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Yétser Hara

  1. Les vaches maigres qui dévorent : l'installation progressive du Yétser Hara

    Le Sfat Emet voit dans les vaches maigres du rêve de Pharaon une allusion à la méthode du mauvais penchant. Elles montent du fleuve, se tiennent près des vaches grasses, puis les dévorent : le Yétser Hara se présente d'abord comme un passant inoffensif, s'invite peu à peu, puis finit par se rendre maître des lieux.

    Parachat Mikets · La Paracha – Séfer Béréchit, p. 431

  2. « Pharaon est le Yétser Hara » : du fil d'araignée à la corde de charrette

    Le Rambam écrit que Pharaon est le Yétser Hara. Selon Rav Assi, celui-ci ressemble d'abord à un fil d'araignée, puis à une corde de charrette : il commence par une faute minime, « juste une fois », avant d'en faire un mode de vie. Pharaon procède de même, imposant l'esclavage pas à pas, concession après concession.

    Parachat Chémot · La Paracha – Séfer Chémot, p. 18-20

  3. « Combien de temps sera-t-il pour nous un piège ? » : la cervelle d'oiseau qui retourne toujours vers le même appât

    Les serviteurs de Pharaon appellent Moshé un « piège », Mokèch, mot de la même racine que Yokèche, l'oiseleur d'un verset des Téhilim (124). L'oiseleur dépose des graines sous son piège, et les oiseaux s'y précipitent malgré l'évidence : Pharaon et les siens, comme eux, retombent sans cesse dans le même piège.

    Parachat Bo · La Paracha – Séfer Chémot, p. 109-110

  4. « Parmi les brebis ou les chèvres » : pourquoi la Torah autorise à puiser dans le mauvais penchant lui-même pour servir D.

    Le 'Hida associe les chèvres, qui marchent en tête du troupeau selon le Talmud (Chabbat 77b), au mauvais penchant, et les brebis au bon. Selon le Ben Ich 'Haï, le verset autorise à puiser dans l'un ou l'autre car la force que l'homme possède pour le mal existe tout autant pour le bien, et peut servir le Créateur.

    Parachat Bo · La Paracha – Séfer Chémot, p. 132-135

  5. Pourquoi une Paracha entièrement joyeuse s'ouvre sur « Vayéhi », terme annonçant habituellement un malheur : le faux adieu chaleureux de Pharaon

    'Hazal enseignent que Pharaon accompagne le peuple ; après son adieu chaleureux, certains juifs quittent l'Egypte le cœur lourd, prêts à regretter leur servitude à la moindre épreuve. C'est là, selon Rabbi Its'hak Haberman, le malheur qu'annonce Vayéhi. Le livre y voit le procédé du Yétser Hara, qui salue toujours avec un sourire celui qui croit s'en être libéré.

    Parachat Bechala'h · La Paracha – Séfer Chémot, p. 157-159

  6. Le pot de glace et la boîte d'allumettes : la barrière n'est pas une contrainte ajoutée

    Pour résister aux épreuves, il suffit parfois de ne pas s'en approcher : la Grande Assemblée conseille à chacun de se mettre des barrières. Qui grossit facilement ne s'isole pas avec un pot de glace, et l'on ne laisse pas d'allumettes à la portée des enfants ; ces barrières ouvrent les portes de la réussite.

    Chapitre I, Michna 1 · Pirké Avot — Tome I, p. 53-54

  7. Une brindille seule ne chauffe pas un four : les arguments du Saba de Novardok pour le groupe

    Pour le Saba de Novardok, élève de Rabbi Israël Salanter, le groupe réussit là où l'individu échoue, comme un tas de brindilles chauffe un four qu'une brindille seule ne chauffe pas. En groupe, l'enthousiasme se communique, on brave les moqueries, les épreuves deviennent un moteur, et un groupe entier ne se laisse pas séduire par la même chose.

