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Parachat Vayigach

Les 19 commentaires et histoires de Parachat Vayigach dans La Paracha – Séfer Béréchit de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.

  1. « Tu es comme Pharaon » : la fureur de Yehouda

    Rachi lit les mots de Yehouda à Yossef, « tu es comme Pharaon », comme une menace à peine voilée : « si tu me provoques, je te tuerai ainsi que ton maître Pharaon ». Le Midrash décrit une colère telle que le sang coule de ses yeux : avec ses frères, il est prêt à détruire l'Egypte si Binyamin n'est pas libéré.

    p. 467

  2. Pourquoi Yehouda passe d'un extrême à l'autre : accepter la sentence, puis déclarer la guerre

    Selon l'Alchikh et Rabbi Eliaou Lopian, les frères acceptent la sentence tant qu'elle semble mesure pour mesure : ayant vendu leur frère, ils acceptent d'être vendus à leur tour. Mais que Binyamin seul, étranger au complot contre Yossef, soit retenu leur prouve que cet homme agit de son propre chef pour leur nuire, et non comme l'instrument de D.

    p. 467-469

  3. « Yehouda descendit de ses frères » : pourquoi c'est lui qui s'avance pour sauver Binyamin

    Le livre rappelle que Yehouda avait proposé de vendre Yossef plutôt que de le tuer : un geste voulu pour le sauver de la mort, mais qui l'exposa au péril spirituel de l'Egypte. Selon 'Hazal (Midrash Rabba), en se dévouant pour ramener Binyamin, Yehouda cherche à expier la faute d'avoir abandonné son premier frère.

    p. 470

  4. Le cri de Yehouda entendu à des kilomètres : quand le danger spirituel exige les armes, et le danger physique la prière

    La fureur de Yehouda, décrite par le Midrash Rabba, éclaire un principe : face à une menace physique, comme à Pourim, les dirigeants d'Israël décrètent jeûne et prière ; face à une menace spirituelle, comme à 'Hanouka, ils prennent les armes. La subsistance appartient à D. seul, mais l'avenir spirituel dépend de notre lutte : aujourd'hui, précise le livre, l'éducation des enfants.

    p. 470-472

  5. La Providence protège Rabbi Yé'hezkiel Abrahamsky jusque dans les camps de Sibérie

    Selon son propre récit, la Providence veille sur Rabbi Yé'hezkiel Abrahamsky, envoyé en Sibérie par la Russie bolchevique pour le seul crime d'être juif. Alors que les prisonniers, forcés de courir torse nu dans un froid glacial, meurent ou tombent malades, lui n'attrape jamais le moindre rhume durant des années de détention.

    p. 472-474

  6. « Comment monterais-je vers mon père sans le jeune homme » : ce que chacun doit se répéter face à son Créateur

    Selon l'Ohel Yaacov, Yehouda craint que Yaacov, voyant revenir ses fils sans Binyamin, ne rende l'âme avant même d'entendre la moindre explication. Le Mayana Chel Torah applique cette question à chacun : comment revenir près de son Créateur sans des années de jeunesse remplies de Torah et de Mitsvot, ou sans des enfants qui suivent Ses voies ?

    p. 475-476

  7. Pourquoi Yossef n'eut pas peur de provoquer la colère de Yehouda

    Yossef connaît ses frères comme de véritables Guiborim au sens des Pirké Avot : « Qui est le courageux ? Celui qui domine ses passions. » Sachant qu'un feu de droiture et de vérité brûle en eux, il sait que, tant qu'il ne dit que des choses justes, il n'a rien à craindre de la colère de Yehouda, même à son comble.

    p. 476-477

  8. « Je suis Yossef, mon père vit-il encore » : le jour où toutes les questions se dissipent, comme au jour du jugement

    Le 'Hafets 'Haïm enseigne que, comme les frères voient toutes leurs questions sur le gouverneur se dissiper en entendant « Je suis Yossef », toutes les interrogations humaines disparaîtront le jour où la terre entière entendra « Je suis Hachem ». On verra alors que tout n'était, depuis le début, que l'œuvre du Grand Architecte pour notre bien.

    p. 476-478

  9. « Malheur à nous au jour du jugement » : deux façons de lire la même scène, l'une émue, l'autre terrifiée

    Aba Cohen Bardela, dans le Midrash Rabba, raisonne a fortiori : si les frères ne purent se tenir devant la remontrance de Yossef, le plus petit d'entre eux, combien plus devant celle de D. au jour du jugement. Persuadés d'agir avec droiture, nous pourrions découvrir alors que nous ne servions que nos propres intérêts.

    p. 477-480

  10. « Tokhakha vient de Hokhakha, la preuve » : Yossef prouve leur faute sans un mot de reproche direct

