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Parachat Choftim

Les 26 commentaires et histoires de Parachat Choftim dans La Paracha – Séfer Dévarim de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.

  1. Les railleurs sous les fenêtres du Roi David : « tes jugements Me sont plus chers que le Bet Hamikdach »

    Selon le Midrash Rabba, des railleurs se demandent, sous les fenêtres du Roi David, combien de temps il vivra encore, tant ils ont hâte de voir le Temple bâti. David se réjouit de leur empressement. Hachem lui promet que ses jours ne seront pas raccourcis, car ses jugements Lui sont plus chers que le Bet Hamikdach.

    p. 175

  2. Le Roi David paie de sa poche pour que sa propre sentence s'applique : rigueur et bonté

    Le Roi David associe rigueur et bonté : si le condamné ne peut pas payer, il dédommage l'innocent de son propre argent, puis explique clairement le verdict. On en déduit qu'un même sentiment peut s'exprimer de façon contradictoire, et Rabbi Israël Salanter l'applique au travail sur soi : fuir les honneurs pour soi, en prodiguer aux autres.

    p. 176-177

  3. Deux faux témoins soudoyés devant le Gaon de Vilna, qui les écoute les yeux fermés

    Selon le Gaon de Vilna, la Michna exige que les paroles des témoins « correspondent », et non qu'elles soient identiques, parce que chacun relate à sa manière ce qu'il a vu. Deux témoignages différents dans la forme mais semblables sur le fond se confirment ; deux récits identiques au détail près trahissent une leçon apprise par cœur.

    p. 177-178

  4. Pourquoi la Torah ne punit que le juge corrompu : la réponse de Rabbi Yossef Dov Soloveytchik à un juge russe

    Parce que le juge vit alors sous la menace permanente d'une dénonciation sans risque pour le corrupteur, la Torah ne punit que le juge corrompu, répond Rabbi Yossef Dov Soloveytchik à un juge russe qui y voyait une faiblesse. Une punition égale, au contraire, garantit au juge le silence de celui qui l'a soudoyé.

    p. 178-179

  5. Pourquoi les témoins sont les premiers bourreaux : parce que les avoir vus fauter les a déjà atteints

    Seuls les témoins connaissent la vérité absolue, explique le Rambam : c'est donc à eux d'appliquer la sentence. Le Ta'am véDa'at ajoute que voir fauter influence ; les témoins doivent déraciner la faute de leur propre cœur, sens allusif de « tu extirperas le mal du milieu de toi ». Personne n'est immunisé contre son entourage, surtout pas les enfants.

    p. 179-180

  6. Le magasin ouvert le Chabbat : Rabbi Eliaou Lopian et l'accoutumance à la faute

    L'habitude finit par éteindre l'indignation devant la faute, même chez un grand maître : le livre le montre par un épisode vécu par Rabbi Eliaou Lopian en Angleterre. Un Chabbat matin, il découvre un magasin ouvert portant une Mezouza à sa porte, et reste près d'une demi-heure devant la façade, profondément choqué.

    p. 180-181

  7. Lu selon le Drach : si la raison des malheurs d'Israël t'est cachée, elle est dans les querelles de tes portes

    Le Maguid de Kelem lit le verset sur les cas difficiles soumis au tribunal comme une réponse : si la raison du sang versé, des décrets et des infections qui frappent Israël te reste cachée, elle se trouve dans « les querelles de tes portes ». Toute haine gratuite et toute dispute entraînent souffrances et malheurs.

    p. 181

  8. Fuir la ville en pleine nuit à cause d'une dispute sur le Cho'hèt

    La paix est la meilleure des protections : le livre l'illustre par le récit d'une famille juive de Roumanie avant la Seconde Guerre mondiale. Le père, qui refuse d'entendre la moindre médisance, voit la dispute sur le choix d'un Cho'hèt embraser toute la ville, et décide un soir de tout quitter avec les siens pour échapper à la Ma'hloket.

    p. 181-183

  9. Le délateur qui demande à être enterré sur le ventre : Rav Moshé Feinstein et la dernière volonté d'un mourant

    Le verset ordonne de ne s'écarter ni à droite ni à gauche de ce qu'enseignent les Sages, même sans en saisir la raison. Le livre l'illustre par Rav Moshé Feinstein, Rav d'une petite communauté en Russie : un délateur mourant demande à être enterré sur le ventre en expiation, mais le Choul'han Aroukh interdit cette humiliation.

