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Maguid

Les 160 commentaires et histoires de « Maguid » dans Les 'Haguim — La Hagada de Rav Eliaou Hassan : l'essentiel de chacun en quelques lignes, et la page du livre où le lire en entier.

  1. Le récit de la Sortie d'Égypte, Mitsva faite avec la bouche, répare les fautes de la bouche

    Le récit de la Sortie d'Égypte est une Mitsva positive de la Torah accomplie avec la bouche : il a le pouvoir de réparer les fautes de parole de l'année. Par'o a les lettres de Pé Ra, la bouche mauvaise, et Péssa'h se lit Pé sa'h, la bouche qui raconte. Le Zohar ajoute que les anges viennent écouter la Hagada.

    p. 60

  2. Ha La'hma 'Ania : pourquoi après Ya'hats, et pourquoi en araméen

    Ha La'hma 'Ania est dit en araméen, explique le Ritva, parce qu'il a été ajouté à Babel, où cette langue était usuelle : toute l'assemblée, surtout les enfants, doit comprendre l'invitation. Autres raisons données : les anges, qui ne comprennent pas l'araméen, ne peuvent accuser Israël, et les Chedim ne sont pas attirés.

    p. 62-63

  3. Pourquoi inviter celui qui a faim, et pourquoi deux appels ? — et le Rav à qui l'on demande si le lait peut remplacer le vin

    Tout homme, même le plus pauvre, doit se procurer du vin pour les quatre coupes, quitte à vendre ses vêtements, mais rien ne l'oblige à avoir de la nourriture : l'appel lancé après le Kiddouch vise ce manque. Le second appel s'adresse à ceux, pauvres ou riches, qui n'ont pas de maison où fêter le Seder.

    p. 63-64

  4. Inviter est aisé, mettre à l'aise demande de la finesse : Rabbi Yossef 'Haïm Zonnenfeld et deux riches voyageurs

    Inviter et donner à manger est aisé, mettre à l'aise demande bien plus de finesse : l'appel « quiconque a faim » rassure les invités, qui comprennent qu'il y a assez pour tous. Pour certains, la seconde invitation vise le Korban Pessa'h, mangé rassasié en fin de repas, d'où « celui qui a besoin » et non « celui qui a faim ».

    p. 64-65

  5. « Quiconque dans le besoin » : l'hospitalité d'Avraham, plus grande que l'accueil de la Chekhina, et Rabbi Yerou'ham de Mir

    Selon Rachi sur Béréchit 18 ; 3, Avraham demande à Hachem de patienter pendant qu'il accueille trois invités : 'Hazal en tirent que l'hospitalité est plus grande que l'accueil de la Présence divine. Rabbi Yerou'ham de Mir l'explique : c'est la Torah de ce monde-ci qui prime, et respecter le Choul'han Aroukh est la meilleure façon de recevoir la Chekhina.

    p. 66-67

  6. Rabbi Yeochoua Brim, la veuve et ses sept orphelins un soir de Seder

    Une Mitsva qui se présente devant plusieurs personnes incombe à chacune d'elles, et celui qui l'accomplit agit en chargé de mission de tous. C'est ce que Rabbi Yeochoua Brim répond à son fils, déçu de l'avoir attendu un soir de Seder, en lui rapportant la conduite du 'Hazon Ich un soir de fiançailles.

    p. 67-68

  7. « L'année prochaine en terre d'Israël » : Guéoula et Tsédaka, la table qui expie — et les portes de Nikanor

    Depuis la destruction du Temple, la table de l'homme expie ses fautes lorsqu'il nourrit les pauvres, comme l'autel expiait autrefois, enseignent Rabbi Yo'hanan et Rabbi Eleazar (Brakhot 55a). La délivrance finale et la Tsédaka sont liées : « Tsion sera sauvé par la justice et ses rapatriés par la charité » (Yéchayahou 1 ; 27).

    p. 68-69

  8. La délivrance en deux étapes, et Rabbi Moché Polak : pourquoi la Sortie d'Égypte dura-t-elle près d'un an ?

    La libération finale vient en deux étapes, d'abord l'arrivée en Erets Israël, ensuite le Machia'h : c'est pourquoi la Hagada souhaite la terre d'Israël avant la liberté. Rabbi Moché Polak explique aussi que la Sortie d'Égypte dura près d'un an parce qu'Hachem sondait les cœurs : n'est libéré que celui qui désire ardemment la délivrance.

    p. 70-71

  9. Rabbenou Yoel de Satmar : les anges, les promesses de Yom Kippour et « l'année prochaine à Jérusalem »

    Selon Rabbenou Yoel de Satmar, Israël répond ainsi aux anges qui l'accusent de renouveler chaque Yom Kippour les mêmes promesses : chaque année, Israël prie « l'année prochaine à Jérusalem » avec une entière confiance, alors qu'il est encore en exil. Il demande donc qu'on continue à lui faire confiance, sens du verset de Tehilim 33 ; 22.

    p. 71

  10. Ma Nichtana : les quatre questions et l'ordonnance de raconter « lorsque ton fils te questionnera »

    Selon certains décisionnaires, l'ordonnance de raconter la Sortie d'Égypte ne s'impose que « lorsque ton fils te questionnera » (Chemot 13 ; 14 ; Devarim 6 ; 20) : 'Hazal ont donc instauré le Ma Nichtana, et le père accomplit la Mitsva en répondant. Selon certaines opinions, si l'enfant récite sans s'intéresser aux réponses, le père pourrait ne pas être quitte.

    p. 72-74

  11. L'Abarbanel : « sommes-nous libres ou esclaves ? » — et le mendiant gagnant de la loterie polonaise

    Les gestes de ce soir semblent contradictoires, explique l'Abarbanel : trempages et Hasséba d'hommes libres, Matsa et Maror d'esclaves. La réponse au fils est que nous sommes libres sans oublier l'esclavage : nous restons humbles et proches de ceux qui souffrent, car nous avons connu leur douleur, et l'aisance ne doit pas nous faire perdre ces valeurs.

    p. 74-75

  12. Le 'Hida (Zéroa Yamin) : les quatre différences placent ce soir au-dessus de toutes les fêtes

    Pour le 'Hida, dans Zéroa Yamin, les quatre différences placent cette nuit au-dessus des autres fêtes : on trempe deux fois, ce qu'on ne fait pas même le Chabbat ; on ne mange que de la Matsa, pas même à Chavouot ; que du Maror, pas même à Roch Hachana ; et l'on est accoudé, pas même à Souccot.

    p. 75-76

  13. « Deux fois » : les deux trempages du Seder, le début et la fin de l'exil d'Égypte

    Le premier trempage, celui du Karpas, rappelle la tunique de Yossef trempée par ses frères dans le sang d'un chevreau, à l'origine de la descente en Égypte, explique Rabbi Eliezer Ashkenazi. Le second, le Maror dans le 'Harosset, rappelle l'hysope trempée dans le sang de l'agneau pascal, qui marqua la fin de l'exil.

    p. 76

  14. Le Kabbaliste Rabbi Eliézer Na'hman Foua : le Ma Nichtana, une consolation de l'exil

    Le Ma Nichtana console de l'exil, enseigne le Kabbaliste Rabbi Eliézer Na'hman Foua : « pourquoi cette soirée est-elle différente » signifie « pourquoi cet exil est-il différent ». À sa fin, Hachem annulera le mal, comme la seule Matsa ; ses souffrances purifient deux fois, le corps et l'âme ; et tous jouiront du monde futur, tous accoudés.

    p. 79-80

  15. « Nous étions esclaves de Pharaon » : la traduction assistée, et « nous serions encore asservis » pris au premier degré

    Les Béné Israël étaient esclaves d'un roi cruel et, en plus, dans un pays au peuple impie ; Hachem Lui-même, sans ange ni Séraphin, les a fait sortir. Pour l'auteur, « nous serions encore asservis » peut se comprendre au premier degré : l'histoire montre qu'il ne faut jamais s'appuyer sur le bon vouloir des nations.

    p. 80-81

  16. Sauver un Juif, c'est sauver un monde (Sanhedrin 37a) — le Maharcha et le mort qui hante un homme de la 'Hevra Kadicha

    Sauver un Juif équivaut à sauver un monde entier, car toutes les générations issues de lui en dépendent, enseignent 'Hazal (Sanhedrin 37a). C'est pourquoi, des milliers d'années après, la louange reste due pour la Sortie d'Égypte. Un récit transmis au nom du 'Hatam Sofer, mettant en scène le Maharcha, montre le poids de cette descendance au tribunal céleste.

    p. 83-84

  17. « Fussions-nous tous des anciens » : remplir sa tête de Torah quand on est jeune — le Beth David et l'émissaire de Novardok

    Même des anciens doivent raconter, et la vieillesse menace d'abord la mémoire : il faut donc remplir sa tête de Torah tant qu'on est jeune. L'exemple du Beth David, Rav de Karlin-Pinsk, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans et atteint d'une maladie de l'oubli, montre ce que préserve une étude acquise dans la jeunesse.

    p. 84-85

  18. « Quiconque s'étend sur ce récit est digne de louanges » : la parabole du prince et du vagabond (Mikhtav Sofer)

    La manière de raconter révèle celui qui a réellement vécu la libération, enseigne le Mikhtav Sofer par la parabole d'un prince et d'un imposteur. Au Seder, certains expédient le récit comme une formalité, d'autres en font le tournant de leur vie et le transmettent avec ardeur : à chacun de choisir entre vagabond et fils de roi.

    p. 86-88

  19. Les cinq Sages de Bné Brak racontent toute la nuit — et Rabbi Eleazar ben Azaria, « comme âgé de soixante-dix ans »

    Même les Sages doivent raconter la Sortie d'Égypte : Rabbi Eliezer, Rabbi Yehochoua, Rabbi Eleazar ben Azaria, Rabbi Akiva et Rabbi Tarfon en parlent toute la nuit à Bné Brak, jusqu'à l'heure du Chema du matin. Rabbi Eleazar ben Azaria rapporte ensuite la preuve de Ben Zoma : « tous les jours de ta vie » inclut les nuits.