    Au nom du Beth Halévy, la remontrance, Tokhakha, vient de la preuve, Hokhakha. En disant seulement « Je suis Yossef, mon père vit-il encore ? », Yossef retourne l'argument de Yehouda : si leur père a survécu à sa propre disparition, il survivrait à celle de Binyamin. Les frères, frappés de stupeur, ne peuvent lui répondre.

    p. 481-483

  11. « Et maintenant, ne vous affligez point » : la Téchouva doit se faire dans la joie

    Au nom de Rabbi Baroukh Mordékhaï de Kaydnov, les mots « et maintenant » employés par Yossef relèvent du langage de la Téchouva, qui doit se faire dans la joie. Pendant vingt-deux ans, la tristesse éteint l'esprit prophétique de Yaacov, qui ne revient, selon Rachi, qu'à la vue des chariots envoyés par Yossef.

    p. 483-486

  12. « Il pleura sur Binyamin, Binyamin pleura sur lui » : chacun pleure sur le Temple futur de l'autre

    Selon Rachi, Yossef pleure sur les deux Temples qui seront bâtis puis détruits sur le territoire de Binyamin, et Binyamin sur le Mishkan de Chilo, sur celui de Yossef. 'Hazal attribuent ces destructions à la haine gratuite, dont un certain type, d'une finesse extrême, avait séparé les frères : chacun pleure sur le sanctuaire de l'autre plutôt que sur le sien.

    p. 487-488

  13. Le maître, l'élève et la charogne au bord du chemin

    Rabbi Mena'hem Tsvi Berline rapporte, au nom de Rabbi 'Haïm Ozer Groudsienky, une histoire du 'Hovot Halévavot : devant la charogne d'un animal, un maître relève la beauté de ses dents. Plus une personne se sent proche d'une autre, plus les défauts qu'elle perçoit chez elle s'effacent pour ne laisser place qu'aux qualités.

    p. 488-489

  14. Une tenue de rechange pour chacun, cinq et 300 pièces pour Binyamin seul : pourquoi ce cadeau ne réveilla pas la jalousie

    La Guémara, dans Méguila 16, voit dans les cinq tenues offertes à Binyamin une allusion à Mordékhaï, son descendant, vêtu de cinq habits royaux. Le Gaon de Vilna montre, par une lettre manquante, qu'elles valaient en réalité moins, égalisant le tout, et le Ben Ich 'Haï distingue l'habit, signe d'honneur qui peut éveiller la jalousie, de l'argent.

    p. 490-492

  15. Les chariots envoyés par Yossef : un signe de pureté qu'un imposteur n'aurait jamais pu inventer

    Rachi explique que Yossef envoie des chariots, agala, parce que le mot partage sa racine avec égla, la génisse de l'Egla Aroufa, sujet que Yossef étudiait au moment de leur séparation. Ce signe rattaché à la sainteté prouve à Yaacov que son fils est resté un Tsadik : aucun usurpateur n'aurait eu l'idée de le donner.

    p. 492-494

  16. « Moi aussi Je descendrai avec toi » : la plus grande promesse jamais faite à Israël

    Selon le Beth Halévy, la promesse « Moi aussi Je descendrai avec toi en Egypte, et Moi-même Je t'en ferai remonter » est la plus grande jamais faite à Israël : la Gloire de D. descend et s'élève avec Son peuple. L'exil ne peut donc jamais être définitif, puisque la grandeur divine ne se dévoile qu'à travers Israël.

    p. 495-496

  17. « Soixante-dix âmes » au singulier : le signe d'une unité retrouvée, et la solidarité du peuple juif face à l'affaire Beilis

    Le Kli Yakar relève que les soixante-dix membres de la famille de Yaacov descendus en Egypte sont désignés par le mot « âme », Néfech, au singulier : la jalousie et la rancœur d'autrefois ont disparu, même dans le cœur de Yossef. Le verset loue ainsi leur unité retrouvée et leur piété.

    p. 495-497

  18. « Quel est le nombre des années de ta vie ? » : pourquoi Pharaon ose une question aussi grossière

    L'Or Ha'hama, au nom du Magdanot Lé'Hezkyou, rappelle que Pharaon est un titre. Enfant, le roi avait lu dans les chroniques du palais qu'une entrée basse s'était élevée devant Avraham ; voyant le même prodige se reproduire devant Yaacov, il crut retrouver le vieil Hébreu des annales, d'où sa question directe sur son âge.

    p. 498-499

  19. Yaacov bénit Pharaon, qui asservira plus tard son peuple : la plus grande ingratitude, illustrée par la parabole du débiteur qui simule la folie

    Selon le Midrash, la bénédiction de Yaacov met fin à la famine cinq ans avant son terme et fait monter le Nil aux pieds de Pharaon. Pourtant, ce même Pharaon asservira le peuple qui l'a enrichi et prétendra faire monter le Nil lui-même, retournant la bénédiction de D. contre D. : c'est le comble de l'ingratitude.

    p. 499-501

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