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Parachat Vaéra

Les 29 commentaires et histoires de Parachat Vaéra dans La Paracha – Séfer Chémot de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.

  1. Pourquoi Pharaon fut-il puni pour avoir asservi Israël, si D. l'avait annoncé à Avraham ? Deux réponses, et pourquoi l'intention change tout

    Selon 'Hazal, D. n'inflige une peine que par des gens déjà déméritants : Pharaon est choisi parce qu'il est impie, et sa punition vient de son impiété. Le Maharcham ajoute que les villes de Pithom et Ramsès, travaux délibérément inutiles, prouvent une intention purement sadique, car c'est l'intention qui donne sa valeur à un acte.

    p. 53-56

  2. Pourquoi punir Pharaon d'avoir endurci son cœur, si D. l'a Lui-même endurci ? Mida kénéguède mida selon l'Imréi Yaacov

    L'Imréi Yaacov répond par la mesure pour mesure : Pharaon exige des enfants d'Israël la même quantité de briques sans leur fournir la paille, puis les frappe pour une tâche impossible. D. le frappe donc à son tour en endurcissant son cœur, si bien que Pharaon ne peut plus accomplir la volonté divine qu'on lui réclame.

    p. 56

  3. Elokim et Hachem dans le même verset : pourquoi étaler la souffrance sur deux cent dix ans était de la Miséricorde, pas de la Rigueur

    Le verset nomme D. d'abord Elokim, attribut de Rigueur, puis Hachem, attribut de Miséricorde, pour répondre à la plainte de Moché : ce qui paraît Rigueur est en réalité Miséricorde. En comprimant sur 210 ans la peine annoncée à Avraham pour 400 ans, D. abrège l'épreuve d'un peuple qui n'y aurait pas survécu.

    p. 56-60

  4. Un coup ou dix : la vraie différence entre Rigueur et Miséricorde, et pourquoi le Nil devint sang

    D. étant Vérité et Justice, chacun reçoit toujours la peine exacte qui lui revient : la Rigueur l'envoie d'un seul coup, la Miséricorde l'étale en plusieurs fois. Ce rythme laisse place à la Techouva, qui peut annuler les coups restants, et même transformer la faute en mérite si le repentir est fait par amour.

    p. 60-61

  5. « Aux Patriarches » : le mot que Rachi ajoute alors que nous le savions déjà, selon Rabbi Méir de Prémischlan

    Rabbi Méir de Prémischlan explique que Rachi, en précisant « aux Avot », souligne que ni Its'hak ni Yaacov ne se sont reposés sur le mérite de leur père ou de leur grand-père : chacun a peiné pour devenir lui-même Patriarche. Se targuer du mérite d'un ancêtre sans rien construire soi-même ne vaut rien.

    p. 62-63

  6. D. ne Se montre qu'à ceux qui Le veulent réellement, selon le 'Hatam Sofer

    Selon une lecture rapportée au nom du 'Hatam Sofer, la racine Av du mot Avot peut aussi signifier « vouloir » : D. ne Se montre qu'à ceux qui veulent réellement Le voir. Ceux qui réclament un miracle pour faire Techouva évitent en fait toute occasion de Le rencontrer, et expliquent chaque prodige comme un simple phénomène.

    p. 63

  7. La terre de Canaan, terre de crainte : le jeu de mots mégouréhèm/magour selon Rabbi Yaacov 'Haïm Sofer

    Rabbi Yaacov 'Haïm Sofer explique la redondance du verset sur le pays « de leur résidence » par un jeu de mots : mégouréhèm, la résidence, est homonyme de magour, la crainte. La terre de Canaan est une terre de crainte, comparable au palais d'un roi, où chaque acte exige une attention redoublée.

    p. 63-65

  8. Le double « Je suis Hachem » : la connaissance de D. n'est complète qu'avec la Torah

    Rabbi Ye'hezkel Abramsky remarque que « Je suis l'Eternel » encadre l'annonce « Je vous prendrai pour Moi comme peuple », allusion au don de la Torah. La connaissance de D. avant et après la Torah n'est donc pas comparable : une connaissance véritable de D. ne s'acquiert pleinement que par la Torah.

    p. 65-66

  9. Pourquoi les fils de Lévy reçurent des noms rappelant l'exil, alors que sa tribu n'y fut jamais asservie

    Le Chla Hakadoch note que la Torah dit « les noms des fils de Lévy ». Bien que sa tribu ait échappé à l'esclavage, Lévy nomme ses fils Guershon, Kéhat et Mérari, noms qui évoquent l'exil, l'usure et l'amertume : on doit s'associer à la peine de son prochain même quand on n'en souffre pas soi-même.

    p. 67-69

  10. « Tu diras… et Aharon parlera » : Rabbi Avraham Douëk et le couple au bord du divorce

