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Parachat Chémot

Les 30 commentaires et histoires de Parachat Chémot dans La Paracha – Séfer Chémot de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.

  1. Pourquoi Israël devait souffrir en Egypte avant de recevoir la Torah : l'orphelin gâté et l'inconnu reconnaissant

    Le Ben Ich 'Haï explique que nul ne sait remercier pour ce qui lui semble dû. Restés en Canaan, les enfants d'Israël auraient trouvé naturelles les bontés divines ; l'esclavage leur apprend qu'ils ne possèdent rien. Le livre en tire que cette humilité leur était nécessaire pour apprécier et recevoir la Torah.

    p. 3-7

  2. « Voici les NOMS des enfants d'Israël » : seuls leurs noms sont descendus en exil, leur être est resté libre

    Selon le Rav Yéhouda Leïb Feïn, la Torah parle des « noms » des enfants d'Israël parce que seuls leurs noms sont inscrits parmi les exilés d'Egypte. Attachés à D. et à Sa Torah, ils restent intérieurement libres, car il n'y a pas d'homme plus libre que celui qui s'adonne à l'étude de la Torah.

    p. 8-9

  3. Le mérite des femmes juives : poissons miraculeux et enfants sauvés par des anges

    Rabbi Akiva enseigne que la délivrance d'Egypte vient du mérite des femmes juives. Elles apportent à leurs maris épuisés aux champs de l'eau où se trouvent miraculeusement de petits poissons, et les réconfortent sans jamais se laisser abattre par la misère ni par le décret de mort sur leurs fils. Ce don de soi sauve leurs enfants.

    p. 9-10

  4. Pourquoi ce verset utilise « pullulé », terme péjoratif employé pour les reptiles : la Torah de Yaacov abandonnée après la mort de Yossef

    Selon le Lev Chalom, le verbe « pulluler », habituellement employé pour les reptiles et les insectes, décrit les enfants d'Israël après la mort de Yossef et de sa génération. Privés d'anciens, ils sortent de Gochène, où Yaacov avait fait préparer une maison d'étude selon Rachi, et envahissent le pays ; le Midrash rapporte qu'ils annulent la Brit Mila.

    p. 10-14

  5. « Un nouveau roi qui n'avait pas connu Yossef » : opprimer Israël ne fait que l'élever

    Selon le Mayana Chel Torah, le nouveau Pharaon, s'il avait connu l'histoire de Yossef, aurait compris que tous ceux qui avaient voulu l'opprimer ou le tuer avaient échoué, et que D. l'avait élevé par ces épreuves. Il aurait dû épargner les enfants d'Israël, car c'est « grâce » à l'oppression qu'ils sont devenus un peuple et ont grandi.

    p. 14

  6. « Parekh » (avec dureté) : la ruse des paroles douces de Pharaon

    Décomposé en « Pa-Rekh », le mot signifie « bouche douce » : selon le Talmud (Sota 11a-b), au nom de Rabbi Eléazar, Pharaon asservit d'abord les juifs par des paroles douces. Il se présente lui-même au champ, une brique au cou, puis les paroles se muent peu à peu en travail forcé, quotas de briques et coups de fouet.

    p. 14-16

  7. Pourquoi « il dit » est répété deux fois avant l'ordre de tuer les nouveau-nés : Chifra et Poûa, fonctionnaires piégées

    Rabbi Eliaou 'Haïm Mizel explique, au nom de Rabbi Itsélé de Vologine, que le premier « il dit » correspond à une nomination : Pharaon fait de Chifra et Poûa les « Représentantes des sages-femmes juives auprès du roi », avec statut et salaire. Employées du royaume, elles reçoivent ensuite l'ordre de tuer les nouveau-nés mâles.

    p. 16-18

  8. « Pharaon est le Yétser Hara » : du fil d'araignée à la corde de charrette

    Le Rambam écrit que Pharaon est le Yétser Hara. Selon Rav Assi, celui-ci ressemble d'abord à un fil d'araignée, puis à une corde de charrette : il commence par une faute minime, « juste une fois », avant d'en faire un mode de vie. Pharaon procède de même, imposant l'esclavage pas à pas, concession après concession.

    p. 18-20

  9. Pharaon donne à Yokhévède et Miriam des noms égyptiens pour étouffer leur identité, sans savoir que ces noms ont un sens en hébreu

    Selon le Mayana Chel Torah, Pharaon donne à Yokhévède et Miriam des noms égyptiens pour étouffer leur nature juive, sachant que le nom renferme l'essence. Mais Chifra et Poûa ont un sens hébraïque, « être beau » et « s'exclamer », qui désigne les soins qu'elles prodiguent : l'une embellit les nouveau-nés, l'autre les apaise de sa voix.

    p. 21-22

  10. Pourquoi la naissance de Moshé, d'une mère de 130 ans, passe presque inaperçue, contrairement à celle d'Its'hak, d'une mère de 90 ans

