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Parachat Ki Tissa

Les 21 commentaires et histoires de Parachat Ki Tissa dans La Paracha – Séfer Chémot de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.

  1. « Quand tu élèveras la tête des enfants d'Israël » : pourquoi Rabbi Its'hak Michnkiz faillit s'évanouir en voyant entrer deux négociants en bétail

    L'homme ressemble à ses pensées, enseignent les Sages : interrompu en pleine étude, Rabbi Its'hak Michnkiz vit d'abord deux négociants en bétail sous la forme de ce qui occupait leur esprit. Le Or Ha'haïm lit dans « quand tu élèveras la tête des enfants d'Israël » l'appel à élever le niveau spirituel au-dessus des soucis matériels.

    p. 361-363

  2. Comment peut-on être coupable de fabriquer une huile qui ne se fabrique que par miracle ? La réponse du Rav Chakh : le fauteur bénéficie du miracle lui aussi

    Si la Torah interdit de fabriquer l'huile d'onction, répond le Rav Chakh à Rabbi Yaacov Stephansky, c'est qu'il est possible de la fabriquer : le miracle se produirait aussi pour le fauteur. Le Tomer Dvora en donne le fondement : toute faute n'est commise qu'avec les forces que D. continue d'accorder, tel un roi offensé qui supporte l'affront.

    p. 363-365

  3. La 'Helbena, épice malodorante du Kétoret : la réponse du 'Hatam Sofer au Maskil qui voulait compléter le Minian

    La Kétoret, brûlée chaque jour sur l'autel d'or, comptait onze épices, dont la 'Helbena, qui sentait mauvais. Un Maskil, que le 'Hatam Sofer refusait de compter dans le Minian à cause de ses opinions, invoqua cette épice ; le 'Hatam Sofer répondit que c'était justement pour cela qu'elles étaient onze.

    p. 365

  4. « Kékhalotho » lu « Kékhalato » : la Torah donnée en cadeau comme une épouse à l'époux — et l'écharpe que Rabbi Shimon Sofer prêta pour une nuit

    Rachi relève que kékhalotho, écrit sans Vav, se lit aussi kékhalato, « comme sa nouvelle épouse » : ne pouvant tout étudier en si peu de temps, Moshé reçoit la Torah en cadeau, comme l'épouse est donnée à l'époux. Rabbi Shimon Sofer, rav de Cracovie, attribue la guérison d'un enfant asthmatique au mérite de la peine dans l'étude.

    p. 366-367

  5. Comment une génération aussi prestigieuse a-t-elle pu fabriquer une idole ? Le Satan n'a ni menti ni triché : son seul champ d'action est notre imagination

    Selon la plupart des commentateurs, le peuple ne renie pas D. : il croit à tort que Moshé détenait une force divine et cherche un autre support pour la recevoir. Le Satan, lui, ne trompe pas : il n'agit que sur l'imagination et ne s'engouffre que là où l'homme doute déjà.

    p. 368-371

  6. Pourquoi Moshé brisa les Tables au lieu de les poser à terre : aucun objet saint n'a de sainteté propre, tous ne sont que des miroirs de la Torah

    Moshé comprend que la faute vient d'avoir prêté une sainteté divine à un objet matériel : il brise les Tables pour qu'on ne leur attribue pas à leur tour une sainteté propre. Le Mechekh 'Hokhema enseigne en effet que nul objet, lieu ou personne n'est saint par lui-même ; toute sainteté provient de la Torah.

    p. 372-373

  7. Le dilemme d'Aharon : fabriquer l'idole ou se laisser assassiner — et le prix du sang d'un seul prophète, révélé par le sang de Zékharia qui bouillait encore des siècles plus tard

    Aharon, qui vient de voir 'Hour assassiné, choisit de fabriquer l'idole : l'idolâtrie laisse place à la Téchouva, alors que le meurtre d'un homme à la fois prophète et Cohen aurait provoqué une foudre divine sans précédent. Le livre mesure ce dilemme à l'aune du sang de Zékharia, dont la Guemara (Guitine 57) dit qu'il bouillit des siècles.