    Rachi explique que Moché transmet chaque message tel qu'il l'a entendu de D., tandis qu'Aharon l'expose et l'ajuste à la compréhension de Pharaon. Rabbi Avraham Douëk, juge rabbinique, s'appuie sur cette répartition des rôles pour ramener la paix dans un couple au bord du divorce.

    p. 70-71

  11. « Donnez-vous un prodige », pas « donnez-moi » : la différence entre un vrai et un faux prophète, selon le Noam Elimelekh

    Le Noam Elimelekh explique que le faux prophète use de trucages : son prodige étonne tout le monde sauf lui, qui en connaît le mécanisme. Le vrai prophète accomplit des miracles d'origine divine, qui l'étonnent autant que le public. Pharaon demande donc un prodige qui en soit un aux yeux mêmes de Moché et d'Aharon.

    p. 72-73

  12. Le bâton devenu serpent devant Pharaon : le pouvoir de l'entourage, dans les deux sens

    L'entourage exerce sur l'homme l'influence la plus puissante, en bien comme en mal. Le bâton de Moché, gravé du Nom de D., devient serpent devant Pharaon puis redevient bâton entre ses mains : même descendu au plus bas, le peuple juif peut, une fois soustrait à l'influence de l'Egypte, devenir le peuple saint.

    p. 73-74

  13. Le 'Hizkouni : Pharaon, le « grand serpent », avale les douze tribus mais finit comme un bâton sec

    Pour le 'Hizkouni, le signe vise l'orgueil de Pharaon, qui se fait appeler « le grand serpent », comme le confirme le prophète Yé'hézkiel. Tel le bâton devenu serpent qui avale d'autres bâtons, figures des douze tribus, avant de redevenir un morceau de bois sec, Pharaon est promis à la même fin : dessèchement et mort.

    p. 74

  14. « Le cœur de Pharaon est lourd » : quand le foie gouverne le cœur, MéLèKh devient KhéLèM

    En hébreu, « lourd » se dit Kavéd, comme le foie. Selon le Midrash, appuyé sur Brakhot 61ab où le foie se met en colère, le cœur de Pharaon devient un foie, dominé par la colère. Le cerveau doit gouverner le cœur, et le cœur le foie : leurs initiales forment alors MéLèKh, le roi.

    p. 74-75

  15. Pourquoi le Nil fut frappé en premier, et par le sang : les raisons puisées dans le Midrash

    Le Midrash donne plusieurs raisons : les Egyptiens idolâtrent le Nil, et D. frappe leur dieu avant son peuple ; ils y ont jeté les nouveau-nés juifs ; ils ont empêché les femmes juives de s'immerger au Mikvé. Le sang se répand alors dans toute l'Egypte, jusque dans les arbres, les pierres et les idoles.

    p. 75-76

  16. L'enfant adoptif qui frappe son père nourricier : une parabole sur la reconnaissance

    Selon Rabbi Tan'houm, dans Chemot Rabba, Moché ne frappe pas le Nil parce que l'eau l'a porté lorsqu'il dérivait bébé ; de même, il ne frappe pas la terre, qui a enfoui l'Egyptien qu'il avait tué. Sa reconnaissance s'étend aux choses inertes. Si D. le choisit pourtant contre Pharaon, c'est que chaque plaie suit exactement la mesure pour mesure.

    p. 76-78

  17. Pharaon n'eut aucune reconnaissance pour Yaacov ni Yossef : la boucle de la mesure pour mesure se referme

    Yaacov a béni Pharaon, faisant monter le Nil à son approche, et Yossef l'a enrichi par la gestion des récoltes ; pourtant Pharaon asservit cruellement leurs descendants, sans aucune reconnaissance. Mesure pour mesure, D. le fait frapper par un homme qui lui devait, lui, une immense reconnaissance : la justice divine agit avec précision.

    p. 78-79

  18. Comment les enfants d'Israël s'enrichirent en vendant de l'eau pendant la plaie du sang, et pourquoi les Egyptiens ne réclamèrent jamais ce prix devant Alexandre le Grand

    Selon le Midrash, l'eau qu'un Egyptien achète à un Juif redevient de l'eau. Le prix n'est pas fixé par les Juifs : chaque plaie punit mesure pour mesure, et l'eau ne redevient potable qu'au prix exact de la cruauté de chaque acheteur. Il n'y a ni abus ni escroquerie : on récolte ce que l'on a semé.

    p. 79-81

  19. La deuxième plaie, les grenouilles : les raisons puisées dans le Midrash, et pourquoi c'est précisément la grenouille du ventre de Pharaon qui suppliait de sortir

    Le Midrash relie chaque aspect de la plaie à une cruauté des Egyptiens : ils faisaient capturer des reptiles pour leur amusement, réveillaient les Juifs la nuit pour les travaux forcés et obligeaient les femmes à étouffer leurs cris d'accouchement. Les grenouilles coassent donc jusque dans leurs ventres et crient jour et nuit.

    p. 82-84

  20. La grenouille géante qui se multiplie sous les coups : le Steipler et le mécanisme de toute dispute, et Rabbi Chalom Chvadron humilié en pleine synagogue