    p. 88-89

  20. Pourquoi ce passage est dans la Hagada : Rabbi Israël Yaacov Elgazi et les 190 années manquantes

    L'esclavage d'Égypte dura 210 ans au lieu des 400 décrétés à Avraham, rapporte le Midrach. Selon Rabbi Israël Yaacov Elgazi, Rabbi Eleazar ben Azaria compte double le travail de nuit, qui comble les 190 ans manquants ; pour les Sages, ces années sont complétées par les exils suivants, d'où un souvenir maintenu jusqu'aux temps messianiques.

    p. 90-91

  21. « Je suis presque âgé de soixante-dix ans » : Rabbi Akiva Eiguer, l'encrier vide et le jeune garçon

    La bénédiction d'un Tsadik, donnée pour un simple service, peut porter sur toute une vie : un jeune garçon qui apporte de l'encre à Rabbi Akiva Eiguer, en pleine nuit, reçoit de lui la bénédiction de voir ses jours s'allonger. Le récit illustre la formule de Rabbi Eleazar ben Azaria, « je suis presque âgé de soixante-dix ans ».

    p. 91

  22. Les quatre noms du Machia'h selon 'Hazal, dont le Gaon de Vilna remarque que les initiales forment MaChIa'H

    'Hazal donnent au Machia'h quatre noms, tirés de quatre versets différents : Mena'hem, Chilo, Inone et 'Hanina. Le Gaon de Vilna remarque que leurs initiales forment le mot Machia'h lui-même. La Hagada évoque ces temps messianiques à propos de « tous les jours de ta vie », selon l'interprétation des Sages.

    p. 92

  23. « Baroukh HaMakom » : Hachem, l'Endroit du monde et, pour Rav Dessler, Celui qui le maintient — puis les quatre fils

    Le commandement de raconter la Sortie d'Égypte revient quatre fois dans la Torah parce qu'il existe quatre types de fils : le sage, l'impie, le simple et celui qui ne sait pas questionner. Hachem est appelé HaMakom, car le monde est en Lui (Béréchit Rabba 68 ; 9) ; pour Rav Dessler, le mot signifie aussi Celui qui maintient le monde.

    p. 92

  24. « Hachem a regardé dans la Torah puis a créé le monde » : d'où le Gaon de Vilna tenait-il toutes les sciences ?

    Celui qui s'adonne à la Torah reçoit les autres sciences « au passage », comme la corde offerte à qui achète beaucoup de marchandise : c'est la réponse du Gaon de Vilna à qui lui demande d'où viennent ses connaissances. La Torah est en effet le plan du monde, selon 'Hazal, et un verset de Michlé (31 ; 24) y fait allusion.

    p. 93-94

  25. Pourquoi des « fils », et pourquoi le sage en premier : « le commencement de la sagesse, c'est la crainte de D. »

    Le sage est nommé en premier pour montrer que la vraie sagesse commence par la crainte de D. Interrogé par Rabbi Its'hak Zélig de Sokolov, le Imré Emet de Gour explique que cette sagesse initiale s'acquiert par un travail personnel, car tout vient de D. sauf la crainte de D. Rav Eli Munk propose de convaincre d'abord le fils intelligent.

    p. 94-96

  26. « E'had 'hakham, véE'had racha… » : le paysan voisin de Rabbi Chalom de Kaminka, et le Sar Chalom de Belz

    Un jour, le sage, l'impie, le simple et celui qui ne sait pas questionner proclameront tous l'Unité d'Hachem, explique le Sar Chalom de Belz : chaque fils est ainsi précédé du mot « E'had », comme au Chema. Les initiales des quatre fils forment Cha'harit, et « E'had » vaut 13, l'âge où le bon penchant entre chez le garçon.

    p. 96-97

  27. Que dit le sage ? « Ces témoignages, ces décrets, ces règlements » — et Rav Dessler sur les 'Houkim et les Michpatim

    Les Michpatim, que chacun appliquerait de lui-même, honorent moins Hachem que les 'Houkim, accomplis seulement parce qu'Il les a ordonnés, enseigne Rav Dessler. S'Il a tout de même prescrit les Michpatim, c'est, selon le Ramban sur Vayikra 19 ; 19, pour donner à Ses enfants le plaisir de comprendre certaines de Ses Mitsvot.

    p. 98-99

  28. Que dit l'impie ? « Pour vous, et non pour lui » — Rabbi Chalom Chvadron et Rav Eli Munk sur l'annonce faite en Égypte

    L'impie s'exclut lui-même en disant « pour vous », et qui renie les Mitsvot renie Hachem. Rabbi Chalom Chvadron explique que Moché annonce en Égypte les enfants qui poseront sa question pour avertir : Israël sort pour porter le joug divin, sinon celui des nations revient. Pour Rav Eli Munk, la Torah qui cite sa question prouve qu'il n'est pas perdu.

    p. 99-101

  29. « En ma faveur et non en la sienne » : le « comique » qui interpelle Rabbi Salman Mena'hem Mani

    La Hagada répond à l'impie à la troisième personne parce qu'il n'attend pas la réponse : il veut se moquer, non s'instruire, explique Rabbi Salman Mena'hem Mani. Son verset est au pluriel, car il questionne en public avec une bande de moqueurs, et il emploie le verbe « dire » et non « interroger » : sa question n'en est pas une.

    p. 101-102

  30. « Fais-le grincer des dents » : Rav Shimshon Raphaël Hirsch quitte Nikolsbourg pour les onze familles de Francfort

    L'impie ne se contente pas de délaisser la Torah, il s'en prend à ceux qui la pratiquent, comme « une mer houleuse qui ne peut s'apaiser » (Yéchayahou 57 ; 20). Rav Shimshon Raphaël Hirsch en fait l'expérience lorsqu'il quitte Nikolsbourg pour devenir le Rav de onze familles de Francfort, dans une communauté passée aux mains des réformistes.

    p. 102-106

  31. « S'il avait été là-bas, il n'aurait pas été libéré » : le médecin juif de la cour du Sultan Salim

    Le Juif n'a pas sa place parmi les nations : celui qui voudrait s'y fondre reste celui qu'on pointe du doigt. C'est pourquoi la menace « il n'aurait pas été libéré » peut ébranler l'impie, même tenté de rester en Égypte. Un récit du Seder Elihaou Zouta l'illustre, celui d'un médecin juif de la cour du Sultan Salim, avide d'honneurs.

    p. 106-107

  32. Le simple, « Qu'est-ce que ceci ? » : Rabbénou Yoël sur l'air d'Erets Israël, et la question du Kli Yakar

    Le simple ne pose aucune question tant qu'on lui sert Matsa, Karpas et viande, explique le Kli Yakar avec humour : sa question figure parmi les lois du rachat du premier-né, quand on lui réclame cinq pièces d'argent. Rabbénou Yoël ajoute que l'air d'Erets Israël amplifie tout : il rend plus sage le sage, et plus sot le sot.

    p. 108-109

  33. Celui qui ne sait pas questionner : lui parler comme une maman — et la « terrifiante histoire » du 'Hafets 'Haïm

    Le « tu » adressé à l'enfant qui ne sait pas questionner est au féminin, car il faut lui parler comme une maman, avec compassion, patience et cœur, sans jamais baisser les bras : on ne sait pas comment un enfant évoluera. Parents et enseignants répondent des âmes qui leur sont confiées, et chacun a une responsabilité même envers les enfants des autres.

    p. 109-111

  34. L'enfant turbulent de Kerinik convoqué par le Rav pour trancher un procès : les chaussures contre le Sefer Torah

    Celui qui est prêt à peiner et à donner le meilleur de lui-même reçoit en fin de compte les honneurs, comme le Sefer Torah, dont le parchemin et l'écriture exigent un long travail fait Lichma. Avec sagesse, et parfois avec ruse, on attendrit les enfants les plus endurcis, là où la méthode dure échoue.

    p. 111-113

  35. « Tu raconteras à ton fils » : le 'Hatam Sofer à trois ans, et le conseil de Rabbi Nathan Adler à son père

    Chaque enfant peut devenir un futur 'Hatam Sofer : ses capacités sont enfouies, et il revient aux parents de les révéler en s'asseyant avec lui, en racontant, en expliquant et en écoutant. Rabbi Nathan Adler le dit au père du 'Hatam Sofer, giflé à trois ans pour une question : « occupe-toi de son éducation ».

    p. 114-115

  36. Le 'Hatam Sofer, à dix ans, et le jeune cavalier de Francfort

    Il n'est jamais trop tard pour commencer à étudier : le 'Hatam Sofer, à dix ans, adresse des remontrances à un jeune cavalier d'une vingtaine d'années qui n'a jamais rien appris, et lui propose d'étudier avec lui. Ne rien connaître n'est ni une réponse ni une excuse, lui dit-il : il suffit de commencer aujourd'hui.

    p. 116

  37. « En ce jour » pourrait laisser croire qu'on raconte de jour : le Zohar et la nuit éclairée de la plaie des premiers-nés

    La nuit de la plaie des premiers-nés était éclairée comme à midi, sauf pour Pharaon, enseigne le Zohar : c'est pourquoi la Torah précise que Pharaon se leva « pendant la nuit » (Chemot 12 ; 30). Cette nuit lumineuse pourrait laisser croire que le récit de la Sortie d'Égypte se fait de jour, idée que la Hagada réfute.

    p. 118

  38. « À l'origine, nos ancêtres étaient idolâtres » : Rav Dessler sur le courage d'Avraham à nager à contre-courant

    Rappeler que Téra'h était idolâtre met en valeur le courage d'Avraham, explique Rav Dessler : il s'est dressé contre son père, sa famille et toute sa génération. Nager à contre-courant reste difficile aujourd'hui, par exemple face aux smartphones, et le Saba de Kelem prévient que juger une épreuve difficile renforce déjà le mauvais penchant.

    p. 119-121

  39. « Je lui ai fait parcourir toute la terre de Canaan » : l'argument des nations selon Rabbi Akiva, et le Rav de Brisk

    Les nations, selon Rabbi Akiva cité par le Radak, raisonnent ainsi : Avraham, qui servait un seul D., a hérité de la terre ; elles qui servent de nombreux dieux devraient à plus forte raison en hériter (Ye'hezkiel 33 ; 24). Le Rav de Brisk, interrogé par Rabbi Yossef Lis, en donne une lecture pleine d'humour adaptée à son époque.