    p. 373-377

  8. La récompense d'Aharon : la prêtrise — la parabole de l'éducateur qui réclame l'épée du fils du roi

    Hachem, qui sonde les cœurs, récompense Aharon par la prêtrise, car il a agi pour protéger le peuple. Le Midrash le compare à l'éducateur qui demande au prince de lui remettre l'épée destinée au roi, et dont la récompense répond terme à terme aux privilèges de la prêtrise.

    p. 377

  9. Et la récompense de 'Hour, tué pour avoir refusé : son petit-fils Bétsalel, choisi à treize ans pour bâtir le sanctuaire

    Hachem dit à Moshé « Vois, J'ai appelé au nom de Bétsalel, fils de Ouri, fils de 'Hour » pour lui faire voir qu'Il choisit le petit-fils de 'Hour, mort en Kidouch Hachem. Ce choix d'un jeune homme de treize ans enseigne que celui qui se donne de tout cœur, avec une intention pure, mérite d'extraordinaires récompenses.

    p. 378

  10. Le décret d'étudier la Torah dans la douleur, et le pied de table en or que la femme de Rabbi Chimon ben 'Halafta exigea de rendre

    Selon le Midrash, après la faute du veau d'or, il est décrété que la Torah s'étudiera dans la douleur, l'errance et le dénuement, mais que D. en paiera le salaire. La récompense est fonction de la peine : Avot déRabbi Nathan enseigne qu'une Mitsva accomplie dans la peine est supérieure à cent faites sans peine.

    p. 378-380

  11. Moshé retenant les Tables contre les soixante-dix anciens pour ne pas les donner : le premier réflexe d'un vrai berger est de protéger son peuple — et la réaction de Rabbenou Yoel de Satmar face à un solliciteur

    Selon le Midrash, Moshé, voyant le veau d'or, refuse de donner les Tables au peuple pour ne pas le rendre condamnable, et les retient contre les soixante-dix anciens réunis. Hachem choisit un tel berger parce que sa première réaction est d'avoir pitié de son peuple et de chercher à le sauver, quoi qu'il ait fait.

    p. 381-383

  12. « Tu Me verras par derrière, mais Ma face ne peut être vue » : pourquoi le peuple qui dit « il est vain de servir D. » demande ensuite sincèrement « en quoi avons-nous parlé contre Toi ? »

    Rabbi 'Haïm Kaniéwsky explique que, dans le verset de Malakhi, le peuple ne renie pas le service divin : il décrit honnêtement la période du Ester Panim, où les prières semblent sans réponse. Hachem lui reproche de ne pas chercher le bien, car Ses bontés ne cessent jamais, même lorsqu'Il voile Sa face.

    p. 384-386

  13. Its'hak Salotsky face au commandant nazi : la condition impossible pour retrouver sa sœur

    Après un accident d'enfance dans la boulangerie paternelle, Its'hak Salotsky avait reçu dans la paume une greffe de chair prise sur une zone velue. Pendant la Shoah, un commandant nazi, croyant poser une condition impossible, exigea de voir des poils dans sa paume pour lui rendre sa sœur : la disgrâce d'hier était une bonté du Créateur.

    p. 386-388

  14. Pourquoi les Dix Commandements de Yitro et ceux de Vaét'hanan ne sont pas formulés à l'identique : « Souviens-toi » était gravé sur les premières Tables, « Garde » sur les secondes

    Selon 'Hazal, Yitro donne le texte des premières Tables et Vaét'hanan celui des secondes. Avant le veau d'or, Israël, purifié de la faute d'Adam, ne peine plus pour vivre : la semaine ressemble au Chabbat, qu'il faut seulement se rappeler. Après la faute, le labeur revient, et le Chabbat, rattaché à la sortie d'Egypte, doit être gardé.

