Index Géant · Séfer Chémot
Parachat Bechala'h
Les 20 commentaires et histoires de Parachat Bechala'h dans La Paracha – Séfer Chémot de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.
-
Pourquoi une Paracha entièrement joyeuse s'ouvre sur « Vayéhi », terme annonçant habituellement un malheur : le faux adieu chaleureux de Pharaon
'Hazal enseignent que Pharaon accompagne le peuple ; après son adieu chaleureux, certains juifs quittent l'Egypte le cœur lourd, prêts à regretter leur servitude à la moindre épreuve. C'est là, selon Rabbi Its'hak Haberman, le malheur qu'annonce Vayéhi. Le livre y voit le procédé du Yétser Hara, qui salue toujours avec un sourire celui qui croit s'en être libéré.
p. 157-159
-
« Ouille ! Ouille ! » : le serviteur, le poisson pourri et l'entêtement de Pharaon
'Hazal lisent Vayéhi comme le cri « Vaye ! Vaye ! » de Pharaon. Refusant à chaque plaie de libérer le peuple juif, il finit par toutes les subir avant de le laisser partir avec les richesses de l'Egypte : son entêtement lui vaut d'endurer toutes les souffrances au lieu d'une seule.
p. 159-160
-
Le fils du roi recueilli par le notable : Pharaon regrettant sa propre importance perdue plus que le peuple juif lui-même
Selon une seconde explication de 'Hazal, Pharaon crie « Vaye ! » non pour le peuple perdu, mais pour sa propre importance perdue : tant qu'il retenait le peuple juif, il recevait des messages du Roi des rois et des émissaires comme Moshé et Aharon. Le peuple parti, cette importance disparaît avec lui.
p. 160-162
-
Pourquoi D. fait éviter au peuple le chemin des Philistins : la Torah n'impose jamais de se jeter volontairement dans l'épreuve
Rachi explique que D. évite le chemin des Philistins de peur qu'à la vue de la guerre, le peuple ne retourne en Egypte. D. préfère un détour plutôt que d'imposer au peuple une épreuve qu'il ne pourrait surmonter : il n'existe aucune Mitsva de s'y exposer, d'où la prière quotidienne « ne nous mets pas dans l'épreuve ».
p. 161-164
-
« Car il était proche » : la proximité n'est pas géographique mais temporelle — le cœur reste attaché à l'habitude même quittée pour de bonnes raisons
« Car il était proche » ne désigne pas la proximité géographique du pays des Philistins : c'est la sortie d'Egypte qui est encore trop proche. L'homme, attaché à ses habitudes, préfère une épreuve familière à l'inconnu, ce qui rend la Téchouva si difficile ; le Gaon de Vilna fait du Tikoun Hamidot le but de la vie.
p. 164-167
-
« 'Hamouchim » : un juif sur cinq seulement sortit d'Egypte, chaque famille adoptant les enfants orphelins des quatre autres
Selon Rachi, un cinquième seulement du peuple sort d'Egypte, les autres étant morts pendant la plaie des ténèbres ; leurs enfants survivent et sont adoptés par les survivants. Le Targoum Yonathan ben Ouziel et le Targoum Yérouchalmi le confirment : chacun sort avec cinq parts d'enfants, et avec le mérite de nombreuses Mitsvot.
p. 167-169
-
Pourquoi le Korban Pessa'h et la Brit Mila précisément : deux Mitsvot exigeant un immense courage, pour enraciner la Messirout Néfèche
Le peuple n'ayant aucun mérite propre pour être délivré, D. lui donne deux Mitsvot exigeant une immense Messirout Néfèche : la Brit Mila, pratiquée sur des adultes, et le Korban Pessa'h, l'agneau divinisé par les Egyptiens, attaché trois jours au pied du lit. Le courage déployé fonde leur mérite et enracine en eux le don de soi.
p. 169-170
-
Moshé cherchant les ossements de Yossef pendant que le peuple amasse or et argent : « un esprit sage prendra des Mitsvot »
Le Midrash applique à Moshé le verset « un esprit sage prendra des Mitsvot » (Michlé 10,8). Le peuple choisit une Mitsva agréable et individuelle, emprunter or et argent aux Egyptiens ; Moshé choisit une Mitsva collective et impalpable, retrouver les ossements de Yossef, sans lesquels personne ne pouvait sortir d'Egypte.
p. 170-171
-
« Tenez-vous et voyez la délivrance » : la Parnassa est aussi difficile à comprendre que l'ouverture de la mer, jamais devinable à l'avance
Face à la mer, les enfants d'Israël imaginent plusieurs issues, mais nul n'envisage que D. la divise en douze passages. Rabbi Israël de Roudjin en tire qu'il en va de même pour la Parnassa : l'homme doit fournir sa Hichtadlout, mais ne peut jamais deviner par quel chemin D. lui fera parvenir sa subsistance.
p. 172-174
-
Pourquoi les anges ne purent chanter pendant que les Egyptiens se noyaient, et le serment de deux frères brouillés
Le Maharcha explique que ce sont les anges de service qui ne peuvent s'approcher l'un de l'autre pour dire la Kédoucha cette nuit-là : D. les en empêche, car Il ne veut pas qu'on chante Sa gloire pendant que Ses créatures meurent. Ainsi s'explique le verset selon lequel les deux camps ne s'approchèrent point de toute la nuit.