    p. 119-122

  40. « Et Je lui ai donné Its'hak » : Rabbi I. 'Haver, et la Rabbanite Reche Léah Karelitz face aux médecins

    Pour Rabbi I. 'Haver, la Hagada dit « multiplier » pour les enfants de Ketoura, nés selon un processus naturel, et « donner » pour Its'hak, Yaacov et Essaw, nés de parents stériles : un véritable cadeau du Ciel. Le peuple juif ne dépend pas du Mazal, et une prière sincère peut outrepasser les lois naturelles.

    p. 122-123

  41. Lag Baomer, la roue crevée près de Meron et la question du garagiste : « là-bas on peut demander des enfants ? »

    Un jour de Lag Baomer, un garagiste éloigné de toute pratique, marié depuis des années sans enfant, apprend qu'on peut demander des enfants sur la tombe d'un Tsadik. Le récit montre la force d'une prière sincère, adressée seul sur la tombe déserte de Rabbi Yo'hanan HaSandlar, et d'une promesse liée au nom d'un enfant.

    p. 125

  42. « Ein Mazal léIsraël » : l'Avné Nezer de Sokhatchov face à un couple sans enfants, et le Gaon de Vilna

    Selon le Gaon de Vilna, les lois naturelles des astres excluaient qu'Avraham ait une descendance avec Sarah ; Hachem l'éleva au-dessus de son Mazal, comme le rapporte le Midrach Tan'houma. C'est pourquoi « Ein Mazal léIsraël » : un peuple qui n'aurait jamais dû exister selon les astres n'en dépend pas. Le livre l'illustre par un récit sur l'Avné Nezer.

    p. 126-127

  43. « Yaacov et Essaw » : le partage des deux mondes, et le vrai « paradis terrestre » d'Essaw

    Le Juif pratiquant n'a pas à envier son frère éloigné : selon le Midrach, Yaacov laissa à Essaw ce monde-ci et garda le monde futur, mais la vie d'Essaw, telle que la décrivent Rachi et le verset de Béréchit 36, montre qu'il n'eut droit ni à l'un ni à l'autre. Il choisit seulement le « Gan Eden » de ce monde-ci.

    p. 127-129

  44. À quoi ressemble le Gan Eden de ce monde-ci : le 'Hassid et son père, d'après le Midrach (Tan'houma Chemini 11)

    Le Midrach Tan'houma montre à quoi ressemble le Gan Eden de ce monde-ci à travers l'histoire d'un 'Hassid dont le père, alcoolique, est la risée des voyous du quartier. Tel est le Gan Eden d'Essaw ; on peut profiter de certains plaisirs de ce monde sans y baigner ni y consacrer sa vie.

    p. 129-130

  45. « À Essaw J'ai donné le mont Seïr » : deux raisons à son renoncement, et pour Rabbi Chalom Chvadron, une seule, la honte

    Pour Rabbi Chalom Chvadron, les deux raisons données par 'Hazal au renoncement d'Essaw à Erets Israël, la peur de l'esclavage et la honte d'avoir vendu l'aînesse, n'en font qu'une : la honte. Plutôt que de reconnaître sa grave erreur, Essaw préfère renoncer à l'héritage promis à ses pères.

    p. 130-131

  46. « Baroukh Chomer Havta'hato » : la promesse faite à Avraham — et la question d'un riche à Rabbi Its'hak Blazer

    Le Machia'h peut venir à tout instant, répond Rabbi Its'hak Blazer à un riche qui craint de l'en empêcher au regard des conditions fixées par 'Hazal. Lorsque Moché annonça la délivrance, les Béné Israël ne comptaient que 210 ans d'esclavage sur 400 : Hachem avait reconsidéré le terme. Il faut donc Lui laisser les comptes.

    p. 132-133

  47. « Asservis quatre cents ans » : le salaire de Pharaon pour quatre coudées — et Rabbi Yaacov Galinsky à l'usine de chaussettes

    Selon 'Hazal, Pharaon reçut quatre cents ans d'Israël asservi chez lui pour avoir raccompagné Avraham sur quatre coudées. Deux leçons en découlent : la valeur inestimable d'une Mitsva, et le fait qu'Hachem paie les Mitsvot des impies dans ce monde-ci, gardant le salaire des justes pour le monde futur, selon Kidouchin 39b.

    p. 133-135

  48. L'exil annoncé en années, la délivrance en générations : Rav Its'hak Houtner au nom du Gaon de Vilna

    Selon un fondement du Gaon de Vilna rapporté par Rav Its'hak Houtner, l'exil est annoncé en années parce que la détérioration survient avec le temps, et la délivrance en générations parce que la réparation dépend de l'homme. Le temps entraîne routine et usure, mais l'homme possède les forces de se renouveler et d'en surmonter les dommages.

    p. 135-136

  49. « Vehi Cheamda » : « elle », la promesse de la Brit bein HaBetarim ou la Torah — et les patriarches selon le Malki Bakodesh

    « Elle », dans Vehi Cheamda, désigne la promesse faite à Avraham lors de la Brit bein HaBetarim, ou le mérite de la Torah, dont les quatre lettres évoquent les six ordres de la Michna, les cinq livres, les dix Commandements et le D. Un. Le Malki Bakodesh, au nom du Brit Moché, y lit le soutien apporté aux patriarches.

    p. 136-138

  50. Pourquoi lever le verre à Vehi Cheamda (Kessef Niv'har) — et l'officier juif de la Première Guerre mondiale

    On lève le verre à Vehi Cheamda en l'honneur d'Hachem qui sauve Israël à chaque génération, selon le verset de Tehilim 116. Le Kessef Niv'har y voit une autre allusion : l'interdit du vin des non-Juifs, posé par 'Hazal, a protégé le peuple de l'assimilation ; et la vigne, qui n'accepte aucune greffe, rappelle ce mérite.

    p. 138-139

  51. « Qui s'est dressé » : le 'Hida, Onkelos neveu de Titus, et la Sitra A'hara

    Pour le 'Hida, le verbe « se dresser » fait allusion au Talmud (Guittin 56b) : Titus, évoqué par son neveu Onkelos, lui conseille d'attaquer Israël pour devenir important, car quiconque s'en prend à Israël s'élève. Le 'Hida y lit aussi la Sitra A'hara, qui vit de nos fautes et se dresse contre nous comme un parasite.

    p. 140-141

  52. Rabbi Iékhiel Meïr de Gostinin prie et jeûne pour la guérison de l'homme qui le persécutait

    Prier pour la guérison de celui qui nous persécute peut relever d'une profonde humilité, selon l'exemple de Rabbi Iékhiel Meïr de Gostinin. Loin de se réjouir de la maladie grave de l'homme qui saisissait tout prétexte pour lui nuire, il réunit dix hommes pour dire des Tehilim, jeûne et prie le cœur brisé.

    p. 141

  53. « De génération en génération » : pour Rabbi 'Haïm Berlin, chaque génération a ses ennemis

    Selon Rabbi 'Haïm Berlin, la Hagada répète le mot « génération » parce que chaque génération recèle des ennemis différents : parfois des oppresseurs tyranniques, parfois des personnages d'apparence amicale qui, en accordant des droits, conduisent à l'assimilation. Leur aspect change, leur objectif demeure, d'où le rappel de 'Hazal : de génération en génération.

    p. 141-142

  54. « Et nous délivre de leurs mains » : le 'Hatam Sofer sur le salut in extremis, et le témoignage de Rav Meïr 'Hadach

    Selon le 'Hatam Sofer, la Hagada précise « de leurs mains » parce qu'Hachem sauve parfois Israël in extremis, alors qu'il est déjà livré à l'ennemi. 'Hazal enseignent ainsi que, même si le glaive est posé sur le cou, l'homme ne doit pas cesser de demander miséricorde. Rav Meïr 'Hadach a appris cette foi dans deux épreuves.

    p. 143-144

  55. « Par l'intermédiaire de leurs mains » : Rabbi 'Haïm Brim et le char en feu de la guerre des Six Jours

    « De leurs mains » peut aussi se lire « par l'intermédiaire de leurs mains » : c'est le moyen même employé pour détruire Israël qui le sauve, Pharaon en étant la meilleure illustration. Rabbi 'Haïm Brim rapporte un épisode de la guerre des Six Jours qui montre ce retournement, après un Chema Israël récité avec ferveur.

    p. 145

  56. « Tsé oulmad » : pourquoi parler de Lavan le soir du Seder ? le Ritva, le Gaon de Vilna et d'autres commentateurs

    La Hagada évoque Lavan le soir de Pessa'h parce que, selon le Ritva, la promesse faite à Avraham, qui protégea Yaacov de lui, protège Israël au fil des générations. D'autres y voient un signe pour les enfants : le séjour de Yaacov chez Lavan préfigure l'Égypte. Le Gaon de Vilna y lit la menace cachée derrière un visage conciliant.

    p. 146-147

  57. L'Admour de Tsanz-Klausenbourg et son dernier compagnon de camp, un Juif converti

    Le Juif qui a tout donné aux nations pour leur ressembler se retrouve seul au moment de l'épreuve : c'est ce que montre le récit de l'Admour de Tsanz-Klausenbourg. Dans un camp, il interroge chaque nuit son dernier compagnon, un Juif converti devenu un personnage considérable en Hongrie, sur sa femme, son pays et ses fils.

    p. 150-151

  58. Le 'Hatam Sofer : pourquoi Lavan donna-t-il ses filles à Yaacov ?

    Pour le 'Hatam Sofer, Lavan donna ses filles à Yaacov par haine d'Hachem et de Son peuple : il connaissait la force de la famille d'Avraham pour rapprocher les âmes de la Présence divine, mais aussi celle de ses filles à rendre pieux n'importe quel mari. En les unissant à Yaacov, il pensait réduire le nombre de Tsadikim.

    p. 151

  59. « L'Araméen perdit mon père » : l'Alchekh et l'Abarbanel sur la part de Lavan dans la descente en Égypte