    Le Steipler, Rabbi Yaacov Israël Kaniewsky, s'étonne que les Egyptiens aient continué à frapper la grenouille géante dont chaque coup faisait surgir d'autres grenouilles. Il y voit le mécanisme de toute dispute : répondre à l'attaque aggrave toujours la situation, et pourtant aucune des deux parties ne s'arrête jamais la première.

    p. 84-85

  21. « Pour demain » : pourquoi Pharaon, souffrant des grenouilles, refuse d'en être délivré sur-le-champ

    Pharaon veut piéger Moché : il le soupçonne de seulement prévoir le début et la fin des plaies grâce aux sciences occultes. En fixant lui-même le moment, il teste un pouvoir réel, car arrêter un phénomène en cours exige une maîtrise bien supérieure à celle de le déclencher. Rachi souligne que Moché accepte le défi.

    p. 86-87

  22. La troisième plaie, les poux : les raisons midrachiques, et pourquoi l'aveu même des mages n'ébranle pas Pharaon, selon l'Ibn Ezra

    Rabbi Avraham Ibn Ezra explique que les mages, incapables d'imiter les poux, attribuent la plaie à Elokim, la Rigueur qui régit la nature, en raison d'une mauvaise configuration astrale, et non à Hachem, le D. d'Israël. Pharaon n'a jamais renié un D. Créateur, seulement l'identité du D. tel que Moché Le nomme.

    p. 87-90

  23. « Le doigt de D. » : l'étrange réponse du Maharal de Prague, et des parents reçus par le Steipler

    Les mages de Pharaon reconnaissent « le doigt de D. » par impuissance ; nous devons le reconnaître dans tout événement. À une époque d'Ester Panim, où D. ne Se dévoile plus comme au temps des prophètes, notre jugement se laisse facilement tromper : il faut se fier à Lui a priori, même devant la souffrance.

    p. 90-93

  24. La quatrième plaie, les animaux sauvages : la pieuvre qui arrache les toits, et les fauves envoyés avec leur climat d'origine

    Le Midrash explique la plaie par la mesure pour mesure : les Egyptiens faisaient capturer aux enfants d'Israël ours, lions et tigres pour leurs divertissements, et forçaient les enfants juifs au travail ; des animaux sauvages s'emparent donc des enfants égyptiens. Reptiles, scorpions, guêpes et puces envahissent aussi le pays.

    p. 93-94

  25. La cinquième plaie, la peste : quatre-vingt-dix pour cent du bétail égyptien anéanti

    Selon Chemot Rabba, les Egyptiens envoyaient les enfants d'Israël faire paître leurs troupeaux dans les collines et le désert, pour les tenir éloignés de leurs familles et les empêcher d'avoir des enfants. L'Agadath Zéva'h Pessa'h ajoute qu'ils attelaient des Hébreux aux charrues pour ménager leurs bêtes. La peste frappe donc ce bétail.

    p. 95

  26. « Pas une seule » puis « jusqu'à un » : l'énigme des deux versets résolue par le Gaon de Vilna

    Le Gaon de Vilna concilie les deux versets par le fils né de Chlomith bat Divri et d'un Egyptien, élevé parmi les Juifs. Selon le Ramban, avant le don de la Torah la filiation suit le père : cet homme est égyptien, et ses bêtes périssent. Pharaon, qui le croit juif, pense trouver une exception, et son cœur s'endurcit.

    p. 95-97

  27. La sixième plaie, les ulcères : ce que rapporte le Midrash, et la fin de l'esclavage

    Le Midrash relie les ulcères aux exigences des Egyptiens : les enfants d'Israël devaient chauffer ou refroidir l'eau de leurs bains, et les ulcères leur interdisent désormais l'eau chaude comme l'eau froide. Ils les faisaient travailler tard dans la nuit, sans vie de famille ; la plaie les fait souffrir nuit et jour.

    p. 98

  28. La septième plaie, la grêle : le feu et l'eau font la paix pour accomplir la volonté de leur Créateur

    Rachi voit dans la grêle mêlée de feu un miracle au sein d'un miracle : le feu et la grêle, faite d'eau, auraient dû s'annuler mutuellement, le feu fondant la glace et l'eau éteignant le feu. Pourtant, pour accomplir la volonté de leur Créateur, ces deux éléments opposés font la paix ensemble.

    p. 99-100

  29. Pourquoi il ne tomba pas de pluie après la grêle : le raisonnement de Pharaon et les pierres d'Algabich

    Le Talmud, dans Brakhot 54a, lit Algabich comme Al Gabé Ich, « par l'intermédiaire d'un homme » : les grêlons restants sont retenus dans le ciel par Moché, puis lâchés par Yéoshoua contre les Amorréens. L'absence de pluie ne prouve donc pas un stock épuisé, comme le pense Pharaon, mais un miracle différé.

    p. 100-102

Les thèmes de cette paracha

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