Index Géant · Pirké Avot — Tome I
Chapitre I, Michna 6
Les 16 commentaires et histoires de « Chapitre I, Michna 6 » dans Pirké Avot — Tome I de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.
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« Fais-toi » un Rav mais « acquiers-toi » un compagnon : pourquoi le verbe change, et ce que ça coûte
La Michna dit « fais-toi » pour le Rav et « acquiers-toi » pour le compagnon, car il est interdit d'enseigner la Torah pour de l'argent : un terme d'acquisition ne convient pas au Maître. L'ami, lui, se gagne au prix d'argent, de temps et d'efforts. Le Sfat Emet ajoute qu'il faut juger chacun sur l'ensemble de son comportement.
p. 110
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Pourquoi la Michna ne dit pas « fais-toi un GRAND Rav » : l'essentiel n'est pas ce qu'il dit, c'est de qui il a reçu
La Michna ne précise pas « un grand Rav », car l'essentiel n'est pas ce que dit le Rav, mais de qui il a reçu. Un discours séduisant ou révolutionnaire ne prouve rien : pas tout ce qui est parole de Torah est Torah. Il faut d'abord savoir s'il a étudié auprès des grands Maîtres ou s'il est autodidacte.
p. 111-112
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Rabbi Eliézèr ne disait rien qu'il n'ait entendu de son Maître, et il a dit ce que nulle oreille n'avait entendu
Rabbi 'Haïm Chmoulevitch résout une contradiction apparente : Rabbi Eliézèr, qui ne rapportait rien qu'il n'ait entendu de son Maître, a pourtant dit des paroles jamais entendues, mais son Maître les aurait dites s'il avait été là. Le disciple parfait intègre le système de pensée de son Maître au point de juger si sa Torah est celle de son Maître.
p. 112-113
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« Fais DE TOI un Rav » : enfiler le costume pour ne pas fauter
« Fais-toi un Rav » se lit aussi « fais de toi un Rav ». Pour Rabbenou ha'Hida, même l'homme humble doit parfois endosser ce rôle pour faire une remontrance ou une réparation. Le Moussar Avot y voit un remède contre la faute : face à l'épreuve, se demander si un tel comportement convient au statut de Rav.
p. 113-114
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« Façonne-toi un Rav » : le dirigeant est à la mesure de sa génération, et réciproquement
Le verbe « fais » signifie aussi « façonne » : selon 'Hazal (Erkhin 17a), le dirigeant est à la mesure de sa génération. En s'élevant et en se sanctifiant, chacun élève son Rav, explique le Maguen Avot. Et comme la génération est aussi à la mesure de son dirigeant, aider son Rav à grandir revient à s'élever soi-même.
p. 114
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« De ce qui est à toi, fais un Rav » : finance un érudit, et sa Torah devient la tienne
Selon le Dorèch LéPraqim, « fais-toi un Rav » veut dire : de ce qui est à toi, fais un Rav, en soutenant financièrement un Talmid 'Hakham. Toute la Torah qu'il étudie devient aussi celle de son soutien, qui acquiert ainsi un compagnon dans le Monde Futur ; et le mérite de ce Tsadik fait juger favorablement le monde entier.
p. 115
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Fais de ton ami un Rav : l'orgueil est la seule barrière à l'amitié
Ce qui empêche de se faire un ami sincère, c'est en général l'orgueil, ou plutôt « nos » orgueils : chacun veut prouver qu'il est supérieur à l'autre. Le Knesset Israël lit donc la Michna comme une méthode : faire de son ami un Rav, l'honorer et écouter ses conseils comme un disciple honore son Maître.
p. 115-116
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חבר, חרב, ברח, בחר, רחב : l'anagramme du Chlah Hakadoch, et le compagnon qui devient une épée
Selon le Zohar, c'est un bon compagnon, sur qui repose la Présence Divine, et son amitié vaut de grandes sommes d'argent. Le Chlah Hakadoch permute les lettres du mot hébreu « compagnon » : un mauvais ami devient « épée », qu'il faut « fuir » ; le bon, il faut le « choisir » et s'y « lier ».