    Selon l'Alchekh, sans la substitution de Léa à Ra'hel, Yossef aurait été l'aîné et Yaacov ne serait pas descendu en Égypte. L'Abarbanel attribue la jalousie des frères à leur grand-père Lavan, car les traits de caractère se transmettent, comme l'écrit Rabbi 'Haïm de Vologine dans le Lev Avot. Connaître cet héritage aide à faire Techouva.

    p. 152-153

  60. Yaacov resta intact chez Lavan, mais pas ses enfants : la mesure d'une influence, ce sont nos enfants

    Yaacov vécut vingt ans chez Lavan sans en être influencé, mais ses enfants, purs et sans recul, n'étaient pas à l'abri. Face à une influence, la mesure n'est donc pas sa propre résistance, mais celle de ses enfants. C'est pourquoi, selon 'Hazal, Yaacov envoya ses fils chercher des vivres en Égypte plutôt qu'à 'Haran.

    p. 153-154

  61. « Contraint par la parole » : le Or'hot 'Haïm, le 'Hatam Sofer, le Drach et Rabbi Chimon de Lelov

    Aucun verset ne dit explicitement que Yaacov descendit contraint. Le Or'hot 'Haïm et le 'Hatam Sofer le lisent dans le verbe « descendre », qui évoque une chute. Selon le Drach, ce fut à cause d'une parole d'Avraham, « Comment saurai-je ? », que les Mitsvot de la bouche réparent ce soir, selon Rabbi Chimon de Lelov.

    p. 155-156

  62. « Yaacov aurait dû descendre avec des chaînes de fer » (Chabbat 89b) : Rav Dessler sur le prix des honneurs

    Selon Chabbat 89b, Yaacov aurait dû descendre en Égypte enchaîné, mais son mérite lui valut d'y arriver avec les honneurs. Rav Dessler juge que cela valait son prix très lourd : ne pas émigrer dans la honte permit de résister à l'assimilation, car chacun a besoin d'être fier de sa condition pour rester ce qu'il est.

    p. 156-157

  63. « Et y séjourna » : le 'Hatam Sofer, le Rambam et le 'Hazon Ich sur l'influence du lieu et de l'entourage

    Pour le 'Hatam Sofer, les fils de Yaacov, venus « séjourner » en Égypte, demandent aussitôt à « résider » en Gochen : l'air impur du pays les a fait changer d'avis. Le Rambam enseigne que l'homme est façonné par son entourage et son pays ; il doit donc rechercher les sages et fuir les mauvaises influences.

    p. 158-159

  64. Pourquoi Yaacov descendit en « touriste » : le 'Hida sur les actes des pères, et deux histoires de transmission

    Selon le 'Hida, dans le Zéroa Yamin, les actes des pères sont des signes pour les enfants : parce que Yaacov descendit en Égypte pour y séjourner et non pour s'y installer, ses descendants, même devenus semblables aux Égyptiens, se sentirent toujours de passage, ce qui leur permit plus tard de quitter le pays.

    p. 160-161

  65. « Bimté mé'at » et « Vayéhi cham légoy » : étoiles ou sable de la mer, selon le 'Hatam Sofer

    Israël est comparé aux étoiles du ciel et au sable de la mer, deux ensembles au nombre défini. Pour le 'Hatam Sofer, l'homme pourrait compter le sable à sa portée, mais seul le Créateur dénombre les étoiles : le Juif qui s'écarte de la Torah se restreint à une réalité matérielle, celui qui la suit accède à l'inaccessible.

    p. 162

  66. Pourquoi les 'Hassidim tiennent à leurs habits : le Bet Israël de Gour, Rabbi Bonam de Pchiss'ha et le Rambam

    Les Béné Israël furent libérés notamment par le mérite de ne pas avoir changé leurs habits : se ressemblant, ils restèrent unis et échappèrent à l'assimilation. Rabbi Bonam de Pchiss'ha rappelle qu'Avraham s'était fait des vêtements différents de ceux des non-Juifs, et le Rambam demande de ne pas ressembler aux idolâtres par l'habit ni la coiffure.

    p. 165-166

  67. Le décret sur l'habit juif : les récits de Rabbi Yaacov David d'Amchinov et de Rabbi Yaacov David de Radmosq

    Un Juif qui conserve ses habits peut amener la délivrance, car c'est par ce mérite que nos pères furent libérés d'Égypte. Le livre l'illustre par deux récits tirés du Yimot Olam et du Bechichi 'Hokhma, au temps du décret qui interdisait aux Juifs de porter leur habit traditionnel.

    p. 166-167

  68. La Tsniout face au Yétser Hara : le 'Hazon Ich et Rabbi Yaacov Galinsky

    Pour le 'Hazon Ich, la Tsniout, pudeur vestimentaire et du comportement, est pour la femme le moyen d'action contre le Yétser Hara, au même titre que l'étude de la Torah pour l'homme. Rabbi Yaacov Galinsky y voit une allusion à l'enseignement de 'Hazal selon lequel Israël fut libéré d'Égypte par le mérite des femmes pieuses.

    p. 167-168

  69. Les enfants nés dans les champs (Sota 11b) : comment les Égyptiens ont-ils pu combattre un miracle ?

    Selon Rabbi Chalom Chvadron, qui s'appuie sur le Béréchit Rabba, « la haine détruit toute ligne de conduite » : celui qui hait n'obéit plus à aucune logique. C'est ainsi que les Égyptiens, peuple de savants, vinrent labourer les champs pour atteindre les enfants qu'Hachem cachait miraculeusement sous terre, sans craindre de combattre D. Lui-même.

    p. 170-171

  70. « Bim'od mé'od » : Rabbi 'Haïm Palagi sur la multiplication d'Israël par le mérite de la pureté des mœurs

    Selon Rabbi 'Haïm Palagi, dans le Tenoufat 'Haïm, Israël se multiplia « beaucoup, beaucoup » en Égypte par le mérite de s'être préservé des relations interdites, la Torah ne citant qu'une seule exception, dont le nom est révélé, selon Rachi, pour l'éloge du peuple. Le double « méod » répond à celui du Tour et du Choul'han Aroukh.

    p. 171

  71. « Varav » : la circoncision et le Korban Pessa'h, deux Mitsvot pour mériter la sortie d'Égypte

    Hachem donna à Israël la circoncision et le sacrifice de Pessa'h pour qu'il mérite la délivrance : selon le Gaon de Vilna, au nom du Zohar 'Hadach, les Mitsvot tissent l'habit de lumière de l'âme, la Mila couvrant la nudité et le Pessa'h servant d'habit d'honneur. Ces deux Mitsvot exigeaient aussi un immense courage face aux Égyptiens.

    p. 172-173

  72. « Vayaréou otanou » : le Ritva, le Chibolé Haleket, le Col-Bo et une lettre de Rabbi Ovadia de Bartenoura

    « Vayaréou otanou » signifie, selon le Col-Bo, que les Égyptiens firent passer Israël pour mauvais aux yeux de leur peuple, et le rendirent mauvais à ses propres yeux. Le Ritva et le Chibolé Haleket y lisent la volonté de surpasser Essaw et Lavan en ruse. À chaque époque depuis, le Juif est désigné comme cause des maux.

    p. 173-175

  73. « Ils nous rendirent mauvais à nos propres yeux » : l'estime de soi et le Midrach d'Aba Yossi

    Pharaon domina un peuple nombreux avec peu d'efforts en le rendant mauvais à ses propres yeux : celui qui perd l'estime de soi peut sombrer au plus bas. Le Midrach Vayikra Rabba montre, par l'histoire d'Aba Yossi et du démon d'une source, à quel point tout être a besoin d'encouragements, l'homme plus encore.

    p. 176-177

  74. Pourquoi Pharaon abolit-il le Chabbat ? Rabbi Sidi Fredj 'Halimi, Rav de Constantine, et le Ktav Sofer

    Pharaon abolit le Chabbat parce qu'il fédère : selon Rabbi Sidi Fredj 'Halimi, Rav de Constantine, ce jour réunit sur les mêmes bancs et à la même table ceux qui se disputent toute la semaine. Or, d'après le Ktav Sofer, Hachem ne laisse pas dominer un Israël en paix : supprimer le Chabbat, c'était semer la discorde.

    p. 179

  75. « Usons de ruse contre Lui » : les Égyptiens pensaient échapper à la mesure pour mesure

    Pharaon voulut noyer les enfants au Nil pour ruser avec Hachem, selon Rachi : ayant juré de ne plus envoyer de déluge, Il ne pourrait punir mesure pour mesure. Mais la promesse valait pour toute l'humanité et non pour une nation. Le 'Hidouché Harim lit dans « comme il est dit » que tout venait du décret divin.

    p. 179-181

  76. « Et qu'il quitte le pays » : la parole est créatrice, de Moed Katan 18a à l'histoire du 'Hemdat Chlomo

    La parole est créatrice : c'est pourquoi, selon Rachi, les Égyptiens dirent « qu'il quitte le pays » au lieu de « qu'il nous contraigne à le quitter », rejetant sur Israël une malédiction qui les visait. Le Talmud (Moed Katan 18a) l'illustre par Chmouël et son frère Pin'has, et par la parole d'Avraham au pied du mont de l'Akéda.

    p. 181-183

  77. « Ils nous opprimèrent » : Rabbénou Bé'hayé et l'Abarbanel et l'asservissement par les dettes

    Pharaon fit passer Israël en esclavage par étapes : selon Rabbénou Bé'hayé et l'Abarbanel, il imposa d'abord de très lourdes taxes, puis proposa, comme une faveur, de travailler pour rembourser les dettes. Le piège se referma, et les employés devinrent esclaves. « Bépérakh », d'une voix douce, évoque aussi les discours mielleux qui les attirèrent.

    p. 184

  78. Le douanier et le commissaire des enchères de Tavrig : la ruse de Rabbi Moché Its'hak Segal

    Face à ceux qui accablent injustement les Juifs, un Rav peut protéger sa communauté par la ruse : Rabbi Moché Its'hak Segal raconte comment, à Tavrig, un douanier hostile et un commissaire des enchères s'enrichissaient en surtaxant puis en revendant les marchandises des Juifs, et comment il décida de leur donner une leçon.