    p. 184-186

  10. Habiter là où habite son maître — mais seulement si l'on s'y soumet : le conseil de 'Hazal et sa seconde moitié

    Rabbi 'Hiya bar Ami, au nom de 'Oula, conseille d'habiter près de son maître : tant que Chim'i ben Guera vivait, le Roi Salomon s'est retenu d'épouser la fille de Pharaon. Mais une Braïta enseigne l'inverse, et le Talmud (Brakhot 8a) distingue : la proximité ne vaut que pour celui qui se soumet à l'autorité de son Rav.

    p. 186-187

  11. Le pauvre peut laisser sa porte ouverte : pourquoi la communauté qui n'édicte aucun règlement n'a rien à protéger

    Le Rav Chaoul Brakh, en Hongrie, répond à ceux qui contestent ses règlements par une comparaison domestique : plus on possède d'objets précieux, plus on se protège, tandis que le pauvre peut laisser sa porte ouverte. Une communauté qui n'édicte aucune règle n'a rien à garder ; celle qui détient le trésor de la Torah doit l'entourer de barrières.

    p. 187-188

  12. Rabbi Avich et le pauvre insatiable : jusqu'où va la foi dans les paroles des Sages

    Rachi enseigne de suivre les Sages même s'ils présentent la droite comme la gauche ; l'homme, explique le livre, reste guidé par des intérêts qu'il ne perçoit pas. Le livre l'illustre par Rabbi Avich, Av Bet Din de Frankfort, qui nourrit sans se fâcher un pauvre insatiable, fidèle à la Guemara : le pauvre ne sait pas combien il est affamé.

    p. 188-190

  13. Élire un Roi est une Mitsva, et pourtant Hachem se fâche quand on le demande : trois explications

    Élire un Roi est l'une des trois Mitsvot de l'entrée en Terre Sainte, et pourtant la demande du peuple irrite Chmouël et Hachem. Le Rambam y voit le rejet de Chmouël, jugé trop âgé ; le Or Ha'haïm Hakadoch, une confiance placée en un homme plutôt qu'en Hachem ; le Chla Hakadoch, un peuple qui veut commander à son Roi.

    p. 191-192

  14. Le Roi lit les pensées de ses sujets : comment Chmouël a pu aller oindre David sans que Chaoul le sache

    Le Roi d'Israël ressent chacun de ses sujets comme la tête ressent chaque membre, et le Baal Chem Tov rapporte au nom du Zohar qu'il connaît leurs pensées. Chmouël craint donc que Chaoul ne devine son projet d'oindre David. Hachem lui conseille de ne penser, en chemin, qu'à la génisse qu'il offrira vraiment.

    p. 193-194

  15. « Un Rabbi est un homme qui est le propriétaire de lui-même » : le visiteur du Or Haméïr

    Un Rabbi est un homme propriétaire de lui-même : le verset « tu placeras un Roi à ta tête » enseigne que chacun doit régner sur ses forces, son caractère et son comportement. Le livre l'illustre par un homme assailli de pensées étrangères jusque dans l'étude et la prière, que le Rabbi de Mèzritch envoie consulter l'auteur du Or Haméïr.

    p. 194-195

  16. La charrette pleine et la charrette à moitié vide : on ne s'enorgueillit pas d'une marchandise prise à crédit

    Le Maguid de Douvno compare l'homme doté de nombreux talents au commerçant qui repart de la foire avec une charrette pleine, sans avoir encore payé sa marchandise. Nul ne s'enorgueillit d'une dette : plus les talents reçus de Hachem sont grands, plus les obligations qui en découlent sont lourdes, et l'orgueil n'a donc aucune raison d'être.

    p. 195-196

  17. « Ce soldat est pour moi déjà mort » : le directeur de neurochirurgie refuse de se déplacer

    Les talents que Hachem accorde sont un mérite à mettre au service du Bien et non de l'ego, jamais pour dominer autrui. Le livre l'illustre par le témoignage d'un médecin de l'hôpital Tel Hachomer : un soldat grièvement blessé lui est amené par erreur, et le directeur de neurochirurgie refuse de s'en occuper sans même l'avoir vu.