    p. 389-392

  15. Pourquoi la Torah devait mentionner explicitement l'interdiction d'allumer le feu le Chabbat, alors qu'elle fait déjà partie des trente-neuf travaux

    Le Tiferet Yehonathan explique que, sur les premières Tables, le Chabbat est rattaché à la Création ; or le feu, créé après le Chabbat, d'où sa bénédiction à la Havdala, aurait pu sembler permis. Dans Devarim, où le Chabbat est aussi rattaché à la sortie d'Egypte, l'interdiction n'est plus mentionnée : nul ne songerait plus à la permettre.

    p. 392-393

  16. Aba Goulich, le prêtre de Damas devenu juif à Tibériade, et l'argent des pauvres

    Rabbi Pin'has rapporte qu'Aba Goulich, prêtre idolâtre de Damas guéri après avoir prié Hachem, se convertit à Tibériade et devint parnass des pauvres. Pour avoir volé l'argent de la Tsédaka, il perdit un œil, puis l'autre, et reconnut publiquement que l'Eternel voit tout, contrairement à l'idole qu'il avait elle aussi volée sans qu'elle le voie.

    p. 394-395

  17. « Béni sois-Tu… qui ne m'a pas fait idolâtre ! » : la bénédiction d'un homme devant sa maison en flammes

    Un juif dont la maison prend feu bénit D. de ne pas l'avoir fait idolâtre, et explique à ceux qui le croient devenu fou que, idolâtre, il aurait vu brûler ses dieux et aurait dû les sauver lui-même ; juif, il sait que c'est Hachem, le D. vivant, qui l'aide et le protège.

    p. 395

  18. « Celui qui dénigre les fêtes, c'est comme s'il avait servi des dieux étrangers » : pourquoi le Rav Chakh fit venir un artisan pendant 'Hol Hamoed pour réparer une porte de réfrigérateur

    Le Rav Chakh avait entendu un homme crier dans la rue qu'il cherchait du travail pour manger le jour même ; or, explique-t-il, un ouvrier sans subsistance du jour peut travailler même à 'Hol Hamoed. Peu lui importait la porte du réfrigérateur : l'essentiel était que cet homme ait de quoi manger.

    p. 395-396

  19. Le veau premier-né qu'un membre de kibboutz refusa d'enterrer

    Un membre de kibboutz non religieux refuse d'enterrer, comme le lui demandent les Rabbanim, un veau premier-né mort avant la vente prévue, et le jette sur le talus où les bêtes sauvages dévorent ses animaux morts. Une semaine plus tard, toutes les carcasses ont disparu, sauf celle du premier-né, intacte ; l'homme finit par faire Téchouva.

    p. 397-398

  20. La marmite du mariage et le pot de lait renversé : comment Rabbi Chmouël Salant put permettre un plat qui semblait interdit

    Rabbi Chmouël Salant fit venir le laitier et obtint, sous promesse de secret, l'aveu qu'il coupait son lait à l'eau : refait avec cette proportion, le calcul montrait que le lait tombé dans la marmite de viande restait inférieur au soixantième, et le plat était permis. Le livre renvoie toute question réelle à une autorité rabbinique compétente.

    p. 398-399

  21. Pourquoi Moshé ôtait son voile pour enseigner : « et ils verront tes yeux, ceux qui t'enseignent » — le Rav Chakh en larmes de ne plus voir les lettres de Rachi

    Moshé ne se couvre le visage d'un voile qu'après avoir parlé : il enseigne à visage découvert, selon « et ils verront tes yeux, ceux qui t'enseignent » (Yichaya 30,20). Rébi attribuait en effet sa supériorité sur ses compagnons au fait d'avoir vu Rabbi Meïr de dos, ajoutant que de face il aurait été plus aiguisé encore (Erouvin 13b).

    p. 400-401

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