    Chapitre I, Michna 6 · Pirké Avot — Tome I, p. 118-120

  8. Racha véTov Lo : l'impie prospère est un agent salarié

    Pour que le libre arbitre soit parfait, le mal doit avoir des agents : les Racha véTov Lo, ces impies à qui tout sourit. Selon les Commentateurs, ils sont nourris par le mal précisément parce qu'ils le font, afin de faire croire que le mal paye. Le Or'hot Tsadikim décrit ce qui arrive quand ils font Techouva.

    Chapitre I, Michna 10 · Pirké Avot — Tome I, p. 155

  9. « 'Hakhamim, c'est nous tous » : ce qui retient de faire Techouva

    Les « 'Hakhamim » de la Michna, ce sont, selon l'explication du livre, nous tous qui transmettons la Torah. Ce qui retient beaucoup de faire une Techouva parfaite n'est pas seulement la fainéantise : ce sont de faux principes intégrés malgré nous, des « on dit » et des histoires, alors que la vérité de la Torah se recherche à sa source.

    Chapitre I, Michna 11 · Pirké Avot — Tome I, p. 164

  10. Le Rambam : rien d'extérieur ne pousse jamais un homme à s'éveiller

    Pour le Rambam, rien d'extérieur ne pousse jamais un homme à s'éveiller : c'est pourquoi Hillel dit « si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? ». Le livre transpose cette idée à une société qui décide presque tout à notre place, et recommande de suivre non le courant imposé par la pression, mais celui choisi après réflexion.

    Chapitre I, Michna 14 · Pirké Avot — Tome I, p. 185-187

  11. Le 'Hida : parler peu POUR faire beaucoup, et le roi David qui cachait où il allait

    Selon le 'Hida, il faut parler peu pour faire beaucoup : dévoiler ses bonnes intentions attire le mauvais penchant, qui fera tout pour les faire échouer. Le Midrach Raba l'illustre par le roi David, qui annonçait chaque jour se rendre ailleurs, tandis que ses pas le menaient à la maison d'étude : il gardait ses projets secrets.

    Chapitre I, Michna 15 · Pirké Avot — Tome I, p. 194-195

  12. Cachériser sa cuisine un ustensile à la fois : la parabole du Saba de Novardok

    Changer par étapes revient à ne jamais changer, enseigne le Saba de Novardok : l'homme se définit par son aptitude à changer en un instant, et les préoccupations qui servent d'excuse ne finissent jamais. Celui qui cachériserait sa cuisine un ustensile à la fois échouerait, car chaque récipient neuf, mêlé aux anciens, redevient Taref comme eux.

    Chapitre II, Michna 5, partie 2, bloc 5 · Pirké Avot — Tome I, p. 301

  13. Le Techouva MiAhava : les « soucis » de la Michna sont ceux de la faute

    Pour le Techouva MiAhava, Rabbi Eleazar Fleklach, dans son Olat 'Hodech, les soucis qu'annonce Pirké Avot à qui multiplie les biens sont les tourments de l'âme de celui qui a fauté pour s'enrichir. La passion de l'argent entraîne vol, mensonge, médisance, faux serment, et finit par pousser l'homme vers des dieux étrangers, selon Ochea.

    Chapitre II, Michna 7, partie 1 · Pirké Avot — Tome I, p. 323

  14. La Michna glosée : trois choses qui « expulsent l'homme du monde »

    La glose de l'auteur lit « expulsent l'homme du monde » au sens physique : le mauvais œil, le mauvais penchant et la haine gratuite usent et détruisent le corps et l'âme, et provoquent une mort prématurée. Le mauvais œil y devient un acte : jalouser la richesse ou les enfants d'autrui et lui jeter un regard au pouvoir destructeur.

    Chapitre II, Michna 11 · Pirké Avot — Tome I, p. 429

  15. La Michna glosée : étudier avec précision, savoir répondre, et penser au salaire pour se motiver

    Une étude persévérante et précise permet de savoir répondre aux détracteurs, qui sinon trouvent des prétextes pour dénigrer la Torah, explique la glose de l'auteur. Bien qu'Antiguenos Ich Sokho interdise de servir pour un salaire, penser à la récompense promise par Rabbi Elazar reste permis pour se motiver face au mauvais penchant.

    Chapitre II, Michna 14 · Pirké Avot — Tome I, p. 450

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