    p. 196-197

  18. Pourquoi ouvrir une Yeshiva empêche les Rabbins de demain de trancher le Cachère par divination

    Sans Yeshiva, explique Rabbi Méïr Chapira, la génération suivante de Rabbins en viendrait à trancher la cacherout d'un gésier en ouvrant un livre au hasard, transgressant ainsi l'interdit de divination que Rachi, au nom de Rabbi Akiva, détaille. L'étude de la Torah reste le seul véritable antidote à l'impureté, d'où l'urgence d'ouvrir des Yeshivot.

    p. 198-199

  19. « Sois intègre avec Hachem ton D. » : une innocence due au Ciel, non aux hommes malhonnêtes

    Rachi explique que la Torah demande d'accepter avec amour et innocence tout ce que Hachem envoie, mais seulement « avec Hachem ton D. ». Avec les hommes, il faut au contraire de la sagesse pour ne pas être dupé, comme Yaacov face à Lavan. Le 'Hafets 'Haïm le rappelle à de jeunes étudiants dépouillés par des escrocs.

    p. 200-201

  20. « L'armée des Hébreux » tournée en dérision sur scène : la réponse de Rabbi 'Haïm de Brisk

    La Torah renvoie chez eux, avant la bataille, ceux qui ont bâti une maison, planté une vigne ou se sont fiancés, et celui dont le cœur est faible. Une pièce de théâtre tourne cette sélection en dérision ; Rabbi 'Haïm de Brisk, selon Rabbi Baroukh Beer de Kamenits, ne réfute rien et relève qu'il manque la fin de l'histoire.

    p. 202-203

  21. De quoi a peur celui qui a peur ? La faute d'avoir parlé entre le Tefillin du bras et celui de la tête

    Dans Sota 44a, Rabbi Akiva voit en celui qui a peur l'homme effrayé par l'épée, Rabbi Yossé Haglili et Rabbi Yossé celui qui craint ses fautes, comme avoir parlé entre les deux Tefillin. Le bras figure la force physique, la tête la spiritualité : les séparer, c'est croire que la victoire vient de son bras, non de l'aide Divine.

    p. 203-205

  22. Trois lois ajoutées pour qu'un seul homme ne soit pas démasqué : « Oh, tu sais, il a sans doute planté une vigne ! »

    Rabbi Yossef Leib Nindik explique, d'après Rachi, que la Torah exempte de guerre celui qui a planté une vigne, bâti une maison ou vient de se marier uniquement pour couvrir celui qui a peur à cause de ses fautes. Sans ces trois lois, le pécheur serait démasqué : la Torah, si concise, ajoute des versets pour préserver son honneur.

    p. 205-206

  23. Rabbi El'hanan Wasserman et le Rav d'une petite communauté contesté par ses opposants

    Préserver l'honneur de son prochain peut demander de sacrifier le sien. Le livre l'illustre par Rabbi El'hanan Wasserman : consulté par les opposants du Rav d'une petite communauté d'Europe de l'Est, qui avait tranché par erreur contre le Choul'han Aroukh sur une question simple, il comprend que sa réponse pourrait coûter sa place au Rav.

    p. 206-207

  24. Tou Bichvat, Chavouot et une inversion des coutumes : Rabbenou Yoël miSatmar en tire une règle d'éducation

    Rabbenou Yoël miSatmar relève qu'à Tou Bichvat, jour où les arbres sont jugés, on honore les fruits, et qu'à Chavouot, jour où les fruits sont jugés, on décore de branches. Les arbres figurent les parents et les fruits les enfants : chacun est jugé à travers l'autre, ce qui fonde une règle d'éducation.

    p. 208-209

  25. Pourquoi celui qui ne raccompagne pas son invité est considéré comme un meurtrier

    Parce qu'un homme a mille fois plus besoin de se sentir important que d'être nourri, explique Rabbi Daniel Movchchovits de Kelem, l'invité qu'on ne raccompagne pas part diminué et n'aura plus la force de se défendre face à un meurtrier. Celui qu'on raccompagne se sait aimé et lutte. D'où l'aveu des Anciens dans la loi d'Egla Aroufa.

    p. 210-211

  26. L'âme s'appelle Cavod : respecter son prochain, c'est reconnaître son âme

    Rav Wolbe explique que l'âme est appelée Cavod, respect, dans la Langue Sainte. Respecter son prochain revient donc à reconnaître son âme, créée à l'image de D. C'est pourquoi faire pâlir de honte le visage d'autrui relève de l'interdiction de tuer, tandis que l'honorer éveille son âme et lui donne la force de grandir.

    p. 211

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