    p. 185-186

  79. « Béfarekh » selon le Rokéa'h : des travaux qui rabaissent l'être humain

    Selon le Rokéa'h, « Béfarekh » désigne des travaux qui rabaissent l'être humain : d'après 'Hazal, les Égyptiens donnèrent aux hommes des travaux de femmes et aux femmes des travaux d'hommes. L'opinion égyptienne n'étant pas d'abord hostile, Pharaon voulait rendre Israël méprisable aux yeux de son peuple en lui imposant des travaux méprisables.

    p. 186

  80. « Nous implorâmes Hachem » : les dix termes de la prière et la force du cri, selon Rav Pinkous

    Les Béné Israël répondent aux Égyptiens qu'ils gémissent à cause de l'asservissement, pour ne pas laisser entendre qu'ils ne se réjouissent pas de la guérison de Pharaon. Rav Pinkous, d'après le Zohar, enseigne que le cri sorti du fond du cœur est toujours agréé, car il déchire le mauvais jugement.

    p. 186-187

  81. « Ils crièrent, et leur plainte monta » : Za'aka et Chav'a selon le Gaon de Vilna

    Pour le Gaon de Vilna, les prières des Béné Israël pendant près de deux cent dix ans restent bloquées aux portes du ciel ; quand ils crient, elles transpercent les cieux en entraînant toutes les précédentes. Il en tire deux fondements : aucune prière n'est perdue, et une prière puissante peut annuler un décret, réduisant 400 ans à 210.

    p. 188

  82. « Le roi d'Égypte mourut » : d'où 'Hazal savent-ils que Pharaon devint lépreux ? la réponse du Gaon de Vilna

    Un roi vivant est appelé roi, un mourant seulement par son nom, explique le Gaon de Vilna : le Navi dit « le roi David » plus de cinquante fois, mais « les jours de David » au seuil de la mort. « Le roi d'Égypte mourut » indique donc que Pharaon devient lépreux, sans mourir réellement.

    p. 189

  83. « Hachem entendit notre voix et vit notre affliction » : le mérite des pères et le courage des femmes en Égypte

    Hachem entend la voix d'Israël par le mérite de ses prières, mais le sauve par le mérite des pères. « Notre affliction » désigne la séparation conjugale imposée par les Égyptiens, que le verbe « vayéda' » rapproche du verset « Adam connut 'Hava ». Le Midrach loue le courage des femmes d'Égypte, grâce auquel le peuple survit.

    p. 189-190

  84. « Les filles, vous les laisserez vivre » : pourquoi la Hagada cite ce passage, et l'épisode d'Amram et Myriam

    Le Baal HaHagada cite la fin du verset, « les filles, vous les laisserez vivre », parce que cet ordre de Pharaon permet la suite des naissances, expliquent le Birkat Hachir, le Dover Chalom et le Maté Levy. Il donne à Myriam l'argument qu'elle oppose à son père Amram, qui a divorcé face au décret.

    p. 191-192

  85. Pharaon plus « favorable » que Lavan ? Même intention, autre procédé : l'assimilation

    Pharaon n'est pas plus favorable au peuple juif que Lavan : ses intentions sont aussi funestes, seul le procédé diffère. Sachant qu'Hachem l'empêcherait d'exterminer Israël, il épargne les filles pour que le peuple disparaisse de lui-même par l'assimilation. Le livre en tire l'importance des étudiants de Yeshiva, avenir spirituel du peuple.

    p. 192-193

  86. « Hachem nous fit sortir d'Égypte » : ni par un ange, ni par un Séraphin, ni par un émissaire

    La répétition « Hachem nous fit sortir d'Égypte » enseigne que la délivrance ne passe ni par un ange, ni par un Séraphin, ni par un émissaire, mais par le Saint Béni soit-Il Lui-même. L'Égypte est si impure et ses habitants si experts en sorcellerie qu'aucun ange n'aurait pu accomplir cette mission.

    p. 194-195

  87. « Des signes et des prodiges » : les miracles ramènent-ils les cœurs ? la réponse de Rabbi Bonam de Pchiss'ha

    On ne rapproche pas les cœurs par des miracles, mais uniquement par la Torah, enseigne Rabbi Bonam de Pchiss'ha. Après les prodiges d'Égypte, il faut encore quarante ans dans le désert pour que Moché dise qu'Hachem ne leur a pas donné jusqu'à ce jour un cœur pour ressentir. Le conseil vaut aussi pour sa propre foi.

    p. 195

  88. Aux Chéva Brakhot de son fils, le Bet Halévy promet qu'un riche avare donnera de bon cœur

    Pour illustrer « des signes et des prodiges », le livre rapporte comment le Bet Halévy, aux Chéva Brakhot de son fils Rabbi 'Haïm de Brisk, annonce qu'un homme très riche et très avare participera de bon cœur à la collecte de bois pour les familles nécessiteuses, puis l'entretient des magiciens d'Égypte.

    p. 196-197

  89. Pourquoi Hachem nous libéra-t-Il Lui-même ? la réponse du Gaon de Vilna

    Selon le Gaon de Vilna, Hachem libère Israël Lui-même pour anéantir les fausses conceptions des païens : ils L'appelaient « D. des dieux » mais Le croyaient trop grand pour s'abaisser vers ce monde ; d'autres Le pensaient protecteur des seuls Tsadikim, ou ayant confié le monde à des anges. Il prouve ainsi qu'aucun endroit ne Lui échappe.

    p. 197-198

  90. « Ni par un émissaire » : et les versets qui parlent d'un émissaire ? le Sfat Emet et Rabbi Betsalel Yaïr de Lodj

    Selon le Sfat Emet, la nature est dirigée par des anges limités dans l'acte et le temps, mais l'acte accompli par Hachem seul est éternel. La Sortie d'Égypte passe donc bien par un émissaire, porteur de la dimension divine infinie, et son effet est perpétuel. Rabbi Betsalel Yaïr de Lodj ajoute qu'une Mitsva faite avec feu crée un Séraphin.

    p. 198-199

  91. « Moi et pas un ange » : Rav Dessler sur la nature et la foi, et Rabbi Mordekhaï Pagramansky au ghetto de Kovno

    Selon Rav Dessler, Hachem fait tout seul ; les anges et émissaires ne relèvent que de notre perception, faute de percer l'écran de la nature. Celui qui croit en la nature reste soumis à ses règles, où le destructeur ne distingue pas le Tsadik de l'impie. En sacrifiant l'agneau, les Béné Israël atteignent une foi qui les place au-delà.

    p. 200-201

  92. « De toutes les divinités d'Égypte Je ferai justice » : que souhaiter aux auteurs d'un crime violent ?

    Sur l'attitude envers les auteurs d'un crime violent, le Midrach Tan'houma apporte un élément de réponse : quand Hachem fait payer les impies, Son Nom grandit dans le monde, comme le dit « Je ferai justice, Moi Hachem ». Le livre en déduit qu'il faut souhaiter leur châtiment, pour que l'humanité voie qu'il y a un Juge et un jugement.

    p. 202

  93. « Main puissante » et « bras étendu » : la peste et l'épée, le Gaon de Vilna et le Midrach Tehilim

    La « main puissante » désigne la peste qui accompagne chacune des plaies, et le « bras étendu » l'épée des premiers-nés, ou la vengeance divine. Pour le Gaon de Vilna, ce sont deux mains et dix doigts face aux dix plaies : la peste, cinquième, regroupe les cinq premières, et l'épée, dixième, les cinq dernières.

    p. 203-204

  94. « Son épée nue à la main » : le Chevet Moussar et l'histoire d'un jeune homme gravement malade

    Il faut faire Techouva chaque jour, enseigne le Chevet Moussar, Rabbi Eliahou Hachohen d'Izmir, à partir de l'enseignement « Repens-toi un jour avant ta mort » : la mort peut venir subitement, et l'ange de la mort peut retirer à l'homme toute possibilité de se repentir. Il l'illustre par l'histoire d'un jeune homme gravement malade.

    p. 204-205

  95. « Dans une grande terreur » : la révélation de la Chekhina lors de la plaie des premiers-nés

    La « grande terreur », ou grande révélation, désigne la manifestation de la gloire divine lors de la plaie des premiers-nés. La Hagada l'appuie sur la remontrance de Moché, qui demande si une divinité a jamais extrait un peuple du sein d'un autre par des épreuves, des signes, des prodiges, des guerres et de grandes révélations.

    p. 205-206

  96. « Avec des signes » : le bâton de Moché, et la question posée à Rabbi Mordekhaï Pragamansky enfant

    Les Richonim rapportent qu'une sorcellerie ne dure pas plus de six jours : quand Rabbi Mordekhaï Pragamansky a six ans, son Rébé demande donc à la classe pourquoi Pharaon ne laisse pas le bâton de Moché six jours en serpent pour le démasquer. Ce bâton, gravé du Nom d'Hachem, sert à la plupart des prodiges.

    p. 206-207

  97. Le vin versé seize fois pendant l'énumération des plaies, et « du sang, du feu et des colonnes de fumée »

    Avant « et des prodiges », le chef de famille verse un peu de vin dans un récipient, de préférence ébréché, seize fois : au sang, au feu et aux colonnes de fumée, aux dix plaies et aux trois signes de Rabbi Yehouda. Les usages varient : index, auriculaire, ou directement du verre. Ce vin n'est jamais bu.

    p. 207

  98. « Davar a'hér » : chaque terme du verset compte pour une plaie, et les signes de Rabbi Yehouda

    Selon une autre interprétation, chaque terme du verset compte pour une plaie, et les pluriels pour deux : main puissante, bras étendu, grande terreur, signes et prodiges font ensemble dix plaies. La Hagada les énumère, du sang à la mort des premiers-nés, et Rabbi Yehouda en donne les signes Detsakh, 'Adach, Bea'hav.

    p. 208

  99. « Et des prodiges : c'est le sang » : pourquoi le sang, et pourquoi au pluriel ?