p. 116-117
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La 'Haboura : douze Cabalistes signent un contrat d'amitié, et le 'Hida est parmi eux
Acquérir un compagnon renvoie aussi à la 'Haboura, le groupe de travail dans le Service Divin. Le livre en donne un modèle ancien : le « 'Hevrat Ahavat Chalom » de Rabbi Chalom Charabi, formé de douze Cabalistes de la Yechiva de Beit-El, dont le 'Hida et Rabbi Yom Tov Elgazi, liés par un règlement d'amitié signé.
p. 117-118
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Une brindille seule ne chauffe pas un four : les arguments du Saba de Novardok pour le groupe
Pour le Saba de Novardok, élève de Rabbi Israël Salanter, le groupe réussit là où l'individu échoue, comme un tas de brindilles chauffe un four qu'une brindille seule ne chauffe pas. En groupe, l'enthousiasme se communique, on brave les moqueries, les épreuves deviennent un moteur, et un groupe entier ne se laisse pas séduire par la même chose.
p. 118-120
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Juger favorablement n'est pas une amabilité : sans cela, « tu aimeras ton prochain » est inaccomplissable
Juger favorablement découle de l'ordre « avec justice tu jugeras ton prochain », lui-même lié à « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Selon le Bi'our HaGr'a et le Yéssod VeChorèch Ha'Avoda, juger défavorablement fait naître du ressentiment, puis une forme de haine : c'est donc pour parvenir à l'amour du prochain qu'il faut le juger favorablement.
p. 120-121
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« Tout ce qui est interdit existe en permis » : à quoi sert un esprit tordu
Selon 'Hazal, tout ce qu'Hachem a interdit existe en permis ; au nom du Rabbi de Kotsk, même l'esprit tordu trouve son usage, pour juger favorablement un acte déplorable en imaginant le scénario le plus abracadabrant. Ce n'est pas un mensonge, explique le Yessod VéChorèch Ha'Avoda : même celui qui se trompe ainsi accomplit la volonté du Créateur.
p. 121-122
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Même si tu sais avec certitude : Hachem sonde les cœurs et « fait mine » de les ignorer
Même celui qui sait avec certitude qu'un homme a mal agi, avec une mauvaise intention, doit le juger favorablement, selon l'Igueret DeKala. La raison : « Et tu marcheras dans Ses voies » (Devarim 28 ; 9). Hachem, Qui sonde les cœurs, connaît les intentions des hommes et « fait mine » de les ignorer pour les juger favorablement.
p. 122-123
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« Celui qui juge favorablement sera jugé favorablement » : comment, sans qu'Hachem déforme les faits
Hachem ne déforme jamais les faits : celui qui a menti a réellement menti. Mais, explique Rabbi 'Haïm Friedlander, il existe toujours des circonstances et des éléments qui permettent d'orienter autrement le jugement. Selon 'Hazal (Chabbat 127b), celui qui juge favorablement sera jugé favorablement : chacun fixe, par sa façon de juger autrui, les règles de son propre jugement.
p. 123
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À quoi ça sert de juger favorablement, si je ne dis rien à personne ? Trois raisons, dont un renvoi au chapitre II
Juger mentalement son prochain n'est pas sans conséquence, même sans médire de lui. Selon une Dracha de Rabbi David Kranglass rapportée dans le MiChèl Avot, cela touche à l'amour du prochain, à notre propre jugement, et à la formation d'un Lèv Tov, un bon cœur, que l'on atteint par un Sékhèl Tov, un intellect tourné vers la bonté.
p. 124
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Le Chekel du Ktav Sofèr disparaît : un vieil érudit demande par trois fois quinze minutes
Juger tout homme favorablement vaut dans tous les cas, même les plus extrêmes, enseigne le Ktav Sofèr à l'issue d'un épisode vécu lors d'une Séouda réunissant de grands Rabbanim. Un Chekel de l'époque du Temple, transmis dans sa famille depuis des générations, y disparaît, et un vieil érudit, élève du 'Hatam Sofèr, demande de différer la fouille des poches.
p. 125-128