    Le Maguid de Douvno explique que la naissance de Moshé, conçu par Yokhévède à cent trente ans, n'est qu'un petit miracle au regard des prodiges quotidiens vécus par les femmes des Hébreux, qui enfantent six bébés à la fois. Au temps de Sarah, chaque naissance suivait la nature, ce qui rendait exceptionnelle celle d'Its'hak.

    p. 23-24

  11. Batia ignorait qui elle sauvait : le Maguid de Douvno et l'aveugle en haillons

    En tendant le bras vers le panier, la fille de Pharaon ignore qu'elle sauve le futur libérateur du peuple élu, le père des prophètes. Batia ne pouvait imaginer qu'elle serait éternisée pour ce geste. Le livre en tire, avec une histoire du 'Hafets 'Haïm, une leçon aux parents : mettre tout leur cœur à éduquer leurs enfants.

    p. 24-26

  12. Moshé refuse le lait des nourrices égyptiennes : chaque enfant juif peut être appelé à converser avec la Chékhina

    Rachi rapporte que Moshé refuse de téter des Egyptiennes, car il est destiné à parler avec la Chékhina. Le Rama enseigne d'éviter, quand c'est possible, le lait d'une non-juive, pourtant permis. Rabbi Yaacov Kaminetsky en donne la raison : chaque enfant juif peut être appelé à converser avec la Chékhina, et ses parents doivent l'éduquer en conséquence.

    p. 26-27

  13. « Il vit leurs souffrances » : voir la douleur d'autrui doit entraîner l'action, jamais la passivité

    Rachi explique que Moshé « vit » leurs souffrances en s'y appliquant de tous ses yeux et de tout son cœur, et le Midrash rapporte qu'il pleurait en les voyant et regrettait de ne pas souffrir à leur place. Celui qui voit la douleur de son prochain et reste passif est cruel : voir doit entraîner la compassion et l'action.

    p. 28-29

  14. Pourquoi Rachi choisit, parmi toutes leurs fautes, d'identifier Dathan et Aviram par la manne mise de côté : démasquer les faux idéalistes

    Rachi identifie les deux Hébreux en querelle comme Dathan et Aviram, ceux qui gardèrent de la manne malgré l'interdiction. Cet acte, sans public ni cause à défendre, révèle que leurs prises de position d'apparence idéaliste ne sont motivées que par la jalousie envers Moshé et Aharon, et par le rejet du joug de D.

    p. 29-32

  15. Soixante ans résumés en un demi-verset : Moshé ne regretta jamais d'avoir défendu la vérité, quel qu'en soit le prix

    Rabbi Chalom Chvadron s'étonne que soixante ans de la vie de Moshé, calculés par le Ramban, tiennent en un demi-verset. Après avoir fui pour avoir défendu un esclave hébreu, Moshé défend encore les filles de Yitro sans hésiter : la Torah résume ces années pour montrer qu'aucun prix ne le fit renoncer à la vérité.

    p. 32-34

  16. « Ainsi la chose est connue » : la médisance ouvre la bouche du Satan

    Selon le Midrash, l'exclamation « Ainsi la chose est connue » signifie que Moshé comprend enfin pourquoi Israël subit une servitude si cruelle : la délation. Le Zohar Hakadoch explique que la médisance ici-bas permet à l'accusateur céleste de parler ; malgré leurs autres fautes, le Satan restait bouche fermée tant qu'aucun Lachone Hara n'était commis.

    p. 34-35

  17. La mort du roi n'apporte aucun soulagement : la « bonté » des nations, un leurre

    Tant que vivait l'ancien roi, les enfants d'Israël espéraient un successeur moins cruel. Découvrant que le nouveau l'est tout autant, ils sont anéantis au point d'implorer enfin D. Le livre en tire, avec Rabbi Baroukh Ber Leïbovitch, que la bonté apparente des nations n'est qu'un leurre passager.

    p. 35-36

  18. Le buisson brûle sans se consumer : Israël souffre mais ne sera jamais anéanti

    Selon le Midrash Rabba, Moshé craint que les enfants d'Israël, tombés après 210 ans d'exil à la 49ᵉ porte de l'impureté, ne soient anéantis spirituellement. Le buisson qui brûle sans se consumer lui répond : de même, les Egyptiens ne pourront jamais anéantir Israël, une vérité que le livre étend à toute l'histoire juive.

    p. 37-38

  19. « Je veux m'approcher et examiner » : même prêt pour la prophétie, Moshé doit fournir un effort

    Moshé est déjà prêt à recevoir la prophétie, mais D. veut qu'il fournisse un effort, même infime, pour la mériter : selon Rabbi Yo'hanan, il fait trois pas ; selon Rèch Lakich, il tend seulement le cou. Rabbi Aharon Kotler en tire que l'homme qui ne peine pas ne peut rien recevoir de ce que D. lui réserve.

    p. 38

  20. « D. l'appela DU SEIN du buisson » : Il ne descend pas, c'est nous qui devons Le chercher partout