    Le sang est appelé « prodiges » parce qu'il est la première plaie, selon le Rachbats, et un prodige répété deux fois, que l'Or'hot 'Haïm rattache au signe montré aux Béné Israël et le Ritva à la plaie elle-même. Il est aussi double : sang pour les Égyptiens, eau pour les Béné Israël, avec une épaisse fumée qui s'en évapore.

    p. 209-210

  100. « Deux… » : selon le Ritva, la rigueur et la miséricorde associées dans chacune des dix plaies

    Le « deux » du verset ne désigne pas seulement deux plaies, explique le Ritva, mais aussi les deux attributs divins associés dans chacune des dix plaies : la rigueur, pour frapper les Égyptiens, et la miséricorde, pour protéger les Béné Israël. 'Hazal révèlent ainsi que, même atteints par les poux, ils n'en souffrent aucunement.

    p. 210

  101. La plaie du sang d'après les Midrachim : pourquoi le Nil d'abord, et pourquoi Pharaon fut épargné

    L'eau est frappée la première parce que les Égyptiens idolâtrent le Nil : D. frappe leur dieu avant son peuple, selon Chemot Rabba. Le sang répond mesure pour mesure aux bébés jetés à l'eau, au sang des enfants versé comme l'eau et aux femmes empêchées de s'immerger au Mikvé, selon les Midrachim repris de La Paracha, tome Chemot.

    p. 210-211

  102. « Dis à Aharon : prends ton bâton » : la reconnaissance de Moché envers le Nil, et Rabbi Israël Goustman

    C'est Aharon qui frappe le Nil, car Moché, sauvé par ses eaux, lui garde sa reconnaissance. Les éléments inertes ne ressentent rien : selon les commentateurs, Moché s'abstient vis-à-vis de lui-même, la reconnaissance étant un trait de caractère à acquérir. Chez les Tsadikim, elle s'étend à toute chose dont ils ont tiré le moindre profit.

    p. 211-213

  103. Pourquoi Pharaon fut-il épargné par la plaie du sang ? la réponse du Mechekh 'Hokhma

    Pharaon échappe à la plaie du sang parce qu'il a « du crédit » auprès de Moché, explique le Mechekh 'Hokhma : il l'a accueilli dans sa demeure toute son enfance, nourri et entretenu. Alors que les Égyptiens doivent acheter à prix fort aux Béné Israël la seule eau qui ne tourne pas en sang, lui boit sans payer.

    p. 213-214

  104. La plaie des grenouilles d'après les Midrachim : pourquoi elle fut envoyée, et comment elle frappa l'Égypte

    Les Midrachim expliquent la plaie des grenouilles mesure pour mesure : les Hébreux forcés de capturer des reptiles pour l'amusement des Égyptiens, réveillés la nuit pour les travaux forcés, les accouchées contraintes d'étouffer leurs cris. Pharaon, orgueilleux d'avoir été épargné par le sang, est touché le premier. Selon Rav Hirsch, même le plus petit animal perd toute crainte des Égyptiens.

    p. 214-216

  105. La plaie des animaux sauvages d'après les Midrachim : la pieuvre qui ouvre les portes

    Selon les Midrachim, la plaie des animaux sauvages répond, mesure pour mesure, aux souffrances infligées aux enfants d'Israël : les Égyptiens les envoyaient capturer des bêtes au désert et forçaient leurs enfants au travail. Les bêtes viennent avec leur terre d'origine, selon le Yalkout Méam Loèz, et Rabbi 'Haïm Kaniewsky ajoute que même le sol se remplit de serpents.

    p. 217-218

  106. La plaie des ulcères d'après les Midrachim : mesure pour mesure

    Selon les Midrachim, les Égyptiens, qui faisaient chauffer et refroidir par les Hébreux l'eau de leurs bains, ne peuvent plus toucher ni eau chaude ni eau froide une fois couverts d'ulcères ; eux qui privaient les Hébreux de vie familiale souffrent nuit et jour. À la fin de cette plaie, l'esclavage prend fin.

    p. 219-220

  107. La plaie des sauterelles d'après les Midrachim : les récoltes dévorées et la joie des Égyptiens

    La plaie des sauterelles répond, selon les Midrachim, aux semailles imposées aux Hébreux et aux récoltes qu'on leur volait : elles dévorent tout ce qui est planté. Rabbi Yo'hanan rapporte que les Égyptiens se réjouissent d'abord de la plaie, pensant conserver les sauterelles en pots pour les manger, et D. leur reproche cette joie.

    p. 221-222

  108. La plaie des ténèbres d'après les Midrachim : ce que l'obscurité permit, et l'honnêteté des Hébreux

    Les ténèbres répondent, selon les Midrachim, au travail imposé aux Hébreux de l'aube à la nuit et aux torches qu'ils devaient porter pour éclairer les Égyptiens. Pendant ces jours d'obscurité, les maisons des Hébreux restent éclairées : ils repèrent les biens des Égyptiens sans rien voler, ce qui prépare la grande fortune annoncée.

    p. 222-223

  109. La mort des premiers-nés d'après les Midrachim : mesure pour mesure, et ceux qui furent épargnés

    Les Midrachim expliquent la mort des premiers-nés mesure pour mesure : les Égyptiens avaient jeté au Nil les bébés des Hébreux et fait souffrir leurs enfants. La plaie frappe jusqu'aux statues des premiers-nés morts et aux premiers-nés des bêtes ; seuls Pharaon et sa fille Batia, qui avait sauvé Moché du Nil, sont épargnés.

    p. 223-225

  110. À Presbourg, un prêtre détourne les signes de Rabbi Yehouda : la répartie de Rabbi Its'hak de Vologine

    À Presbourg, lors d'une réunion organisée pour retourner le Talmud contre les Juifs, un prêtre prétend tirer du premier des signes de Rabbi Yehouda, Détsakh, une fausse accusation de meurtre rituel. Le livre rapporte comment Rabbi Its'hak de Vologine se lève aussitôt pour lui demander le sens des deux autres, 'Adach et Béa'hav.

    p. 225-226

  111. Rabbi Yossé Haglili : dix plaies en Égypte, cinquante sur la mer

    Rabbi Yossé Haglili déduit les cinquante plaies de la mer d'un calcul sur deux versets : en Égypte, les devins parlent du « doigt de D. », et sur la mer, Israël voit « la main puissante ». Un doigt valant dix plaies, une main de cinq doigts en vaut cinquante.

    p. 227

  112. Cinquante plaies sur la mer : « Qui est Hachem ? », et Rabbi Yehouda Tsadka face à Rabbi Ezra Attié

    Les plaies de la mer sont cinquante parce que Pharaon a répondu avec effronterie « Qui est Hachem ? » : selon le Midrach Tan'houma, il sera frappé par ce « qui », Mi en hébreu, de valeur numérique 50 et formé des lettres de Yam, la mer.

    p. 227-228

  113. « C'est le doigt de D. » : une preuve tirée des devins ? le Pi HaMedaber et le Chibolé Haleket

    On n'apporte pas de preuve des sots, enseigne le Talmud (Nida 30b), mais le Pi HaMedaber explique qu'Hachem Lui-même fait dire aux devins le terme précis de « doigt de D. », là où des sots auraient parlé de « puissance de D. ». Le Chibolé Haleket lit « la main, la puissante » : celle qui porte ce doigt.

    p. 228

  114. « Le peuple craignit Hachem » : ce qui arrive au bout du monde nous concerne, et l'Imré Emet de Gour

    Les événements qui se déroulent autour de nous, même au bout du monde, ne doivent pas laisser indifférent : la juxtaposition de « Israël vit la main puissante » et de « le peuple craignit Hachem » enseigne que tout événement dramatique ou joyeux vise à faire prendre conscience de la colère divine ou de Sa miséricorde.

    p. 229

  115. « Ils eurent foi en Hachem et en Moché » : la confiance dans les Sages et l'histoire de deux voisines

    Le verset précise qu'ils crurent en Hachem et en Moché pour enseigner, selon le Midrach, qu'avoir foi dans le berger d'Israël équivaut à avoir foi en Celui qui a dit « Que le monde soit ». Le livre constate que notre génération, avancée en technique et en médecine, a beaucoup régressé dans la Émouna et la confiance envers les Rabbanim.

    p. 230-231

  116. Rabbi Chimon Sofer, nouveau Rav de Cracovie, et les feuilles de caroube

    Celui qui place une confiance pure et intègre dans le Sage est aidé du Ciel, conclut Rabbi Akiva Sofer en racontant les débuts de son père, Rabbi Chimon Sofer, comme Rav de Cracovie : habitué à l'accent de Presbourg, il comprend mal ceux qui viennent le consulter et répond par une Ségoula qu'il croit d'usage local.

    p. 233

  117. Une mère en pleurs chez le 'Hazon Ich, et un visiteur qui la presse de partir

    Il ne faut pas importuner celui qui vient voir un Sage avec confiance et foi, enseigne le 'Hazon Ich, d'après un récit de Rabbi Chalom Chvadron. Un vendredi après-midi, une mère en pleurs le supplie de bénir son bébé malade pendant qu'il étudie, et un visiteur la presse de rentrer chez elle.

    p. 234

  118. Une femme sans enfant demande à Rabbi Moché Feinstein de « décréter » sa délivrance

    Rabbi Moché Feinstein refuse de « décréter » quand une femme sans enfant l'exige de lui : qui est-il pour décréter quoi que ce soit, répond-il. Il lui promet en revanche l'exaucement par le mérite de la confiance absolue qu'elle voue aux Rabbanim. Rav Blot, présent ce jour-là, rapporte cette leçon sur la confiance dans les Sages.

    p. 234

  119. Rabbi Eliezer : chaque plaie en contenait quatre, et l'explication du Maharal

    Selon Rabbi Eliezer dans la Hagada, chaque plaie d'Égypte contenait quatre douleurs, tirées des quatre termes d'un verset de Tehilim : l'irritation, le courroux, la détresse et une troupe d'anges destructeurs. Il en résulte quarante plaies en Égypte et deux cents sur la mer. Le Maharal explique ensuite ce que désigne chacun de ces termes.