p. 175-177
-
Deux versets presque identiques sur la traversée à pied sec : tout dépend de la seule volonté de D., le facile et le difficile s'inversant selon Elle
Rabbi Elimélekh de Lizensk explique la répétition : après avoir vu D. ouvrir la mer aussi aisément, les enfants d'Israël comprennent que marcher sur la terre ferme et traverser la mer dépendent également de Sa seule volonté. Si D. le veut, l'impossible devient facile ; s'Il le décide, le plus simple devient un obstacle infranchissable.
p. 178-181
-
De la foi à la connaissance : les dix plaies n'étaient qu'un « doigt de D. », l'ouverture de la mer révéla « la main puissante »
Les dix plaies n'étaient, selon les magiciens de Pharaon, que le « doigt de D. », et le peuple croyait déjà avoir atteint le niveau de la connaissance. En voyant à la mer des prodiges cinq fois plus puissants, la « main puissante », il comprend n'avoir été jusque-là qu'au niveau de la simple foi.
p. 181
-
Le cheval et son cavalier précipités attachés ensemble : l'âme et le corps jugés conjointement, comme l'aveugle et le cul-de-jatte gardiens du verger
Le Panim Yafoth, à partir du Talmud (Sanhédrin 91), explique qu'au jugement céleste l'âme rejette la faute sur le corps et le corps sur l'âme ; D. les réunit alors pour les punir ensemble. Ainsi le cheval et son cavalier égyptiens, dont chacun aurait pu accuser l'autre, montent et descendent ensemble dans la mer.
p. 181-183
-
« Les eaux se sont amoncelées » : la mer ruse avec Pharaon en divisant toutes les eaux du monde, pour qu'il n'y voie qu'un phénomène naturel
Le Beer Yossef relève que néèrmou, « amoncelées », vient de aréma, la ruse : la mer a rusé avec Pharaon. Selon Rachi, toutes les eaux du monde se divisent ce jour-là ; voyant jusqu'à l'eau de sa gourde divisée, Pharaon y voit un phénomène nouveau mais naturel et généralisé, et s'engage dans la mer sans crainte.
p. 182-183
-
La dispute entre la mer et la terre : qui doit recevoir les cadavres égyptiens ?
Le Targoum Yonathan ben Ouziel relate que la mer et la terre refusent chacune de recevoir les Egyptiens noyés : la mer les a tués, la terre les a créés. La terre, marquée par son expérience avec Caïn et Avel, refuse un nouveau risque, jusqu'à ce que D. étende Sa droite et lui promette qu'elle ne sera pas punie.
p. 183-184
-
Pourquoi la Haftara de Bechala'h choisit un chant de louange plutôt que le miracle similaire du Jourdain : le but du miracle est la reconnaissance, pas le prodige lui-même
Le miracle n'est pas une fin en soi : son but est de permettre au peuple de louer et remercier D., et c'est cette reconnaissance qui élève celui qui la manifeste. La Haftara de Bechala'h retient donc le Chant de Dvorah plutôt que la traversée du Jourdain par Yéoshoua, miracle pourtant très semblable à l'ouverture de la mer.
p. 184-186
-
« Que sommes-nous ? » : pourquoi l'humilité de Moshé dépasse celle d'Avraham
Le Talmud ('Houlin 9) enseigne que le « Que sommes-nous ? » de Moshé dépasse le « je ne suis que cendre et poussière » d'Avraham. Avraham s'adressait à D., devant qui chacun se sent infiniment petit ; Moshé s'annule devant des gens difficiles et insatisfaits, preuve d'une humilité bien plus rare et plus complète.
p. 187-188
-
Manne et puits, pain et eau : la comparaison homme/femme à travers le mérite de Moshé et de Miriam
Rabbénou Moshé miTrani, dans le Beth Elokim, part de ce que la manne descend par le mérite de Moshé et l'eau du puits par celui de Miriam. Il en tire cinq parallèles entre le pain et l'eau, qui illustrent le rôle de l'homme dans l'étude de la Torah et celui de la femme qui soutient son mari.
p. 189-191
-
« Réfidim » : l'affaiblissement du soutien de la Torah, cause de l'attaque d'Amalèk
'Hazal lisent dans Réfidim « rifou yadaïm », les mains affaiblies dans la Torah. Rabbi Moshé Ber Epstein, dans son livre Ber Moshé (Rabbi Moshé Yé'hiel Epstein, Beer Moshé), s'étonne que la Torah s'étudie avec les mains : il s'agit du soutien de la Torah, dont l'affaiblissement provoque l'attaque d'Amalèk.
p. 192
-
Pourquoi Yéoshoua (descendant de Yossef) fut choisi contre Amalèk : les deux mérites d'Essaw surpassés un à un par Yossef
Prolongeant Rabbi Moshé Mimoun, Rav Daniel Eloul explique qu'Essaw détenait deux mérites qui accusaient Yaacov : l'honneur exceptionnel rendu à son père et vingt-deux années de plus en Erets Israël. Yossef les surpasse tous deux, par l'honneur rendu à sa mère Ra'hel et par son attachement constant à sa terre. Moshé choisit donc Yéoshoua, descendant de Yossef, contre Amalèk.
p. 193-198