors de la montagne n'a pas été punie

    La fuite de la montagne d'Hachem n'est suivie d'aucune punition parce qu'elle est elle-même sa punition : en fuyant de nouveaux commandements, le peuple se prive du moyen de s'élever. Rabbi 'Haïm de Tsanz l'illustre par une histoire d'ivrogne ; vivre loin d'Hachem et de Sa Torah est déjà, en soi, la première sanction.

    p. 120-123

  14. Le 'Hafets 'Haïm revient sur sa recommandation pour un poste de Machgia'h

    Le Ramban explique que les Béné Israël auraient dû marcher dans les voies d'Hachem avec joie, et non se plaindre. De même, le 'Hafets 'Haïm retire sa recommandation d'un érudit pour un poste de Machgia'h pour une raison qui rejoint cet enseignement : celui qui n'est pas heureux de sa vie ne peut éclairer l'âme d'autrui.

    p. 124

  15. Toute plainte présuppose un bienfait : Rav Avigdor Miller sur la souffrance et le bonheur

    La Torah ne dit pas clairement de quoi se plaint le peuple, car l'origine d'une plainte n'est pas claire non plus pour celui qui la formule. Rav Avigdor Miller, dans Réjouis-toi dès ta jeunesse, montre que chaque grief présuppose un bienfait : on se plaint de la pluie en mangeant ses fruits, et la souffrance reste infime face au bonheur.

    p. 125-126

  16. L'insatisfaction comme preuve : pourquoi seul l'homme désire ce qui lui nuit

    Avraham remarque, selon Rav Avigdor Miller, qu'aucun animal n'a d'instinct inutile ou nuisible et que tous sont satisfaits une fois leur besoin comblé. Seul l'homme reste perpétuellement insatisfait et court après la gloire : cette anomalie révèle un but supérieur à la vie physique, ce monde n'étant que le vestibule du monde futur.

    p. 127-129

  17. Le problème ne venait pas du cerveau mais du ventre : pourquoi Moshé demande de l'aide cette fois-là

    Parce que la Taava ne se raisonne pas, expliquent les commentateurs, Moshé, qui affronte seul l'idolâtrie et les controverses, demande de l'aide face à la convoitise de viande : un discours logique redresse les esprits, pas les appétits. Il faut alors s'occuper de chacun personnellement, d'où les soixante-dix sages ; le Yétser Hara, lui, change de visage à chaque génération.

    p. 129-131

  18. Pourquoi la Torah est comparée à une épice : David et Essaw étaient tous deux roux

    'Hazal comparent la Torah à une épice, non pour en limiter la dose, mais parce qu'elle donne bon goût à ce qui existe déjà. Le travail sur soi ne consiste pas à effacer sa nature mais à la canaliser vers le bien : le roi David et Essaw, tous deux roux, font de la même tendance deux destins opposés.

    p. 132-133

  19. Ce que fut la Manne : un dossier de ses propriétés

    La tradition attribue à la Manne maintes propriétés : elle nourrit Israël quarante ans, tombe en double portion le vendredi, d'où les deux pains du Chabbat, repose entre deux couches de rosée, d'où le plateau et le napperon, révèle le niveau de chacun et prend tous les goûts. Son nom vient de Manna, « cadeau », selon Rav Eli Munk.

    p. 134-139

  20. « Chercher la Parnassa » : Rabbi Yossef 'Haïm Zonnenfeld sort de chez lui

    Rabbi Yossef 'Haïm Zonnenfeld, qui croyait sa femme aussi forte que lui en Bita'hon, comprend, le jour où elle emprunte du pain pour qu'il ressente la faim des enfants, qu'il doit sortir chercher la Parnassa. Son voisin, Rabbi Israël Yaacov Bernchtein, le suit pour découvrir ce que signifie chercher sa subsistance pour un tel homme.

    p. 134-135

  21. Le vendeur de Beïguelakh de Varsovie qui veut rompre son accord

    Un vieux vendeur ambulant de Varsovie montre qu'un revenu assuré peut affaiblir la confiance en Hachem : tant qu'il attend chaque client, sa journée se partage entre supplications et louanges, les yeux levés vers le Ciel et non vers les hommes. La dépendance quotidienne envers D. nourrit ainsi la confiance et la prière.

    p. 139

  22. Pourquoi tant de Manne fondait au soleil chaque jour

    Hachem dispense chaque jour assez de Manne pour nourrir le peuple deux mille ans, puis en laisse fondre l'excédent au soleil, afin d'habituer les Béné Israël à se tourner vers Lui pour leur subsistance. Au milieu du désert, voyant leur pain disparaître, ils lèvent les yeux vers D. et se fient à Lui pour le lendemain.

    p. 140

  23. Pourquoi le plus humble des hommes fut aussi le plus grand prophète

    L'humilité est inscrite dans l'âme, parcelle du Divin, car D. Lui-même est l'humilité par excellence. Plus l'homme est proche de son âme, plus son humilité ressort ; c'est pourquoi, selon Rabbi Yaacov Neyman, l'humilité de Moshé et sa prophétie sont indissociables. L'orgueil, lui, vient du corps et des futilités de ce monde.

    p. 141-143

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