    p. 235-236

  120. Rabbi Akiva : chaque plaie en contenait cinq

    Rabbi Akiva compte cinq douleurs dans chaque plaie d'Égypte, car il inclut aussi « l'ardeur de Sa colère » parmi les termes du verset de Tehilim. Le décompte aboutit ainsi à cinquante plaies en Égypte et à deux cent cinquante sur la mer, chaque terme faisant allusion à une douleur différente provoquée par les plaies.

    p. 236

  121. Les cinq douleurs de chaque plaie selon le Midrach Bé'hidouch de Rabbi Eliezer Na'haman Foua

    Le Midrach Bé'hidouch du Kabbaliste Rabbi Eliezer Na'haman Foua, rapporté d'après Otsarot HaTorah, détaille concrètement les cinq douleurs de chacune des dix plaies, selon les cinq termes du verset. Le sang atteint toute eau de la création, les grenouilles empêchent de dormir, les ténèbres immobilisent : les cinquante plaies sont retrouvées une à une.

    p. 239-240

  122. Pourquoi Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva multiplient-ils les plaies ? la réponse du Gaon de Vilna

    Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva multiplient les plaies à cause d'une promesse divine, explique le Gaon de Vilna dans Kol Eliaou : si Israël écoute la voix d'Hachem, aucune plaie d'Égypte ne l'atteindra, et elles frapperont ses ennemis (Chemot 15, 26 et Devarim 7, 15). Plus elles sont nombreuses, plus Israël est préservé.

    p. 241

  123. Dayénou : les quinze degrés de bienfaits, de la Sortie d'Égypte à la construction du Temple

    Le Dayénou énumère quinze bienfaits de D. en degrés croissants : cinq pour la Sortie d'Égypte, cinq pour les miracles du désert, cinq pour s'unir à Hakadoch Baroukh Hou, jusqu'à l'entrée en Erets Israël et la construction du Temple. Chacun aurait suffi, et chacun a sa raison d'être, de la mort des premiers-nés au don de la Torah.

    p. 244-245

  124. « Cela nous aurait suffi » : trois lectures du refrain du Dayénou

    Le refrain « cela nous aurait suffi » reçoit trois lectures. Pour le Midrach Hagada, chaque miracle suffit à lui seul pour remercier infiniment le Créateur. Pour le Saba de Kelem, chacun aurait suffi pour atteindre un très haut niveau de foi. L'avis général des commentateurs garde le sens propre : chaque miracle seul était déjà un bienfait infini.

    p. 245-246

  125. « S'Il avait divisé la mer sans nous la faire traverser à pied sec » : en quoi cela nous aurait suffi

    Ouvrir la mer sans la faire traverser aurait déjà suffi : la seule vue du prodige pouvait faire fuir les Égyptiens, rassurer Israël et faire connaître le Nom de D. aux peuples. Le Rachbam souligne le « pied sec » : le sol fut asséché et la mer congelée, car Hachem secourt même dans ce qui n'est que désagréable.

    p. 246-247

  126. « S'Il avait noyé nos oppresseurs sans subvenir à nos besoins dans le désert » : Hachem pourvoit à tout

    Hachem aurait pu faire passer Israël par le pays des Pilichtim, habité et riche, où le peuple aurait trouvé de quoi s'approvisionner. Il le fit pourtant traverser le désert et l'y « reçut » comme dans un hôtel cinq étoiles, pourvoyant durant quarante ans à sa nourriture comme à ses vêtements : un bienfait qui, seul, aurait suffi.

    p. 247

  127. « S'Il nous avait donné le Chabbat sans nous rapprocher du Sinaï » : le Chabbat, signe éternel de l'alliance

    Le Chabbat est un signe éternel entre Hachem et Israël, comparable à l'alliance au doigt d'une mariée : pour Rav Pinkous, être lié à Hachem comme un époux à sa femme est l'essence du Judaïsme. HaChir VéhaChéva'h explique que le Chabbat précède le don de la Torah, car sans ce fondement on ne peut la recevoir.

    p. 248

  128. « S'Il nous avait rapprochés du Sinaï sans nous donner la Torah » : à quoi bon ? les réponses des commentateurs

    La seule présence au Sinaï apporte déjà d'immenses bienfaits : Israël y est choisi et reçoit la Chekhina selon le 'Hatam Sofer, l'impureté transmise par le serpent le quitte, et pour Rabbi 'Haïm Palagy le Yétser Hara disparaît, rendant son antidote inutile. Rav Chlomo Kahanman y voit plutôt le pouvoir d'interpréter la Torah et d'en fixer les lois.

    p. 248-249

  129. Au tribunal de Brody, un marchand réclame aux orphelins un prêt sans preuve

    Une vision venue d'en haut peut-elle peser sur un verdict rendu selon la Torah ? Un récit de Maasséi Rav pose la question au tribunal du Rav de Brody, où Rabbi Its'hak de Drohovitz voit le spectre d'un défunt reconnaître la dette qu'un marchand réclame à ses orphelins, sans aucune preuve écrite.

    p. 250

  130. « S'Il nous avait donné la Torah sans nous introduire en Erets Israël » : la sainteté de l'érudit

    Pour Rabbi 'Haïm Palagy, d'après le Yé'arot Dvach, l'érudit porte en lui la sainteté de la terre d'Israël, comme le sol des synagogues et des maisons d'étude. Quant à la promesse faite aux Pères, le Rachbam et l'Aboudarham notent qu'elle ne précisait pas quelle génération entrerait dans le pays : l'entrée reste donc un bienfait.

    p. 251

  131. « S'Il nous avait introduits en Erets Israël sans bâtir le Temple » : la Terre qui expie, et le Tabernacle

    Selon le Toldot Adam, Israël aurait pu se passer du Temple, car la terre d'Israël a elle aussi le pouvoir d'expier, comme l'indique un verset de Devarim. Autre lecture : on se serait contenté du Tabernacle déjà construit par la Génération de la Connaissance, même si le Temple lui était supérieur par ses dix miracles quotidiens.

    p. 251-252

  132. « 'Al a'hat kama vékama » : les quinze bienfaits réunis, et le châtiment des oppresseurs

    La formule « 'Al a'hat kama vékama » reprend d'un seul souffle les quinze bienfaits du Dayénou : la reconnaissance due à D. est d'autant plus grande qu'ils furent tous accordés. Hachem ne se contente pas de délivrer Israël : Il fait assister chaque Hébreu au châtiment de son propre persécuteur, un bienfait de plus.

    p. 253

  133. « Il a frappé leurs dieux » : le Chiboléi HaLékèt, et l'aveuglement de l'homme d'hier et d'aujourd'hui

    Selon le Chiboléi HaLékèt, les dieux de l'Égypte sont frappés pour que les Égyptiens n'attribuent pas leur punition à leurs idoles, vexées d'avoir cédé aux esclaves hébreux. Le livre y voit un aveuglement qui n'appartient pas au passé : l'homme est souvent guidé moins par son intelligence que par son intérêt personnel.

    p. 253-254

  134. « Il nous a donné leurs biens » : la fortune de chaque Juif à la sortie d'Égypte, selon le Midrach Rabba

    Selon le Midrach Rabba, chaque Juif, quel qu'il soit, sort d'Égypte avec au moins quatre-vingt-dix ânes chargés chacun d'environ dix-huit kilos d'argent, d'or, de pierres précieuses et d'habits somptueux, soit mille six cent vingt kilos. S'y ajoutent deux cents kilos de butin par âne, ramassés à la sortie de la mer des Joncs.

    p. 254

  135. « Il a divisé la mer pour nous » : pourquoi tant de cas, quand Rabbi Pin'has ben Yaïr fendit seul un fleuve ?

    Selon le 'Hidouché Harim, la nature change son ordre pour le Tsadik qui, par son travail sur lui-même, s'est élevé au-dessus d'elle : que Rabbi Pin'has ben Yaïr fende un fleuve n'a donc rien d'exceptionnel. À la mer, le miracle s'accomplit pour tout le peuple, même pour les moins méritants, que les anges accusaient d'idolâtrie.

    p. 255

  136. « Il nous a nourris de la Manne » : nourriture des anges, et école de foi

    La Manne, nourriture des anges qui purifie, élève aussi la foi : chaque soir, les enfants d'Israël se couchent sans rien dans leur garde-manger, confiants dans la promesse d'Hachem de les nourrir le lendemain. Le livre illustre cette confiance par un épisode de la vie de Rabbi Yoël de Satmar, aux jours les plus durs de sa captivité.

    p. 256

  137. « Il nous a nourris de la Manne » : la boutade de Rav Chalom Chvadron sur la génération du désert

    Rav Chalom Chvadron renverse en plaisantant l'étonnement devant la génération du désert, nourrie quarante ans de Manne, le pain des anges : ce qui serait étonnant, c'est le contraire. Si élevés spirituellement, leurs estomacs n'auraient pas supporté nos plats, Dafina, Pkaïla, Kougel ou hamburger ; c'est pourquoi ils n'eurent que la Manne.

    p. 256

  138. « Il nous a nourris de la Manne, Il nous a donné le Chabbat » : pourquoi la Manne avant le Chabbat ?

    La Hagada place la Manne avant le Chabbat, dont les lois furent pourtant données à Mara, car c'est la Manne qui en témoigne : absente le septième jour, double le vendredi, sans pourrir (Chemot 16, 29). Le livre en tire un lien entre Parnassa et Chabbat : c'est Hachem qui pourvoit, et l'excédent gagné ce jour-là « pourrira ».

    p. 257-258

  139. À Fridland, après l'incendie, un riche notable passe outre la consigne de Rabbi Akiva Eiger sur le Chabbat

    Que devient une maison bâtie pendant Chabbat ? Un récit de Maasséi Rav pose la question à Fridland : après un incendie, Rabbi Akiva Eiger demande de ne pas employer de non-Juifs pendant Chabbat pour reconstruire, et l'homme le plus riche de la ville, qui juge la consigne insolente, passe outre et fait bâtir sa demeure.

    p. 258

  140. « Voyez ! D. vous a donné le Chabbat » : pourquoi faire annoncer ce précieux cadeau ?