    Le Michoul'han Gavoha relève qu'il n'est pas écrit que la Présence Divine descendit dans le buisson, mais que D. appela Moshé « du sein du buisson ». D. Se trouve en effet partout, et ce sont nos yeux de matière qui ne Le voient pas : en élevant notre regard comme Moshé, nous verrions des miracles à chaque pas.

    p. 38-39

  21. « Ôte ta chaussure » : le corps, simple chaussure de l'âme

    Le Malbim explique que le corps habille l'âme comme la chaussure habille le pied : D. demande à Moshé d'ôter les pulsions qui couvrent son âme. Rabbi 'Haïm de Vologine précise que la chaussure n'habille que le bas du pied, comme le corps n'est que l'extrémité basse d'une âme dont l'essentiel vient de sa racine céleste.

    p. 39

  22. « Sol sacré » : D. veut être servi précisément dans l'épreuve que l'on traverse, pas après

    Le 'Hafets 'Haïm enseigne que « l'endroit que tu foules est un sol sacré » vaut précisément dans la situation difficile où l'on se trouve. Loin d'en être dispensé, c'est dans l'épreuve que l'homme doit étudier et accomplir les Mitsvot, car D. désire y être servi, et chaque épreuve devient un tremplin d'élévation.

    p. 40

  23. Les Sages devant le roi, leurs chaussures sous les aisselles

    Le Mayan Hachavoua rapporte que les Caraïtes, secte rejetant la Torah orale, prétendaient devant un roi être les seuls vrais juifs. Convoqués pour se justifier, les Sages se présentent au palais avec leurs chaussures cachées sous leurs aisselles, et l'explication qu'ils donnent de cet usage amène les Caraïtes à dévoiler eux-mêmes le mensonge de leur prétention.

    p. 40-41

  24. « Qui suis-je ? » : l'humilité de Moshé est elle-même la preuve de son élection

    D. répond à Moshé, qui demande « Qui suis-je ? », que ce doute même prouve son élection : c'est par son humilité qu'il a été choisi. Selon le Midrash, D. donne pour la même raison la Torah sur le Mont Sinaï, petit et bas, plutôt que sur les Monts Tavor ou 'Hermon, plus élevés.

    p. 41-43

  25. « Que leur dirai-je ? » : le jeune Rav Bunem et les sonneurs de chofar du Rav de Pschis'khe

    Le livre rapporte que le jeune Rav Bunem, ne sachant pas sonner du chofar, se glisse parmi les sonneurs réunis par le saint Rav de Pschis'khe et se voit désigné. Réprimandé pour avoir trompé son maître, il invoque Moshé, qui demanda à D. Son Nom pour le transmettre au peuple avant de se dire incapable d'accomplir sa mission.

    p. 43

  26. « Ehié Acher Ehié » : un nom qui annonce déjà la Téchouva à venir d'Israël

    Selon le Maor Véchémèch, le Nom « Ehié », « Je serai », est une expression de Téchouva : « ce qui était était, et dorénavant j'améliorerai ma voie ». En Se nommant ainsi devant Moshé, D. annonce qu'Il ramènera Lui-même les enfants d'Israël à la Téchouva, pour les rendre aptes à être délivrés.

    p. 44

  27. « Ils ne me croiront pas » : Moshé veut tracer un chemin de délivrance valable même pour les générations sans foi

    Le Sfat Emeth explique que Moshé ne dénigre pas les enfants d'Israël en disant qu'ils ne le croiront pas. Sachant que l'exil d'Egypte est la racine de tous les exils, et sa délivrance celle de toutes les délivrances, il veut tracer un chemin qui permette aux générations futures d'être délivrées même sans être croyantes.

    p. 45

  28. « J'ai la bouche lourde » : trente minutes de détour avec Rabbi 'Haïm Ozer

    Le livre rapproche la « bouche lourde » de Moshé d'un geste de Rabbi 'Haïm Ozer Grodzinsky, Rav de Vilna. Abordé par un passant bègue qui cherche une rue éloignée, il l'accompagne lui-même près de trente minutes malgré ses difficultés à marcher, pour épargner à ce juif la honte de répéter sa question à d'autres.

    p. 45-46

  29. « A ta vue il se réjouira dans son cœur » : la sortie d'Egypte suspendue à un seul détail, la joie fraternelle d'Aharon

    Le Rav Tsvi Kushelevsky explique que la joie d'Aharon à l'élection de son jeune frère lui aurait semblé un détail insignifiant au regard d'une vie consacrée à la paix. Or toute la délivrance en dépendait : Moshé refusait sa mission par crainte de vexer Aharon, et D. dut l'assurer que son frère s'en réjouirait.

    p. 46-48

  30. « Tous ceux qui en veulent à ta vie sont morts » : devenus pauvres, donc déjà considérés comme morts

    Rachi explique que ceux qui en veulent à la vie de Moshé sont dits « morts » parce qu'ils sont devenus pauvres, et qu'un pauvre est considéré comme mort. Il le déduit du présent « qui en veulent » : ils sont donc vivants. Selon une note du livre, certains Hébreux avaient, malgré l'esclavage, obtenu des postes importants.

    p. 49

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