    Le « don » du Chabbat n'est pas la transmission de ses lois à Mara, mais le cadeau reçu après le miracle de la Manne. Hachem le fait annoncer d'avance, explique Rabbi Chmouël Chmelké, parce que tous les gardiens du Chabbat ne savent pas y voir un bien précieux, bien plus qu'un jour de repos et de repas copieux.

    p. 259

  141. « Il nous a rapprochés du Sinaï » : la parabole d'un Rav à un émancipé qui se croit loin du Sinaï

    Un Juif qui se croit loin du Sinaï ne l'a jamais quitté : il est juif et le reste, et rien ne tient face à une Techouva sincère. Rav Ovadia Yossef, dans 'Hazon Ovadia, rapporte la parabole qu'un Rav raconte à un homme persuadé de s'être détaché du joug de la Torah : un peuple entier qui pousse une montagne.

    p. 260-261

  142. Un curé offre à Hérchélé le mendiant une pièce d'or par jour pour se convertir

    Une anecdote populaire, placée après la parabole de la montagne, joue sur la question de l'identité juive : Hérchélé, un mendiant, accepte l'offre d'un curé qui lui promet une pièce d'or par jour s'il consent à se convertir, en se laissant simplement verser quelques gouttes d'eau sur la tête.

    p. 261

  143. « Il nous a donné la Torah » : pourquoi ne pas l'adapter à notre génération ? La réponse de Rav Galinsky

    C'est à l'homme de s'adapter à la Torah, et non à la Torah de s'adapter à l'homme, répond Rav Galinsky à qui lui demande de l'ajuster à la génération : D. regarda dans la Torah comme un architecte dans ses plans avant de créer le monde. Il l'explique par l'image d'un enfant dont les chaussures sont devenues trop petites.

    p. 262

  144. « Il nous a donné la Torah, nous a introduits dans le pays d'Israël » : la Terre héritée par le mérite de la Torah

    Le don de la Torah précède l'entrée en Erets Israël, car c'est par le mérite de la Torah qu'Israël hérite de la Terre, comme l'indique un psaume de Tehilim. Rav Galinsky, rescapé des travaux forcés de Sibérie, défend cette idée devant des parents juifs : le but de l'héritage de la Terre est uniquement spirituel.

    p. 263-264

  145. « Nous a introduits dans le pays d'Israël » : les qualités de la Terre Sainte

    Pour Rav Chakh, qui veut soutenir l'économie d'Israël doit justement financer les Yeshivot, car la terre vomit ceux qui transgressent la Torah. Le Maguid Dévarav LéYaacov décrit la Terre comme une porte de la miséricorde dont l'air rend sage, et Rav Dessler, à peine arrivé, témoigne de la sainteté qu'il y ressent.

    p. 265

  146. « Il a bâti le Temple pour nous, pour y expier tous nos péchés » : pourquoi l'expiation est le bienfait suprême

    Le Temple couronne les quinze bienfaits parce qu'il permet l'expiation, et nul n'est sans faute, selon Kohélet : le Saba de Slabodka y voit le cadeau suprême. Le Tamid du matin expiait les fautes de la nuit, celui de l'après-midi celles du jour, et Rabbénou Chem Tov ben Chem Tov voit dans le Temple le Trône céleste.

    p. 266

  147. Rabban Gamliel : Pessa'h, Matsa et Maror — pourquoi la Matsa de la libération avant le Maror de l'esclavage ?

    Rabban Gamliel exige d'expliquer Pessa'h, Matsa et Maror au Seder. La Matsa précède le Maror par ordre d'importance, ou parce que le Maror ne rappelle aucun miracle, selon l'Abarbanel. Pour le 'Hidouché Harim, les esclaves s'étaient habitués à l'exil : il leur fallait goûter la liberté pour ressentir l'amertume de l'exil.

    p. 267

  148. Un détenu refuse depuis des années de donner le Guet : la proposition de Rabbi Chaoul Roubin

    On ne ressent l'amertume d'une prison qu'après avoir goûté à la liberté : Rabbi Chaoul Roubin l'applique au cas d'un détenu qui refuse depuis des années de donner le Guet à sa femme. Le livre étend l'idée au Baal Techouva, qui dit être sorti d'une prison intérieure : tant qu'on n'y a pas goûté, on ne peut pas comprendre.

    p. 268

  149. La Matsa avant le Maror : d'autres explications, du but de la Sortie au remède créé avant la maladie

    La Matsa précède le Maror pour montrer que la Sortie d'Égypte visait le don de la Torah, et non le seul salut de l'esclavage, selon le Maassé Nissim. Pour le Tsla'h, l'amertume fit compter double les années et hâta la délivrance ; selon l'Aboudarham, Hachem crée le remède avant la maladie, le libérateur étant né avant l'asservissement.

    p. 268-269

  150. « Pessa'h » : pourquoi nos ancêtres mangeaient-ils le Korban Pessa'h ?

    Le Korban Pessa'h, que mangeaient les ancêtres à l'époque du Temple, rappelle que le Saint Béni soit-Il passa par-dessus les maisons d'Israël en Égypte et les épargna lors de la plaie des premiers-nés, les deux sens du mot Pessa'h en hébreu (Chemot 12, 27). Au Seder, on montre l'os à ce moment, sans le prendre en main.

    p. 269-270

  151. « Matsa zo » : 'Hamets et Matsa, une différence de trois selon le 'Hatam Sofer

    La Matsa rappelle la pâte qui n'eut pas le temps de lever lors de la délivrance (Chemot 12, 39). Pour le 'Hatam Sofer, 'Hamets vaut 138 et Matsa 135 : la différence de trois évoque la jalousie, la convoitise et la recherche des honneurs. Le levain gonfle artificiellement la pâte, comme le Yétser Hara vend de l'imaginaire.

    p. 270-272

  152. Un prêtre hostile à Rabbi Yonatan Eybechüts prétend convertir en cinq minutes un simple Juif

    Un simple Juif peut-il être acheté pour renoncer à sa religion ? Rav Chabtaï Youdlevitch rapporte le défi lancé devant le roi d'Autriche par un prêtre hostile à Rabbi Yonatan Eybechüts : convertir en cinq minutes le premier Juif venu. Un cocher amené au palais se voit offrir charge, titre de noblesse et logement à la cour.

    p. 272-273

  153. « Maror zé » : la lecture du Zohar, et la tribu de Lévy épargnée par l'esclavage

    Pour le Zohar, le verset « ils leur rendirent la vie amère » évoque aussi l'effort de l'étude talmudique : l'argile devient Kal va'Homer, les briques Liboun Halakha. La tribu de Lévy échappe à l'esclavage parce qu'elle prend sur elle le joug de la Torah, selon Pirké Avot : l'homme est né pour peiner, à lui de choisir dans quoi.

    p. 274-275

  154. « Békhol dor vador » : chacun doit se voir comme sorti lui-même d'Égypte, et l'examen de Rabbi Chlomo de Radzimin

    À chaque génération, chacun doit se voir comme sorti lui-même d'Égypte et louer Hachem de sa propre délivrance, car Il n'a pas libéré seulement les ancêtres, comme le dit un verset de Chemot : « c'est dans cette intention qu'Hachem a agi en ma faveur ». Rabbi Chlomo de Radzimin ajoute un examen de soi : aurions-nous voulu sortir ?

    p. 276-277

  155. « Chacun doit se voir lui-même » : les larmes d'enfant de Rabbi I'hiel MiAlexander

    Vivre l'histoire d'Israël au présent : un souvenir d'enfance de Rabbi I'hiel MiAlexander, rapporté dans Meoran chel Israël, l'illustre sous l'injonction de se voir sorti soi-même d'Égypte. Le jeune garçon rentre du 'Héder en pleurs, bouleversé par un passage des Prophètes où l'Arche d'alliance est capturée par les Philistins.

    p. 277

  156. « Léfikhakh » : remercier D. aussi pour ce qu'Il nous épargne

    Le texte « Léfikhakh » de la Hagada oblige à louer Celui qui fit passer Israël de l'esclavage à la liberté et du deuil à la fête. Rabbi Yé'hezkel Avrahamsky note que les dix miracles du Temple, rapportés dans Pirké Avot, sont tous des malheurs qui n'arrivaient pas : il faut remercier D. aussi pour les peines qu'Il nous épargne.

    p. 277-279

  157. Pourquoi le Hallel est-il coupé en deux ? Et « Hallélouya, louez serviteurs de D. »

    Le Hallel est coupé en deux pour séparer les deux verres de louange, selon l'Aboudarham, ou la Sortie d'Égypte des autres délivrances, selon le Lévouch. Son premier psaume répond aux nations qui placent D. trop haut pour s'occuper des hommes : les cieux étant eux aussi créés, s'Il S'en occupe, Il S'occupe aussi de la terre.

    p. 280-281

  158. « Il redresse le pauvre… à côté des princes de Son peuple » : la part de celui qui soutient la Torah

    Celui qui soutient les érudits siège à leurs côtés dans le monde futur, explique Rav Chlomo Levinstein à propos du pauvre placé « à côté des princes de Son peuple ». Mais à quoi bon, sans rien comprendre ? Le 'Hafets 'Haïm, s'appuyant sur Zévouloun assis auprès d'Issakhar, répond qu'on lui accordera aussi la compréhension de la Torah.

    p. 281-282

  159. « Bétsét Israël » : pourquoi la mer s'enfuit quand le Jourdain ne fait que reculer ?

    Plus on est proche d'Hachem, plus on Le craint : c'est pourquoi, dans le psaume Bétsét Israël, la mer s'enfuit quand le Jourdain ne fait que reculer, et les montagnes bondissent comme des béliers quand les collines ne bondissent que comme des agneaux. Reb 'Haïm de Brisk l'illustre par une allégorie de contrebandiers.

    p. 283-284

  160. « Achér guéalanou » : pourquoi « qui nous a délivrés » avant « qui a délivré nos pères » ?

    La bénédiction Gaal Israël dit « qui nous a délivrés » avant « qui a délivré nos pères », car celui qui a revécu la Sortie d'Égypte pendant le Seder ressent d'abord le besoin de bénir pour sa propre délivrance, explique le Siftéi 'Haïm. Elle se poursuit par une supplique pour les fêtes à venir et la reconstruction de Jérusalem.

    p. 285-286

Les thèmes de cette section

Découvrir Les 'Haguim — La Hagada

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